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  • Tariq Ashraf
  • Quelques bons mots, un peu d'humour (Anglais), beaucoup de Business (Une deuxième religion), des TMT... somme toute, le regard d'un simple Citoyen (Au sens de la Grèce antique) sur notre société.

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 22:08

J'ai eu l'occasion il y a peu, de discuter avec un Senior Product Manager d'un opérateur historique d'un pays du Golfe, et à la question de savoir quelle était la prochaine révolution à venir dans le secteur, il n'a eu qu'un mot à me répondre: 'Africa!'

 

 

"Ils ont du réseau en Afrique?"

 

…en termes d'utilisation de paiement Mobile, on pense souvent à des pays comme le Japon (avec Felica de docomo par exemple) ou à la Corée… effectivement, le terminal mobile est devenu un 'couteau suisse' permettant bien sûr d'appeler, de surfer sur Internet, de lire des ouvrages numériques, d'écouter de la musique, de voir des vidéos ou de voir la TV sur mobile… d'utiliser les transports en commun…et aussi de payer des produits ou services.

 

Le reste du monde est à la traine… et suit de loin.

 

De loin sauf… pour l'Afrique: s'il est un continent en pointe en ce qui concerne le paiement mobile c'est le bien le continent africain.

 

Certains m'objecteront le faible ratio de produit intérieur brut par habitant (GDP/per Capita), je ne ferais que reprendre les propos de Naguib Sawiris le PDG d'Orascom Telecom: "Si mes abonnés [Africains] ne dépensent que 4,9 dollars par mois en moyenne dans leurs télécommunications mobiles, ils consomment quatre fois moins de capacité réseau qu'un client Français par exemple. Comme nos coûts sont plus bas, notre marge brute d'exploitation en Afrique atteint 65 %, contre 45 % en Italie."

 

A 35% de taux de pénétration mobile pour le continent, il reste un potentiel important de croissance.

 

La majorité de la population n'a pas d'accès aux services bancaires, alors qu'il est plus facile d'avoir un téléphone ou d'avoir dans son entourage une personne qui en possède un: au Bénin par exemple, le taux de pénétration du mobile est de 18% contre 1% pour le taux de pénétration bancaire.

 

Une illustration de ce phénomène est l'annonce faite par ABSA (la première banque du pays d'Afrique du Sud) il y a quelques semaines, à savoir un million de comptes bancaires gérés via un mobile:

-          La banque a atteint ce chiffre en 3 ans, alors qu'il en a fallu 8 pour atteindre le même million pour les comptes gérés via le Web.

-          25% des clients de la banque sont des clients mobiles contre seulement 12,5% des clients web

 

 

"Ça c'est cadeau pour vous"

 

Au Kenya l'opérateur historique Safaricom (Filiale de Vodafone) a lancé il y a quelques années un service permettant d'envoyer des minutes de communications à des personnes de son choix, dans le cadre de son offre prépayée.

 

L'idée était de permettre à des membres de sa famille de recharger leur compte mobile sans bourse délier… sauf que les Kenyans ont détourné le service en utilisant ces minutes comme un moyen de paiement: il était ainsi possible de payer sa course de taxi en minutes de communication mobile…

 

L'opérateur en a profité pour lancer une véritable offre de paiement par mobile (nommé M-PESA) en partenariat avec Vodafone, et en un an est devenu… la plus grande banque de l'Afrique de l'Est (2 millions d'utilisateurs)

 

Au Kenya il est désormais possible de payer sa facture d'électricité ou de retirer de l'argent au distributeur via son téléphone, et ce sans posséder de compte bancaire.

 

Mieux encore, alors qu'auparavant il était très difficile pour certaines communautés de rassembler l'argent nécessaire à la construction de puits d'eau potable, les compagnies d'eau installent gratuitement les équipements en faisant payer les retraits d'eau…par téléphone mobile.

Le service est désormais étendu au Royaume-Uni via une nouvelle offre proposée par Vodafone et son partenaire, le groupe bancaire Citigroup. Il permet désormais de réaliser des transferts transfrontaliers d'une valeur variant de 100 à 35.000 shillings par transaction entre la Grande-Bretagne et le Kenya: Western Union doit voir cela d'un œil inquiet...


Le paiement est la nouvelle 'Killer application' sur le continent et une demi-douzaine de projets sont annoncés ou déjà lancés…

MTN profitant de sa position premier opérateur africain, s'apprête à lancer une plateforme bancaire mobile panafricaine, couvrant 21 nations, le tout moyennant une commission sur chaque transaction.


Il existe plusieurs initiatives du même type lancées par des banques comme Standard Chartered & Citibank qui se sont associées, ou par des opérateurs Telecoms (
Mi-Pay d'Isys au Soudan par exemple).


La fondation Bill & Melinda Gates a financé un fonds à hauteur de 12,5 millions de dollars afin de 'bancariser' l'Afrique… par le biais des Téléphones mobiles.

 

"Yes Papa, Jeu de jambes"

 

Le continent africain est devenu en quelques années, LA destination privilégiée des investissements Telecoms, ceux-ci ne se limitant pas à l'Afrique du nord.

 

Si l'on y regarde de plus près, un Vodafone rachetant Ghana Telecom et prenant la majorité de Vodacom en Afrique du Sud pour 2,5 milliards de dollars, n'est que l'illustration de ce phénomène, mais aussi celle d'une vague de consolidation dans les deux à trois ans qui viennent: le continent Africain restant très fragmenté en termes de marché mais restant aussi très concurrentiel.

 

L'opérateur Sud-Africain MTN est en position de force mais voit débarquer sur son terrain des 'Bâtisseurs d'Empire':

-          A partir de leurs marchés captifs du Golfe, Zain et Etisalat dépensent sans compter…

-          France Telecom s'appuie sur ses marches francophones d'Afrique de l'ouest pour attaquer le reste du continent.

-          Telkom l'opérateur historique Sud-Africain a acheté un opérateur Nigerian avec l'argent retiré de sa participation dans Vodacom.

-          Et bien sur Vodafone comme évoqué plus haut.


Rapidement le marché va se restructurer autour de quelques acteurs avec un réseau très étendu sur le continent, des bilans financiers solides et surtout des économies d'échelle au niveau continental: de quoi séparer le 'A' du traditionnel découpage de marché en 'EMEA'.

 

L'Afrique donc, nouvel eldorado du secteur… en passe de devenir le nouveau terrain de bataille d'opérateurs puissants… Occidentaux, Originaires du Golfe, mais aussi Africains, qui ne se contentent plus d'être des opérateurs cantonnés aux Telecommunications… mais aussi d'être des…Opérateurs Bancaires.

