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  • Tariq Ashraf
  • Quelques bons mots, un peu d'humour (Anglais), beaucoup de Business (Une deuxième religion), des TMT... somme toute, le regard d'un simple Citoyen (Au sens de la Grèce antique) sur notre société.

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 22:03

Pas besoin d'être Gil Grissom (Le seul, le vrai Expert: CSI Las Vegas) pour voir qu'il existe un faisceau de preuves: Facebook s'apprête à lancer une monnaie virtuelle… des tests (d'une portée limitée) seraient en cours avec un système simplifié et des montants plafonnés.

Beaucoup d'observateurs se posent la question de savoir si Facebook a les moyens de lancer une monnaie virtuelle, qui faciliterait la vente et l'achat de biens et de services… qu'ils soient virtuels ou réels.

Qu'est ce qu'une monnaie virtuelle me demanderez-vous?

Money, money, money… in a Richman's world

Commençons d'abord par la monnaie tout court: un instrument de paiement accepté de façon générale par les membres d’une communauté en règlement d’un achat, d’une prestation ou d'une dette.

Une monnaie possède plusieurs fonctions:

-          Une fonction d'intermédiaire dans les échanges

-          Une fonction d'expression de valeur et d'unité de compte pour le calcul économique

-          Une fonction de réserve de valeur.

Elle se caractérise par la confiance qu’ont ses utilisateurs dans la persistance de sa valeur et de sa capacité à servir de moyen d'échange (D'où les lourdes peines à l'encontre des contrefacteurs, qui sapent cette confiance)

Chaque monnaie est définie, sous le nom de devise, pour une zone monétaire donnée (Le plus souvent un ou plusieurs États). Elle y prend la forme de dépôts, de billets de banque et de pièces de monnaie.

En raison de l'importance de la monnaie, les États se sont très vite arrogé le monopole de l'émission des billets et des pièces: en définissant une devise officielle et en faisant de cette devise l'un des symboles de leur puissance (Les Etats-Unis et le Dollar en sont le meilleur exemple.)

Ils exercent un contrôle sur la création monétaire des banques via la législation et la politique monétaire des banques centrales.

Une monnaie virtuelle (ou Virtual Currency)  possède les mêmes caractéristiques… sauf qu'elle n'est pas adossée à un ou plusieurs Etats mais à… une ou plusieurs entreprises.

Cette monnaie virtuelle permet de réduire la résistance (Au sens d'obstacle) aux actes de paiement online: 'j'achète' de la monnaie virtuelle avec de la vraie monnaie, la monnaie virtuelle servant de moyen de paiement online.

Attention il ne s'agit pas ici de blanchiment d'argent sale ("Je vous le jure Monsieur le Procureur, c'est un voleur qui a mis cela dans ma poche!"): je 'charge' mon compte PayPal avec de l'argent débité de mon compte ou de ma carte de paiement; ou plus simplement PayPal me prélève le seul montant de l'achat lors d'une transaction.

Dans le cas de Facebook, les utilisateurs feraient de même pour pouvoir accès à des jeux ou acheter des biens virtuels, en donnant leur coordonnées bancaires à la startup (Et une fois pour toute), et en procédant à des achats sur la plateforme Facebook.

La firme envisage des montants de 10 à 20 dollars afin de charger son compte en monnaie virtuelle, pour acheter applications, des jeux, des e-cartes postales, et pourquoi pas des biens et services réels.


Can you imagine what I would do if I could do all I can? (Sun Tzu)

La monnaie virtuelle possède plusieurs avantages, en ce sens qu'elle permet:

-          De monétiser une audience… pour un Facebook par exemple, en pratiquant des micro-paiements pour des jeux/applications sur sa plateforme.

-          D'éviter la rupture dans l'expérience utilisateur, en étant sur un réseau social, participant à un jeu online ou procédant à un acte d'achat, je dois à un moment donné entrer des données de paiement à chaque transaction, afin de reprendre le cours de cette expérience.

-          D'augmenter la stickiness (Propension à attirer et garder un public) à l'univers de l'émetteur de cette monnaie (Marque, produits, services…Ecosystème au sens large)

-          D'utiliser cette monnaie de manière universelle, et en conséquence d'engranger des commissions de transactions voire même de disposer d'une trésorerie conséquente dans le cadre de comptes de monnaie virtuelle 'chargés' avec de la monnaie réelle avant d'être utilisés (Le leader PayPal a traité 60 milliards de dollars de paiement en 2008: la Firme se rémunère auprès des vendeurs avec une commission par transaction qui varie selon le volume mensuel traité; de 1.9% à 2.9% et 0,30 dollar par transaction, Google Checkout ayant la même grille tarifaire)

Nous méritons votre confiance

Une des caractéristiques essentielles d'une monnaie est donc d'inspirer la confiance: sans tomber dans la phobie germanique du Deustche Mark d'entre les deux guerres, je dois avoir une foi dans le système monétaire, pour croire que ce bout de papier vaut X euros.

