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  • Tariq Ashraf
  • Quelques bons mots, un peu d'humour (Anglais), beaucoup de Business (Une deuxième religion), des TMT... somme toute, le regard d'un simple Citoyen (Au sens de la Grèce antique) sur notre société.

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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 14:58

Bob of Diamonds


Sir Fred Goodwin a du s'étouffer en mangeant son porridge


Un an après avoir lancé Royal Bank of Scotland à l'assaut d'ABN AMRO et finit par payer 11 milliards de Livres Sterling pour un actif de seconde zone, et l'avoir emporté sur l'acquéreur initial, la Barclays, il découvre que son malheureux adversaire s'est acheté la quatrième banque d'affaires Américaine. Et ce pour une tablette de Chocolat Cadbury's (celui avec les raisins et les amandes: The very Best!)


L'achat de Lehman Brothers pour 1 milliard de Livres est… un coup de maitre.

Bob Diamond le président de Barclays qui dirige la Banque d'Affaires Barclays Capital, et le CEO John Varley ont été des maitres tacticiens…


I’ll just take the good assets, thank you…
(But I don’t want to pay up for them)

 
   

Barclays a racheté les meilleurs morceaux de la banque américaine pour une bouchée de pain. En payant 1,75 milliard de dollars (dont 1,5 milliard pour la tour Lehman près de Times Square, soit seulement 250 Millions pour l'activité bancaire) pour la totalité des activités actions, obligations, courtage et conseil, et les 10 000 salariés travaillant aux Etats-Unis.


Barclays va booster ses activités outre-Atlantique tout en bénéficiant de belles synergies. Barclays Capital va notamment passer de la 35e à la 3e place sur le plus grand marché mondial des fusions et acquisitions.

La banque britannique qui reprend 72 milliards d’actifs pour 68 milliards de passif, paye ainsi moins que l’actif net un ensemble comprenant moins de 5% de produits lies aux crédits immobiliers.


Autant dire que face à des Américains tétanisés et à des Européens immobiles, Diamond a peut-être réalisé le meilleur deal de l’année.


Après avoir étudié le rachat de la banque dans sa totalité, Barclays a renoncé, car le Trésor (Nommément Henry Paulson) n'a pas voulu récupérer une 'Bad Bank' avec les actifs toxiques de Lehman, ni donner sa garantie à Barclays, le temps que le deal soit bouclé (Barclays devait dans le cas d'un rachat convoquer une AG d'actionnaires pour valider l'opération)


Sauf que lorsque Lehman Brothers fait faillite, le seul adversaire, Bank of America a annoncé une fusion avec Merrill Lynch… quelles sont alors les options restantes pour les administrateurs judiciaires?

-          Attendre… ce n'est pas une bonne solution, une banque vend de la confiance… après la faillite, il ne reste plus rien de cette confiance (sic) et les clients et les employés fuient… et puis le temps de trouver un acquéreur, qui voudra analyser l'opportunité et les risqué associés…

-          Faire un deal avec…Barclays… qui est prête au rachat, l'opération a déjà été étudiée, et analysée…


Et donc Barclays rachète… à un prix modique, une très belle banque… un beau parti, car du fait de cette faillite, seuls les actifs sains sont vendus… exit les actifs toxiques (
85 Milliards de Dollars)


Barclays garantit le paiement des salaires, jusqu'a ce que l'acquisition soit bouclée et après garantira les bonus et les packages de licenciement accordés du temps de Lehman



Tout compte fait tout cette histoire est une 'Blind Date':

-          Henry Paulson (du Trésor) a arrangé un rendez-vous avec ses amis (Bank of America et Barclays) pour rencontrer Lehman Brothers qui ne les connait pas bien et qui ne sait pas ce qu'il l'attend…

-          Lehman est belle à croquer, tout le monde aimerait bien sortir avec… sauf qu'elle n'est pas très stable…

-          Henry pense qu'il lui faut quelqu'un de bien, un vrai partenaire qui pourrait l'aider à avancer dans la vie,

-          Quand Lehman découvre le pot aux roses… c'est la colère… d'autant plus que Bank of America n'a pas l'air d'être sous le charme (il lorgne sa copine, Merrill)

-          Barclays par contre semble intrigue… sans etre completement subjugué…

-          Après une soirée fort agréable, où Henry jouait les chaperons et où Lehman et Barclays ont parlé de tout et de rien, les convives se quittent.

-          Lehman adore ce Brit aux accents américains... sauf que Barclays dit à Henry que Lehman est trop belle pour lui, et que tous ses problèmes passes pourraient poser sur leur couple éventuel.


Le zéro et l'infini, un vrai ascenseur émotionnel, ça devait marcher, ça allait marcher… sauf que ça n'a pas marché….

… sauf que le lendemain, le téléphone de Barclays sonne… un numéro qu'il ne connait pas:

1 -     C'est Lehman qui appelle pour lui proposer de sortir (quelle Victoire!)

2 -     Elle a arrêté les bêtises, tout est rentré dans l'ordre.


Le plus jaloux doit être l'ami Ken Lewis, dont la banque est sortie des négociations, et ce pour racheter Merrill Lynch (la copine de Lehman: il faut suivre un peu, on l'a vue la première fois lors de l'épisode où Billy sortait avec Amanda) 

Un rachat qui se fait sur la totalité de la banque, actifs toxiques compris…


Avec ce deal Bob Diamond a démontré, qu'un peu de patience, de bluff, mêlés à de la tactique pouvaient etre au service d'une bonne stratégie.


En attendant que le processus de banqueroute aille à son terme: nommément la faillite, Bob Diamond a raflé la mise, c'est Lehman qui a appelé pour se faire racheter (véridique), ce qu'a fait Bob pour une bouchée de pain.



You know 'relationships'…

 

If you want someone to love you, open your heart.

If you want someone to be obsessed with you...close it.

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Published by Tariq Ashraf - dans Finance
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