  

Game Changer


En Afrique du Sud, on estime qu'environ trois millions de personnes auraient utilisé l'an dernier, leur mobile pour accéder à des services bancaires.


Mais plus surprenant encore, en Zambie, l'équivalent de 2% du PNB du pays transiterait par la solution de paiement local mobile CelPay.



Sans sombrer dans l'angélisme béat, ce genre de phénomène permet de corréler directement l'usage du téléphone mobile à la croissance économique d'un pays…voire d'un continent.

 

@TariqAshraf

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 22:09

Quand vers la fin 2007, j'ai découvert Twitter, j'ai -comme beaucoup de personnes- pensé que ce n'était qu'une perte de temps…

 

Un message limité à 140 caractères? Soyons sérieux, je n'ai pas besoin de substitut pour les SMS!

 

I can do less, than anyone else in the world!

 

Et pour en faire quoi d'ailleurs? Pas grand-chose semble-t-il… cela ressemble au message du statut Facebook… mais c'est à peu près tout, cela ne va pas plus loin que ça: pas de services, ni de fonctionnalités derrière. 

 

En particulier, je me suis demandé pourquoi la startup ne proposait pas nativement des fonctionnalités supplémentaires, et laissait des tiers s'en occuper, la recherche par exemple (Twitter a depuis racheté la société Summize qui proposait un moteur de recherche de flux Twitter)

 

Et bien en 2009, je me dis que ce manque de services, ne constitue non pas un point négatif, mais bien un point positif: ce que Twitter a réussi à faire, c'est de se débarrasser du brouhaha que l'on trouve sur les sites de networking social comme MySpace ou Facebook: via ce site on revient à l'essence même du message que l'on désire communiquer.

 

Un tweet  (message sur Twitter) est la plus petite forme d'interaction online: le niveau atomique de media social.

 

En utilisant ces 'atomes' comme des blocs de construction (comme les legos de ma jeunesse!), des services plus complexes ont pu être crées.

 

En effet si une majorité d'utilisateurs envoient des tweets sans avoir une véritable approche outil du site, d'autres utilisateurs commencent à vouloir structurer leur utilisation en passant par exemple par un tableau de bord, du type de TweetDeck, afin de suivre certaines des personnes de leur réseau (Followers) en les assignant à des groupes.

 

De même des fonctionnalités de filtrage à partir de mot clés ont fait leur apparition (comme TweetGrid) je passerais sur les outils de statistiques et de suivi basés des indicateurs ou des dimensions à définir, afin de suivre l'évolution du nombre de tweets.

 

Une multitude de widgets s'est développée autour de Twitter: du suivi du cours de ses actions et de ses ordres de marché, en passant par un widget permettant d'envoyer des tweets à une date et un horaire précis, afin d'avoir une notification de rendez-vous ou de réunions (aux Etats-Unis, et au Canada, Twitter envoie des SMS sur votre mobile). Il existe même un Flickr-like qui a été utilisé pour envoyer la première photo du crash de l'Airbus d'US Airways dans l'Hudson.

 

Des sites tiers comme Bit.ly ou TinyURL permettent de réduire la taille d'une URL (afin de rester dans la limite des 140 caractères) et possèdent  leur propre  système de suivi statistique.  

Bien évidemment, on ne peut pas encore parler de services, mais plutôt de fonctionnalités: dans un 'environnement classique' Web X.0, ils auraient été partie intégrante du service Twitter, ou alternativement ils auraient été rachetés…

 

When less is more…

 

Par contre on peut parler d'un véritable écosystème qui s'est développé avec des fonctionnalités 'déguisées' en services, qui essayent de se développer dans l'environnement Twitter.

 

Une des grandes forces de l'entreprise est de proposer une interface de programmation ouverte et documentée (ce qu'on appelle une 'API: Application Programming Interface').

Elle permet de construire facilement des applications ou des services s'appuyant sur la plateforme. 

 

Je crée un buzz autour de mon service de communication, ce qui me permet d'attirer des utilisateurs, des tiers leur proposent des…fonctionnalités qui leur facilitent la vie…  des personnes influentes (Barack Obama pendant et après l'élection présidentielle Américaine), ainsi que des sociétés (BBC, Reuters, Dell…) y viennent pour y créer ou utiliser une audience existante… ce qui alimente les inscriptions au site. 

 

 

Twitter est une Plateforme ouverte, dont le métier est celui d'un véritable Enabler de Services

 

A date Twitter ne facture pas encore ses fonctionnalités, mais cela ne saurait tarder… le futur modèle de facturation sera forcément intéressant à étudier…

 

…et ce notamment pour les opérateurs Telecoms. 

 

  

En comparaison les opérateurs Telecoms possèdent déjà une base clients, un réseau déployé et amorti depuis un moment… et par-dessus tout ils possèdent plus d'information sur leurs clients que les banques elles-mêmes:

Qui a appelé qui et quand, pendant combien de temps, le nombre de SMS envoyés et reçus, la localisation géographique des clients, etc… de même ils ont la main sur des services comme la facturation, l'envoi de SMS, le répondeur…

Ils ont jusqu'à maintenant gardé ces informations et services dans leur giron, à l'exception des agrégateurs de services proposant le SMS+ par exemple.

 

Comme notre startup, les Telcos envisagent désormais d'utiliser leurs informations afin de créer une nouvelle source de revenus… ce qui relève quasiment de la révolution copernicienne:

d'un modèle de réseau fermé -appelé aussi 'Closed Network Model'  ou NetCo- à un modèle de plateforme ouverte- WebCo ou Telco 2.0- ce qui s'apparente au modèle de Twitter évoqué plus haut.

 

L'idée est d'utiliser l'intelligence et la connaissance qui réside dans leur réseau…en permettant à des tiers (de confiance) d'y accéder.

 

C'est le concept de NaaS: Network as a Service.

 

Le NaaS leur permettrait de:

-          Gagner de l'argent grâce à l'intervention de tiers, qui se connectent au réseau

-          Avoir l'opportunité de proposer par leur biais, plus de services à leurs clients

-          A un cout réduit…

-          …et donc de limiter leur taux de Churn.