La même confiance que j'ai dans ma banque, quand elle m'envoie mon relevé bancaire, pour croire qu'elle sera capable de mettre à disposition mon argent quand j'en aurais besoin (J'ai confiance, mais je pointe toutes mes opérations lors d'un rapprochement bancaire mensuel: 'La confiance n'exclut pas le contrôle').

Une monnaie virtuelle doit donc être émise par un tiers de confiance, en l'occurrence une firme qui:

-          Possède les ressources nécessaires (La taille, et l'envergure étant essentielles: Théorie de la Zone Monétaire Optimale de Robert Mundell)

-          Possède une véritable marque, un service client de qualité, bref un tiers qui soit fiable, stable et qui ait la taille nécessaire pour attirer un ensemble de partenaires économiques… (Ensemble qui soit d'ailleurs être assez diversifié)

Ainsi quelque soit la qualité de la technologie, ou la volonté d'être le banquier central de l'internet, il est proprement inconcevable qu'une masse de consommateurs soit prêts à confier une partie de leurs transactions financières et donc de leurs revenus à une startup quelle qu'elle soit…

Le nerf de la guerre

Un utilisateur lambda doit se dire que la société derrière une monnaie virtuelle est gage de sérieux (Et qu'elle ne mettra pas la clé sous la porte du jour au lendemain, et qu'en cas de problème elle le protégera comme le ferait l'assurance d'une carte de paiement)

Rappelons-nous qu'en octobre de l'année 1999, Microsoft a lancé Passport, une base de données permettant à tout un chacun de centraliser toutes ses données personnelles (Nom, adresse etc…) afin de les communiquer à un site marchand lors d'une transaction d'achat… l'idée étant de remplir tous les champs nécessaires à la conclusion de la transaction y compris les données de paiement.

Ce service a été un échec retentissant pour de multiples raisons: l'image de l'Ogre/Big Brother Microsoft, les débuts du e-commerce, la volonté des sites marchands de se constituer une base client et de ne pas se faire désintermédier par la firme de Redmond… mais aussi d'innombrables problèmes techniques.

Les blocages et autres failles de sécurité ont détruit le peu de confiance que pouvait inspirer Microsoft dans le domaine…

De même, il existe une multitude des startups comme Jambool (Lié à Facebook), OneTxT, SpareChange, OfferPal, KickFlip, SocialGold, TwoFish, PlaySpan Zeevex… mais celles-ci sont condamnées à des rôles de fournisseur de plateforme technique (Ou enablers) ou à être rachetées (Au mieux): elles possèdent la technologie mais n'ont aucun des éléments cités précédemment (Vous vous voyez donner votre numéro de carte de crédit à une société nommée 'Zeevex'?! Moi non: le nom me rappelle plus une publicité de type spam pour un médicament sensé pallier les dysfonctionnements…masculins, qu'un système de paiement...)

Le 'paiement en mobilité' comme arme de destruction massive

Alors qui peut réaliser ce vieux rêve d'Alchimiste en transformant le plomb virtuel en or réel (24k: le seuil minimum acceptable dans les pays comme celui de mes parents: c'est bon comme là-bas)?

Il y a bien sur PayPal, qui doit penser à bloquer d'éventuels concurrents, qui proposeraient une monnaie virtuelle au-delà du simple paiement électronique. PayPal possède plus de 70 millions de comptes actifs à travers le monde…

Google pourrait attaquer le bastion PayPal, en mettant le paquet sur Google Checkout et en utilisant sa taille et sa capacité à analyser une masse d'informations… toutefois sa solution de paiement ne permet pas de faire des paiements de particulier à particulier… et jusqu'à maintenant comme sœur Anne nous ne voyons rien venir.

Amazon pourrait de même utiliser une base installée de clients très importante et pourrait l'utiliser afin de créer une extension de sa place de marché (Amazon Marketplace)… mais la firme cherche plutôt pour le moment à porter son business model de marchand Web sur le Mobile.

Facebook? Pour ma part je n'y crois pas: je ne donnerais jamais mes coordonnées bancaires à la startup, elle possède une masse critique évidente (200 millions d'utilisateurs!) mais sa réputation… n'est pas à la hauteur.

L'achat de biens/services virtuels sur le site? Ce n'est pas sérieux.

Le cas d'achat d'upgrades online/offline dans des jeux à part entière est un cas à part: ces modèles  (World of Warcraft, Killzone 2, Call of Duty…) n'ont rien à voir avec Facebook et ses jeux sociaux.

