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  • Tariq Ashraf
  • Quelques bons mots, un peu d'humour (Anglais), beaucoup de Business (Une deuxième religion), des TMT... somme toute, le regard d'un simple Citoyen (Au sens de la Grèce antique) sur notre société.

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 14:59

"Thy words, I grant are bigger, for I wear not, my dagger in my mouth."

 

Selon William Shakespeare, les dagues et poignards qui ne sont pas empoignés peuvent être utilisés en paroles…

 

C'est bien pour éviter cela que M. Germond a ajourné l'Assemblée Générale des actionnaires d'Atos Origin:

 

La situation lui échappant, les Fonds Centaurus et Pardus étant prêts à la bataille il a choisi de tirer lui-même le rideau.

 

Je me rappelle des vieilles "AG" d’antan, où les petits actionnaires se motivaient plus par le petit cadeau d’accueil et le pot de clôture, ah c'était le bon vieux temps Madame!

 

Alors que là, les gens se sont comportés comme des sauvages, ils se jetaient à la figure (avec ou sans micro d'ailleurs) des arguments stratégiques, des montants de rémunération ou des noms d’oiseau,…

 

L’heure était effectivement grave, de 'bien-séance' il n'était plus question: Nadine de Rothschild s'en serai retournée dans sa tombe… (Renseignement pris, elle ne serait -pas encore- morte)

 

Résumons la situation.

 

Après une croissance spectaculaire (folle?) ces dix dernières années, bâtie à coups d’acquisitions, Atos Origin, l’une des plus grandes sociétés de services informatiques européennes, marque le pas en 2006, perd du terrain et voit ses profits prendre l'eau à grande vitesse.

 

Devant la dégradation des comptes, le groupe, non intégré, tente de lancer une fusion ou une vente à un investisseur financier mais l’affaire échoue, le patron fondateur (Bernard Bourigeau) est débarqué, les fonds d’investissement, Centaurus rejoint par l’américain Pardus, montent au capital et demandent une vente par appartements. Devant le refus de la direction, ils tentent donc de prendre le pouvoir à l’occasion du renouvellement des instances dirigeantes à l’assemblée générale.

 

Le coup de théâtre de l'AG, dû au "retournement" surprise d’un représentant des actionnaires salariés (durant la session de questions-réponses), provoque l’ajournement du vote décisif.

 

Le spectacle de cette démocratie brouillonne et inachevée, qui sera suivi de péripéties judiciaires, est plutôt un signe de vitalité par rapport aux arrangements de couloir qui prévalaient auparavant.

 

Même si M. Bébéar, 'Parrain' du capitalisme française a affirmé, que les dirigeants ne sont pas les propriétaires d'une entreprise, il est encore de bon ton (Merci Madame la Baronne) de voir l’entreprise comme une dictature éclairée, voire une monarchie dans le cas des entreprises familiales, dont le contrôle ne peut être modifié qu’à la suite d’un putsch installant un nouveau despote.

 

Allons soyons sérieux Mon Bon Monsieur:

'Le modèle démocratique qui fait la force des grands Etats modernes, fait de transparence et d’alternance, ne peut etre appliqué aux sociétés. Ce qui signifie que ni les actionnaires ni, bien sûr, les employés ne seraient dignes de juger et de changer, au besoin, les chefs qui la dirigent.'

 

Du côté des actionnaires, le contre-pouvoir s’organise grâce à la professionnalisation de ses acteurs. Les fonds activistes jouent leur jeu en appuyant là où ça fait mal, en accélérant les transformations.

 

En interne, cette crise a aussi largement secoué l’entreprise: la crise actuelle pourrait en effet pousser des collaborateurs à aller voir ailleurs, mais aussi inquiéter les clients. L’an dernier, la mise en vente de la SSII avait fait perdre plusieurs centaines de millions d’euros de contrats, selon la direction.

 

Dans ce contexte, l’assemblée du 12 juin promet d’être…tendue.

Les 14,2 millions de votes exprimés lors du vote par correspondance resteront valables, indique Atos Origin. Ils représentaient près d’un tiers du quorum constaté la semaine dernière (62,7%).

 

Le reste de la partie se jouera dans la salle.

 

Si l'on fait appel à l'actionnaire pour financer son activité et ses acquisitions, et si on se fait le chantre de la création de valeur, alors on doit lui rendre des comptes, on ne peut lui tourner le dos… car s'il est mécontent il prendra la parole et n'hésitera pas une seconde à faire valoir ses droits.

 

Ne dit-on pas d'ailleurs, que celui qui frappera par le glaive, périra par le glaive?

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Published by Tariq Ashraf - dans Corporate Governance
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