 

Plusieurs initiatives ont déjà été lancées, -Orange Partner ou Vodafone Betavine par exemple-, mais restent pour le moment limitées, en termes de périmètre et de modèle de pricing mais aussi de marché (cloisonné par pays pour le moment)…

 

Ceci laisse un espace à des fournisseurs de plateformes de services externes ou…internes par le biais d'une réorganisation des opérateurs avec des Business Units Réseau, Wholesale, Marketing (mais ceci est un sujet à part entière)

 

Les opérateurs vont donc s'attaquer donc au concept de 'Bits & Pipes' (Simples Tuyaux) en ayant pour objectif de le dépasser afin de fournir un tuyau …intelligent.

 

My Ecosystem is bigger than your Ecosystem…

 

L'objectif est de renforcer le troisième marché des opérateurs: le Wholesale (MVNOs, NaaS..),  aux cotés du Retail (GP) et de l'Enterprise.

 

Bien sur tout n'est pas aussi rose, et il existe un certain nombre d'obstacles à surmonter:

 

-          La palette de services disponible sur un Twitter reste souvent assez difficile à explorer pour un internaute, en comparaison à un Facebook qui offre un fonctionnement intégré.

Twitter ou tout opérateur devra proposer un point d'entrée (unique) facilitant la recherche et l'accès à ces services (à l'image de l'App Store d'Apple, qui malgré tout, n'est pas la panacée en matière de ne facilite pas la recherche d'applications).

 

-          Les partenaires ne fournissent pas toujours des services fiables ou attractifs, ce qui peut nuire à l'image de la plateforme qui ne maîtrise rien en la matière

Il sera rapidement nécessaire de mettre en place un cahier des charges ou une charte à respecter, ce qui peut nuire à l'innovation

 

-          L'écosystème doit atteindre une taille critique pour survivre de lui-même: les partenaires offrant ces services étant attirés par la base client existante, il faut recruter un nombre conséquent de clients/utilisateurs... grâce à des services diversifiés...la phase de lancement reste donc cruciale.

 

Pour finir, il existe une forte complexité en termes d'évolution de la plateforme et de son écosystème, puisque chaque changement des API implique des changements à coordonner, chez tous les partenaires ainsi que chez les utilisateurs finaux…

 

Que ce soit la plateforme Twitter, ou le NaaS pour les opérateurs Telecoms, il convient d'attendre de voir si ces écosystèmes qui croissent à partir d'une firme ou d'un service sont pérennes dans le temps.

 

We shall see…

 

Vincent Bouder

Tariq Ashraf (Twitter username: @TariqAshraf)

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 22:05

Depuis de nombreuses années les dirigeants de Microsoft entonnent ce refrain qui commence à être connu, 'la recherche sur Internet peut être améliorée':

Les internautes passeraient beaucoup de temps à naviguer au hasard de pages internet sans lien direct entre elles, afin de trouver l'information dont ils ont besoin (Ce qui est avéré: 40% des recherches en moyenne), et sont souvent frustrés de ne pas trouver ce qu'ils cherchent (Encore Vrai: 46% des recherches n'ont toujours pas abouti au résultat désiré au bout de 20 minutes).

Toutefois essayer de battre Google au jeu d'attrape…souris va s'avérer très difficile (J'adore énoncer des évidences, pas vous?!).

Microsoft y croit tout de même et est en train de tester en interne, un nouveau moteur de recherche Internet.

Cela constituera un échec et ce pour… deux raisons (…Retour du mythique plan en deux parties).

La première (!): Désormais l'amélioration de la pertinence des résultats de recherche internet d'un moteur de recherche classique, ne sera que difficilement perçue par les utilisateurs (Nous ne parlerons pas du moteur de recherche Wolfram, qui n'est -à date- que virtuel).

La raison pour laquelle Google a pu rapidement bénéficier d'une longueur d'avance au début de la décennie, est qu'à l'époque, la recherche sur internet était considérée comme un service sans valeur ajoutée par les firmes internet: une commodité qui ne permettait pas de gagner de l'argent.

Bullet Proof Business Model

Google a réussi à démontrer le contraire:

L'amélioration des  résultats de recherche et de la publicité ciblée, a engendré un meilleur trafic internet et en conséquence, un free cash flow permettant d'investir dans une infrastructure (Data centres) - aujourd'hui inégalée- qui à son tour, a permis une meilleure indexation de l'internet… et de meilleurs résultats de recherche: un vrai cercle vertueux... ('A Gold-pressed one, on top of that').

Pour une génération entière d'internautes, la divine surprise des résultats de leur première recherche sur le moteur de recherche a donné à la marque… une réelle Aura.

La Deuxième (!!): Microsoft semble vouloir miser sur une différenciation par le biais de l'interface utilisateur…

Le problème est que les internautes n'ont jamais répondu positivement à des innovations dans le domaine (Comme le 'Clustering' par exemple) qui devaient théoriquement faciliter la recherche et affiner les résultats: un parfait exemple est le moteur Ask.com qui a fait preuve de vraies innovations dans le domaine, mais qui n'a pas pu maintenir sa part de marché dans la recherche internet.

Le Schmimimibilimimi, le Similibilibi… le Schmilblick est il…Coréen?

Un bon point de départ pour Microsoft serait une marque forte et une bonne campagne marketing.

Simple? Oui et non, le track record de Microsoft n'est pas très bon dans le domaine… Il est essentiel de créer un lien fort avec les internautes, en termes d'usage mais avant tout d'image,  et dans le domaine les noms 'Microsoft' et 'Windows' ne sont pas du pertinents…

Le nom de code du projet de moteur de recherche de Microsoft est 'Kumo': Le 'Nuage' ou 'l'Araignée' en japonais, Microsoft vient d'ailleurs de déposer le nom de domaine 'kumo.com'.

En ce qui me concerne cela m'évoque… une marque coréenne de pneu (Kumho) et pas grand-chose d'autre.

En 1985 l'icône Coca Cola a changé le gout de son produit et (quelque peu) son Logo: à l'époque les consommateurs américains (Quelque peu sanguins il est vrai) ont manifesté contre ces changements, et sous la pression de la rue, la firme a repris l'ancienne formule et l'ancien logo (En rajoutant le mot 'Classic' sous la marque)

Depuis, Pepsi Cola a changé plusieurs fois de logo et s'apprête encore à en changer cette année (un 'Smiley' stylisé aux couleurs historiques de la marque)… mais personne n'en a vraiment cure... et là où Pepsi Cola se vend bien, le plus important est le goût (valeur d'usage), non pas l'attachement à la marque.

Malheureusement avec 'Kumo', il n'y aura que peu de valeur d'usage (Perçue!) et d'image.