Reste…Apple qui possède son App Store: la firme de Cupertino possède près de 100 millions de comptes iTunes avec un numéro de carte de paiement associé… dont quasiment 50 millions de comptes liés à la plateforme iPhone/iPod Touch

Rappelons nous qu'Apple a placé sa plateforme iTunes au cœur de sa stratégie de push de services: la firme a révolutionné l'industrie de la musique là où les majors ont échoué, en facilitant l'achat de musique par téléchargement via iTunes.

La firme de Steve Jobs est de même dans une position de force dans le micro-paiement avec la plateforme iPhone/iPod Touch munie du firmware iPhone 3.0: une totale maitrise de la relation client, une marque qui inspire confiance… qui permet l'achat d'applications, de musique, de vidéos sur PC/Mac et…sur mobile.

L'arme secrète d'Apple? Non pas le paiement mobile, mais le paiement en mobilité: je surfe sur le Web avec mon iPhone, je suis sur un site marchand… et je paye via mon compte iTunes et ce en 1 click: pas d'identification (Qui suis-je), d'authentification (Suis-je bien la personne que je prétends être) nécessaires, mon compte iTunes possède toutes les informations, de l'adresse de livraison à mon numéro de carte de paiement. Simplicité, facilité, d'usage…ceux qui ont subi les affres du (récent) PayPal Mobile apprécieront…

On voit bien l'intérêt pour l'utilisateur final… et pour les sites marchands: l'avantage est de (finir de) désintermedier les opérateurs mobiles qui exigent (en moyenne) 30% du montant de la transaction (Comme Apple pour l'App Store il est vrai) afin de faire apparaître celle-ci sur la facture du client (Et ce, dans le cas où les opérateurs acceptent de suivre cette voie: certains appréhendent à terme une réduction de l'ARPU de la part de clients, en réaction au gonflement de facture dû aux achats pratiqués)

Un véritable l'obstacle au m-commerce: le vendeur rogne sa marge de 30% (!), ou facture un prix plus élevé que sur le web par exemple…

Gageons qu'à minima Apple s'alignera sur les tarifs…web de PayPal  et de Google Checkout évoqués plus haut afin de conquérir ce marché.

Une solution simple éprouvée par les entreprises (Majors de la musique, éditeurs), les particuliers (Vous et moi): aujourd'hui c'est une application ou l'iTunes Store qui lance le processus de paiement,  demain ce processus pourrait être lancé par un site web.

Opportunities multiply as they are seized. (Sun Tzu)

Bien sur c'est un nouveau Business Model pour Apple, avec ses investissements en termes de serveurs, de sécurité et de conformité réglementaire (Filiale enregistrée comme établissement de crédit avec toutes les contraintes associées, notamment en matière anti-blanchiment, comme l'est PayPal Europe au Luxembourg… terre d'accueil d'iTunes Europe).

Apple devra aussi proposer une véritable protection du consommateur comme le fait PayPal en cas de litige (Remboursement en cas de prestation/service non livré): en effet la firme encoure le risque de perdre en partie de son lustre en termes notamment d''expérience client en vendant des services/biens qui ne sont pas passés sous ses fourches caudines…

Avec ce service elle pourrait ainsi faire d'une pierre deux coups  en s'alignant sur PayPal et en proposant un réel avantage clients d'une part, en atténuant la dilution de sa réputation en cas de produit/service de moindre qualité d'autre part.

Quelque soit le modèle choisi par Apple (Achat sur le web avec paiement via iTunes -que ce soit en client lourd ou client léger- ou achat sur la plateforme iTunes selon les mêmes modalités) les consommateurs sont prêts: j'achète déjà des applications via la plateforme (Recherche dans le catalogue, Paiement), sur mon ordinateur et/ mon iPhone pourquoi ne pas acheter des biens et services de la même façon?

Au vu de la multiplication des plateformes/OS et des Applications Stores liés chacun des 'paniers' mobiles auront leur système de paiement de prédilection: ceux sur terminaux Android seront payés par Google Checkout, ceux sur terminaux Research In Motion seront payés via Paypal… reste l'Ovi Store de Nokia et l'App Store de Palm avec son Pre qui n'ont pas encore fait leur choix définitifs…

Ce mouvement a pour conséquence une fragmentation accrue de l'univers mobile… dont Apple pourra tirer son épingle de jeu avec sa base installée.

En lançant sa dernière version de logiciel permettant le paiement récurrent, Apple se positionne comme un acteur incontournable du contenu, du contenant… et du moyen de paiement: the Hat Trick comme l'on dit in the Beautiful Country (Outre-manche bien sûr).

 

Dans un futur pas si lointain que cela... dans une boutique Burberry…

Cela vous fera <Censuré> euros Monsieur Ashraf. Comment désirez-vous payer?

Visa, Mastercard, American Express…Apple?

 

@TariqAshraf

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Published by Tariq Ashraf - dans Internet & Mobile
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