Que faire? Et bien…racheter Yahoo! bien sur

Sujet de prédilection, le retour du Serpent du Loch Ness, caché par l'arbre qui lui-même cache la foret: Yahoo! (J'en profite pour remercier personnellement Jerry Yang, qui a été une vraie source d'inspiration pour ce blog)

Yahoo! malgré tous ses déboires, et ses errements (Dénoncés par votre serviteur) c'est:

-          Une technologie de recherche éprouvée (Au sens propre comme au sens figuré…)

-          Une vraie marque à laquelle sont attachés les internautes (En perte de vitesse il est vrai)

-          Un véritable media d'information online (Yahoo! Finance, Yahoo! News…) que l'on peut qualifier de seul vrai Portail grand public.

-          Une position concurrentielle enviable dans le mobile avec la suite Yahoo Go! (Même si c'est une belle endormie: Google revenant à grandes enjambées).

-          Plusieurs millions de comptes email.

-          Plusieurs millions de comptes de messagerie instantanée Yahoo! Messenger.

Suivez le guide... ou le troupeau

Pas besoin d'augure, les tendances d'audience des différents moteurs de recherche sont évidentes: tous les nouveaux utilisateurs du Web utilisent Google, qui s'est imposé comme la référence, à tel point que la marque a quitté le monde du business pour passer dans le langage commun chez nos amis outre-Atlantique. Alors qu'attendre d'un rachat de Yahoo! ?

Mais la consolidation de deux palettes de services et de réseaux d'internautes majeurs, bien sûr!

Yahoo! est une marque forte qui malgré les déboires de la firme éponyme, possède une base clients (Captive par définition!) mail, de même pour l'IM, et les Media, sans compter les internautes non enregistrés qui naviguent sur ses sites d'information, à combiner avec la puissance de feu d'un Microsoft en termes de Cash, de position logiciel (OS) sur les marchés Grand Public et Entreprises…

Microsoft possède une position forte auprès des 18-30 ans avec Live Messenger, et peut facilement s'appuyer sur Windows pour rester puissant dans le domaine. 

Yahoo! apporte une clientèle plus mûre, implantée dans le monde Internet depuis les années 90.

When you control the Mail, you control Information…

Microsoft pourrait s'appuyer sur cette base captive pour stabiliser une part du marché de la recherche (Disons de 20% au niveau mondial, avec en 2008 un Yahoo!  à 14% et un Microsoft à 3,5%) que Google sera probablement heureux de lui laisser pour s'éviter les foudres des autorités de la concurrence. Un scénario inverse de celui du marché du logiciel, en somme.

A condition de racheter Yahoo! dans son intégralité  et de mettre en place un véritable modèle de 'Cross Selling' comme le fait Google.

La valeur de Yahoo! réside dans la somme de ces activités et des synergies qui en découlent, découper la société  en morceaux détruirait de la valeur pour toutes les entités qui en résulteraient… Yahoo! a un avenir en tant que société, mais sous forme de portail dont la recherche ne serait qu'une des composantes.

D'ailleurs le mandat donné à Carol Bartz est de réorganiser la société afin de la remettre sur pieds… il n'y est fait nulle part mention du maintien de l'indépendance de la société.

 

Growth=vlookup

  La croissance de la recherche internet se trouve elle, dans le domaine de la recherche verticale: des moteurs de recherche thématiques qui permettent d'avoir une richesse de référencement sur un thème donné (Un secteur, une spécialité professionnelle…) richesse qui, comme me l'a démontré le Directeur Général d'un des principaux moteurs de recherche de prix, ne peut être égalée par un moteur de recherche généraliste comme Google ou Yahoo!.

C'est un segment de marché affichant une croissance de 15% par an depuis 3 ans, et une valeur estimée à 1 milliard de dollars en 2009 (Forrester).

Pourquoi un tel engouement?

Google est un moteur généraliste omniprésent, fournissant des résultats:

-          Généralistes, indexés mais non classés

-          Issus de sources hétérogènes

-          Sans prise en compte du contexte de la recherche

En somme, beaucoup d'information, beaucoup de pages indexées (C'est le principe de base: 'Indexer tout Internet') la seule planche de salut étant une fonctionnalité d'affinage…

Les moteurs de recherche verticale ont pour caractéristiques:

-          Une indexation qui est plus limitée en quantité, mais plus importante en qualité

-          Une sélection par des spécialistes du segment c'est-à-dire un enrichissement manuel ainsi que par des algorithmes (Que ce soit en termes de sources ou d'informations)

Cette sélection découlant d'une ligne éditoriale.

Ils permettent idéalement:

-          Un focus sur le segment de recherche qui importe à l'utilisateur

-          Une rapidité d'accès à l'information désirée (Sur leur segment)

-          Des premiers résultats pertinents notamment par le biais de la contextualisation

Ainsi si la fusion Microsoft-Yahoo! a lieu, il restera donc un duopole de Moteurs Généralistes, avec un Google solidement enraciné dans le paysage, mais aussi et surtout dans nos habitudes…

De façon assez classique, ce duopole laissera une place à de nouveaux acteurs verticalisés qui permettront d'adresser un besoin de recherche spécifique.

Somme toute, la différence entre le râteau et le tamis…

Vincent Bouder

Tariq Ashraf

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 22:11

Quand Sprint a apporté ses fréquences WiMAX à Clearwire, en échange de 51% de la nouvelle société (appelée Clear) qui résultait de ce montage, et qui devait permettre le déploiement d'un réseau 4G d'envergure nationale aux Etats-Unis, Sprint a de même, hypothéqué son futur.


Sprint ne contrôle donc plus 'son' réseau de prochaine génération (NGN ou Next Generation Network), la société a fait entrer des câblo-opérateurs et d'autres concurrents mobiles dans la bergerie


L'idée de faire converger les deux réseaux (et les Clients) de Sprint vers un même standard de prochaine génération est donc battue en brèche… la réputation de Sprint en termes de gestion de réseau est désastreuse que ce soit pour:

-      Son propre réseau CDMA, (et les innombrables problèmes d'upgrade vers l'EV-DO)

-      Le réseau iDEN trouvé dans la corbeille de Nextel (qui avant la fusion, avait une réputation de qualité de service  irréprochable, et avait une base client très fidèle avec un revenu par abonné supérieur de 20% à la moyenne US)

-      La gestion combinée des deux réseaux…  

 

Externaliser ce qui 'devrait'  être le cœur de mon métier…


L'argument avancé par Sprint est bien sur différent: dans le futur, l'opérateur du réseau sera cantonné à la  gestion de simples tuyaux ('Bits and pipes'), et que c'est à des fournisseurs de services de se fournir auprès de lui, en proposant des services packagés personnalisés, et des applications, et ce à une grande variété de clients.


Sprint veut proposer des services basés sur la combinaison des réseaux 3G CDMA (EV-DO) qui lui appartient et le réseau WiMAX de Clear, une carte WiMAX pour PC est déjà disponible en attendant un produit bi-mode CDMA-WiMAX pour le début 2010.


Le prix d'une puce WiMAX étant prévu pour tomber en dessous de 10 dollars d'ici 3 ans, l'idée pour l'opérateur est d'implanter des puces WiMAX dans produits d'électronique des loisirs tel que le livre numérique 'Kindle'  d'Amazon, ou dans des ordinateurs portables ou des netbooks, voire des ordinateurs de bureau.


Selon l'opérateur, des services comme l'internet à haut débit ('fixe' ou ’mobile'), la vidéosurveillance peuvent être proposés dans ce cadre.


Le problème est que la fourniture de services WiMAX de Clear ne sera pas que l'apanage de Sprint. Quand (si?) le réseau sera prêt, l'accès au service deviendra une commodité, Cleawire, les 'câblos' Comcast, Time Warner Cable (en passe de devenir une société indépendante) vont concurrencer Sprint dans la fourniture de services.


A cela s'ajoutent les Verizon, AT&T (et dans une moindre mesure T-Mobile) qui ne vont pas rester les bras croisés, et vont de même essayer d'augmenter leurs revenus Data (en 2008 Verizon a mis en place l'Open Access, en ne bridant plus l'accès à son réseau, dévolu auparavant aux seuls terminaux mobiles vendus par ses soins).

Si tu lui donnes les clés de la maison, tu devrais garder un double…


Pourquoi un client choisirait-il Sprint (qui jouit d'une réputation exécrable en termes de qualité de réception, de facturation et de service client)?

La couverture en 3G est un plus…sauf que Clearwire peut acheter à Sprint un accès au-dit réseau dans le cadre de leur accord.

Je ne vois pas quel serait l'avantage concurrentiel de Sprint, si ce n'est leur base installée de clients.


Les câblo-opérateurs, par contre, vont -enfin pouvoir- proposer du Quadruple-Play, et dans le futur (d'anticipation) faire de leur set top box un véritable hub numérique, connecté en WiMAX aux ordinateurs, TV et autres PVR du foyer, tout en proposant un accès à distance via le web.


Sans son propre réseau '4G' WiMAX, Sprint a parié que la société pourra capter au moins 51% du succès (hypothétique) du WiMAX aux Etats-Unis.


Résumons:

1 -  Une stratégie de Full MVNO dans la 4G (pour les non-initiés: Opérateur Mobile Virtuel possédant l’ensemble des éléments d’un réseau mobile à l’exception de l’accès radio)

2 -  Et ce, avec une (très) mauvaise réputation en termes de qualité de service (Dernier dans les classements 2005, 2006, 2007 et 2008 de JD Power)

3 -   …sans aucun facteur différentiant, que ce soit en termes de marque (positif en tout cas), ou d'offre produit…


C'est un pari que je qualifierais de risqué.


Il y a quelque temps, le Directeur du support réseau d'un opérateur mobile français m'avait lancé:

"Un opérateur mobile, c'est un réseau, des antennes et un fichier excel avec la liste des clients…"

 

De même, je dirais que les partenaires de Sprint ont pris un réseau, (une base client?) en Viager, ils vont payer une rente, le temps que Sprint… ne soit plus de ce monde -sous sa forme actuelle- pour pouvoir ensuite récupérer les actifs…

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 22:02

Tiens j'ai un …'ami' (Ce n'est pas moi je vous le jure!) qui utilise la version mobile de Facebook. Il a un iPhone et en profite pour, envoyer des messages, mettre à jour son statut, uploader des photos faites avec l'appareil et il lui arrive même parfois de regarder les 'updates' de ses contacts (Sur la page principale): de fait il n'y a que l'essentiel du site, et (Pour l'instant) il n'y a pas de publicité sur cette version.

Apparemment, je... heu cet 'ami' fait partie des 25 millions d'utilisateurs de Facebook en mobilité (Comme le veut l'expression française consacrée), et des 4 millions de personnes qui s'y connectent au moins une fois par jour. Soit plus de 16% des 150 millions d'utilisateurs du site.


Cette tendance traduit la montée en puissance des 'Super Phones' Jje n'emploie pas le mot 'Smartphone' à dessein) que sont les iPhones, N96, et autres Blackberry Bold, tendance qui consacre la vraie convergence des usages web et mobiles.


I believe I can fly, I believe I can touch the sky…


Dans un élan "futuriste", je dirais même que cette convergence, mariée aux services basés sur la géolocalisation, pourrait créer un nouvel internet
(Oui je sais c'est très mégalo, mais depuis qu'Al Gore a clamé avoir inventé l'Internet il y a quelques années, tout me semble permis!), en ce sens qu'il serait interactif, en temps réel et surtout contextualisé.


Dans ce nouvel environnement, l'utilisation d'un (Bête) navigateur internet sur son 'device' parait assez pauvre en termes d'expérience utilisateur…

L'idée est plutôt d'utiliser une interface cartographique (Terme savant pour une 'carte') comme Google Maps/Latitude afin de proposer des informations géolocalisées…


A cela près que l'utilisateur n'en fait pas forcément la demande mais plutôt le tri: je suis dans un quartier que je ne connais pas, la carte sur mon téléphone mobile me permet de me localiser et me propose des choix (Banques, Cinéma, Commerces etc…) dont je ne fais pas la recherche à priori ('Offer driven': marketing de l'offre)


Offrir à un utilisateur la possibilité d’accéder à une information contextualisée et personnalisée, constitue  l’avenir même du m-Commerce: et ce grâce à des  technologies qui font partie de notre futur immédiat, telles que le NFC (Near Field Communication) qui permet d’utiliser son mobile en tant que carte sans contact (Principe du Pass Navigo).


Non loin d'un magasin FNAC,  mon téléphone le localise, le pointe sur une carte embarquée et m'avertit d'un concert qui est en cours… je passe mon téléphone NFC au dessus d'une borne à l’entrée, le magasin me reconnaît en tant qu'adhérent FNAC  et envoie directement sur mon mobile les informations qui m’intéressent comme l’arrivée dans les bacs (Physiques ou numériques…) du nouvel album de 'Wax Tailor' (Je suis fan, je n’y peux rien !!), me propose par la même occasion de voir son dernier clip (Plutôt bon: Animation, Noir et Blanc) et enfin m’indique que son prochain concert aura lieu à l’Olympia en juin (C’est de la pure fiction en termes de date mais cela serait quand même excellent!!).


Plus besoin de pester devant la file d'attente à la billetterie, j’achète ma place à l’aide de mon portable: mon mobile DEVIENT ma carte FNAC  en me donnant  accès à mes privilèges d'abonné lors de l'achat ainsi qu'a mes points de fidélité et des réductions sur… un jeu pour ma console par exemple.

Les téléphones NFC Nokia et Samsung existent mais leur généralisation ne se fera pas avant 1 à 2 ans… par contre la géolocalisation elle, est déjà là.

 

priceless (ça n'a pas de prix)


Revenons à notre… ami. En fusionnant son carnet d'adresses et ses contacts Facebook, la 'Startup' pourrait lui proposer des services géolocalisés ainsi que 'géosocialisés'.

Dès lors, plus besoin d'appeler des amis pour organiser une soirée 'Ligue des Champions': en embarquant Facebook Mobile (Invitation précisée dans la mise à jour de mon statut par exemple) et une ou deux applications du site,  nous voilà chez un ami pour regarder la énième défaite des clubs français mais, subtile précision, avec de quoi boire et de quoi manger (On entrevoit assez bien les possibilités de publicités ciblées et d'e ou de m-Commerce).


Bien sûr, il existe des applications iPhone notamment qui permettent de disposer de services géolocalisés avec des fonctionnalités de réseaux sociaux… (Le restaurant du quartier testé et noté par des personnes de mon entourage) mais ces réseaux sont spécifiques et donc de fait limités ainsi que fragmentés en termes d'utilisateurs.


Facebook
pourrait lier tout cela en utilisant sa base d'utilisateurs… et serait au cœur du mobile en devenant LE carnet d'adresses de ce dernier.


Step by step, Oh baby…

Tout cela peut faire un peu peur aux utilisateurs de mobiles que nous sommes, notamment en ce qui concerne les problématiques de spamming déjà connues sur PC: recevoir sur son mobile, sans l'avoir demandé, des publicités pour le coiffeur du coin ou pour la nouvelle pizza de Pizza Hut -au vu du lien affectif que les clients ont avec leur mobile- ferait l'objet d'un rejet massif par les clients et ralentirait l'avancée du m-commerce. Il convient donc d'établir des règles du jeu claires, avec une politique anti-spam adaptée de la part des éditeurs et des opérateurs (Ces derniers étant déjà actifs dans le domaine)

 

De même pour l'hameçonnage, (Ou 'phishing' en anglais), un peu moins connu mais autrement plus dangereux qui permet à des personnes malhonnêtes d’obtenir des renseignements personnels dans le but de perpétrer une usurpation d'identité.

La technique consiste à faire croire que je m'adresse à un tiers de confiance (Banque, administration, amis) pour me demander des renseignements personnels : mot de passe ou numéro de carte de crédit. L'hameçonnage est une problématique de l’utilisation de son téléphone (Beaucoup moins protégé qu’un PC), qu’il faut gérer avant que notre bon vieux téléphone ne devienne le recueil et l’historique de nos faits et gestes.

 

Les applications d'authentification des opérateurs embarquées sur la SIM, pourraient constituer une solution à ce problème (SFR & Trusted-Labs proposent par exemple depuis l'année dernière un espace dédié sécurisé sur la carte SIM, avec un chiffrement de niveau EAL 4, égal à celui d'une puce de carte Bancaire)

 


Mais nous n'en sommes pas encore là: il faut tout d'abord évangéliser les utilisateurs en termes d'utilisation de réseaux sociaux mobiles, avant de livrer bataille aux constructeurs, aux opérateurs pour la propriété du carnet d'adresses de… mon ami féru de Facebook (Qui lui, a longtemps renoncé à celui-ci, et cerise sur le gâteau, de manière totalement volontaire)

Les difficultés des négociations entre Facebook, Nokia, et autres Sony Ericsson en sont la preuve...

 

 

Quand j'étais petit, on se disait à la cour de récré:

"T'as pas la télé? Mais comment tu fais?!"

 

Aujourd'hui c'est plutôt:

"Comment ça tu n'es pas sur Facebook? Mais dans quel monde vis-tu?"

 

Demain ça sera:

"Comment? Ton téléphone ne permet pas d'utiliser Facebook?

 Mais comment va-t-on se retrouver une fois sur place alors?!"

 

 

Xavier Cabot

Tariq Ashraf

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 22:04

Après avoir fait le ménage dans ses services, Google s'apprête à lancer une offre de stockage online, sous le nom de GDrive. Ce service serait offert dans le Google Pack qui contient notamment Picasa et Google Earth. Sans annonce officielle à date, on ne peut que spéculer sur les détails du service.

 

Ce service permettrait de se passer des petits logiciels qui permettent d'utiliser des comptes email GMail comme espace de stockage (ce qui d'ailleurs, est contraire à la charte d'utilisation du service).

 

Contrairement à ce qu'en pensent certains, le stockage online n'est pas la manne d'or tant espérée: même avec des millions de pages web visitées lors de l'utilisation d'un tel service, les revenus publicitaires seront négligeables à la lumière du coût associé. Bien sûr le service pourrait être payant mais ne serait qu'une goutte d'eau par rapport au chiffre d'affaires du géant de Mountain View.

 

En cherchant sur le web (via…Google) on peut trouver un argumentaire/communiqué marketing intéressant:

"GDrive provides reliable storage for all of your files, including photos, music and documents. It allows you to access your files from anywhere, anytime, and from any device - from your desktop, web browser or cellular phone.”

 

Cela est similaire -voire identique- aux services de Microsoft déjà existants: Live Mesh et Skydrive.

 

Google va ainsi commencer par offrir le service au Grand Public, avant de s'aventurer sur le marché Entreprises, comme il l'a fait avec Google Apps: GMail était un service grand public qui a ensuite été ajouté (bundlé) à Google Apps afin d'être commercialisé auprès des entreprises.

 

Je pense que Google essaye non pas d'attaquer Microsoft sur les services Live Mesh et Skydrive mais aussi et surtout de concurrencer les services Sharepoint du géant de Redmond: fidèle à son habitude le service GDrive sera intégré aux autres services de Google, nommément Google Apps et autres Google Talk.

 

 

Return of the 'Undead': the Network Computer (©Sun Microsystems)

 

Ceci constitue l'une des dernières pierres à la mise en place d'un poste de travail virtuel 'In the Cloud'.

Sur mon ordinateur, je dispose d'un ou plusieurs processeurs, un espace de stockage, de la mémoire, un écran, tout cela me permet de faire 'tourner' un système d'exploitation et des applications.

 

Dans un monde toujours-connecté, l'espace de stockage se déplace du disque dur vers la toile, le processeur et la mémoire sont dans l'un des 'Data Centres' de Google. Le navigateur devient l'OS

Dans le meilleur des mondes, si je dispose d'un écran et d'une connexion internet, j'ai accès à un poste de travail virtuel (Virtual Computing).

 

Dans ce contexte l'espace de stockage online devient donc l'épine dorsale du travail collaboratif: partager des documents, des fichiers et des répertoires avec les personnes de mon réseau, qu'il soit personnel ou professionnel. C'est bien ce qu'a engagé Microsoft avec son service Sharepoint, un business qui génère plus d'un milliard de dollars de revenus et qui -jusqu'en 2008- avait une croissance à deux chiffres.

 

Microsoft prend un service de 'base' qu'on peut assimiler à une commodité, le stockage, et y rajoute des services à forte valeur ajoutée pour ensuite le proposer à ses clients.

 

Once you start down the Dark path, forever will it dominate your destiny, consume you it will.

 

La question qu'on peut (continuer à se) poser est celle de l'avènement d'un nouvel Empire qui serait incontournable, je parle bien évidemment de…Google: bien sur les services sont innovants, et sont rapidement (et volontairement) adoptés par le public, mais est-ce que la seule mention du seul et bien maigre credo 'Do no Evil' de Google, permet d'éviter tout parallèle avec un certain 'Evil Empire' (dixit Scott McNealy ancien PDG de Sun) des années 80-90?

 

Une entreprise omniprésente, dont la moindre défaillance (cf le problème récent du moteur de recherche Google) peut ébranler…le Web. Le parallèle est plus que troublant.

 

Tout compte fait, la stratégie de Google est celle du jeu de Go: originaire de Chine, le Go est le plus ancien jeu de stratégie connu au Monde. D’après la légende, sa création remonte au XXIIIe siècle avant notre ère, (mais les premières allusions datent du VIIe siècle avant JC)

 

Le principe du jeu est très simple: on pose alternativement des pierres blanches ou noires sur l'une des trois cent soixante et une intersections dessinées sur le support de jeu.  Le but est d'encercler le plus de territoires et donc de capturer les pierres de son adversaire.

 

Le joueur ayant réussi à délimiter le plus large territoire remporte la partie. Ainsi qu'au cours d'une partie, il vaut mieux céder une partie d'un territoire afin de pouvoir développer par la suite une stratégie d'ensemble.

 

Quand un joueur pose une pierre, il doit raisonner en termes d'influence ou de potentiel. Il peut sacrifier délibérément une pierre ou un groupe pour envahir ou défendre un territoire. Un bon joueur doit savoir anticiper, lire les coups de l’adversaire et adopter une vision d’ensemble du Goban (plateau de jeu) pour identifier les risques d'encerclements…

 

Is the Dark Side stronger?

No, no, no. Quicker, easier, more seductive.

But how am I to know the good side from the bad?

You will know...eventually.

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 22:59

Apple a changé sa raison sociale l'année dernière: depuis sa création la firme à la pomme (Dont le logo est passé de l'arc-en-ciel à l'uni) s'appelait Apple Computers Inc.

La firme s'appelle désormais 'Apple Inc.' tout simplement (Et surtout tout court)

Pourquoi cela? Parce qu'Apple n'est plus un fabricant d'ordinateurs, c'est un… fournisseur de services.

In fine Apple vend des plateformes de services:

-          Des Macs (anciennement appelés 'Macintosh') qui s'intègrent parfaitement à iTunes, pour vendre de la musique, des séries… (Disponible aussi sur PC, tout de même!) sous forme de paiement one-shot ou d'abonnement.

-          Des boitiers Apple TV qui s'intègrent au couple Mac+iTunes, avant de s'en passer pour des services de type Guide TV et Streaming/Téléchargement de vidéo par le biais d'Internet.

-          Des iPhones/iPod Touch qui permettent de

-      Télécharger des applications gratuites et payantes et aussi d'utiliser iTunes en mobilité

-      Profiter du service MobileMe (Payant sous forme d'abonnement) qui permet de synchroniser ses données personnelles entre son iPhone, son ordinateur et un espace dédié, accessible depuis Internet.

Un cas d'école: Apple est en train de réussir là ou les autres ont échoué, c'est à dire se rémunérer tout au long du cycle de vie d'un produit (Qu'il soit hardware ou software)

L'exemple d'un Sony en particulier (Dont votre serviteur est fan et ce depuis sa tendre enfance) et des fabricants japonais en général démontre que le passage d'une firme du secteur secondaire à une firme du secteur tertiaire n'est pas trivial, loin de là.

Nokia s'y essaye avec son portail 'Ovi' et son service 'Comes with Music', mais au vu de sa puissance de feu et du volume de téléphones vendus par le géant finlandais, les résultats sont assez décevants…

The Holy Grail

Les consommateurs sont désormais prêts à ajouter des fonctionnalités/services à leur terminal et ce après l'achat initial. Ce nouveau comportement peut constituer une vraie corne d'abondance, notamment en ces temps difficiles où faire acheter un nouvel appareil mobile ou numérique au sens large est plus que difficile, en outre il permet d'améliorer la fidélité des consommateurs à la marque et de créer des sources de revenus supplémentaires pour les 'device manufacturers'.

Faciliter cet ajout de fonctionnalités ou 'l'upgrade 'après achat est donc très tentant pour un fabricant, mais peut constituer un vrai casse-tête en termes industriel, organisationnel.

Pour un Original Equipment Maker (OEM), un appareil (Ou 'Device') vendu en tant que plateforme de service est un changement de stratégie considérable.

Comme en escalade, le plus dur est le 'jeté', la transition d'un modèle à un autre: ce mouvement d'impulsion (Et donc de déséquilibre) en vue d'atteindre une prise qui n'aurait pu être atteinte normalement.

Ceci implique une approche de type 'Open Platform' (A ne pas confondre avec Open…Source), dans laquelle, le consommateur peut installer, soit des applications de son choix sur son appareil, soit des mises à jour de la part du fabricant (Par exemple des améliorations du 'Firmware', l'OS d'un produit non informatique) qui permettent une plus grande stabilité et de nouveaux services.

L'idée dans ce dernier cas est qu'un 'device' numérique doit, un an après son achat, mieux fonctionner qu'au début et non pas le contraire.

L'inconvénient majeur de ce genre de stratégie serait de repousser l'éventuel achat d'un nouveau modèle aux calendes grecques.

Actualisons les flux de trésorerie à date zéro

Cette crainte peut paraitre justifiée, cependant cet effet peut être surmonté/atténué par des revenus additionnels tirés de nouveaux services et par une amélioration de la fidélité du consommateur (Stickiness) à la marque, à l'environnement utilisateur et bien sûr aux services proposés… ce qui permet de proposer par la suite un nouveau modèle de 'device' et de garder le client dans le même 'soft-wall garden'.

L'idée est la même pour les consoles de jeu avec un Microsoft qui vient du logiciel et des Sony, Nintendo, qui essayent tous de se mettre au service: et ce en proposant Xbox Live et le portail NXE pour la Xbox 360, PlayStation Network (PSN) et PlayStation Home pour la PS3 et les Wii Channels pour la Wii.

Toutefois ces initiatives ne sont que de maigres avancées, par rapport aux potentialités: une vraie stratégie online de la part de Sony pourrait même d'ailleurs s'avérer gagnante pour la PS3 au terme de la génération actuelle de consoles de jeu.

Malheureusement Il y a de même un réel manque d'intégration des consoles portables de Sony (PSP) et de Nintendo (DS) avec leurs ainées de salon et comme évoqué, l'absence de plateforme de services de qualité pour ces dernières (Malgré le lancement récent du PSN pour la PSP).

Les fabricants d'électronique de loisirs (Consoles, Téléphones mobiles, PVR…) doivent se réveiller et rapidement, Apple les attaque de front, et renouvelle leur business model… d'ici à ce que l'iPhone devienne une véritable console de jeu portable (Cf article 'Barbarian at the Mobile Gaming Gate') et que l'AppleTV devienne un 'set top box' permettant de jouer sur sa télévision, il n'y a qu'un pas, que je franchis allégrement.

Quand j'étais petit, ma mère me disait, afin de m'obliger à manger des fruits et des pommes en particulier (En VO dans le texte, Brit oblige): 'An Apple a day, keeps the doctor away'

Aujourd'hui c'est plutôt: 'Apple: the gift that keeps on giving'.

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 21:59

Le web bruisse de rumeurs, un nouvel iPhone serait en préparation: une dénomination interne à Apple utilisée pour identifier différents modèles d'iPhone (nommément le premier du nom et le modèle 3G) a été incrémentée d'une unité.

 

Tout le monde en parle et les professionnels de la profession (Analystes Financiers, développeurs, Blogueurs influents… ou non influents), sont quasi sûrs que le  prochain modèle l'iPhone sera orienté 'Jeu vidéo'.

 

Pourquoi donc? Parce que c'est un segment TRES porteur du multimedia mobile, et que l'iPhone a beaucoup d'atouts pour dominer ce segment…

 

L'iPhone et l'iPod Touch sont en train de devenir la plateforme de choix pour le jeu vidéo mobile: il suffit d'ailleurs de jeter un coup d'œil à l'App Store de la marque, pour s'en persuader… on y trouve moults 'Crash Bandicoot' (Vivendi Games), 'Super Monkey Ball' (Sega), 'Spore Origins' (Electronic Arts) et autres 'Tap Tap Revenge'.

 

Apple a annoncé la couleur, en Novembre 2008, quand l'un des Dirigeants Marketing, Greg Joswiak a décrit l'iPhone comme le 'Futur du Jeu' ('The future of gameplay'). Mégalomanie à la Steve Jobs? Pas sûr…

 

C'est une menace très sérieuse pour les consoles de jeu portables dédiées que sont la Nintendo DS et la Sony PSP

 

Apple: Playing Differently

 

Les raisons? Peu de choses en vérité:

-       Un modèle de distribution, numérique, rapide via l'App Store avec facturation intégrée (Le développeur/éditeur touche 70% de la vente, Apple 30%)

-       Un système d'accéléromètre et un écran tactile 'Multi-Touch' qui changent la façon de jouer habituelle (comme la Wii et sa Wii-Mote par exemple)

-       Un 'form factor' plus léger et portable comparativement aux rivaux…

 

Et puis surtout les consommateurs ont déjà un iPhone dans la poche pour appeler et être appelés, le même iPhone pour écouter de la musique, regarder des videos, pourquoi pas pour jouer?

 

Voyons les chiffres: selon les analystes, Apple est bien parti pour vendre environ 40 millions d'iPhone par an… en comparaison, Nintendo a vendu 42 millions de consoles DS de Janvier 2007 à Juin 2008 (Source: iSuppli)

 

Ajoutons à cela, le fait que l'App Store a déjà dépassé la DS et la PSP en ce qui concerne le catalogue de jeux: au bout de 3 mois seulement d'existence, 1 500 jeux étaient disponibles, contre 600 pour la DS et 300 pour la PSP (La qualité et la richesse des jeux et le processus n'est pas comparable, mais le catalogue de jeu est un/le critère de succès pour une console, portable ou non)

 

 

Bien sur, il y a quelques faiblesses que l'iPhone se doit d'adresser avant de devenir une vraie plateforme de jeu: un processeur, des capacités graphiques et mémoires quelque peu limités…

La PSP par exemple est une machine très sophistiquée qui n'a aucun problème à appliquer des textures sur les graphismes affichés, ce dont l'iPhone n'est pas capable… à date.

 

 

Paragon of Viral Marketing

 

Il y a de grandes chances qu'Apple va changer tout cela avec son prochain modèle, notamment avec le futur/hypothétique processeur ARM développe en interne (en Avril 2008 Apple a racheté le fabricant de semi-conducteurs PA Semi, afin de fabriquer des puces ARM pour ses prochains iPhones)

 

Bien sur il y a d'autres faiblesses à l'iPhone/iPod Touch comme plateforme de jeu, à commencer par le prix: (225 dollars ou 289 euros pour le premier prix, c'est-à-dire le Touch) contre 170 dollars pour la PSP ou 130 dollars pour la DS… ne parlons même pas de l'iPhone

 

D'un autre coté, en ce qui concerne Apple si l'on met de coté les jeux gratuits, la fourchette haute pour l'achat de jeux est à 9,99 dollars contre 20 à 40 pour la Nintendo DS (pas de téléchargement pour l'instant) et de 10 à 40 dollars pour la PSP (via la boutique online: le PlayStation Network)…

 

Fort de son succès, Apple va monter en gamme en ouvrant une section 'Jeux Premium' sur son App Store avec des éditeurs triés sur le volet, qui vendront leurs jeux à 19,99 dollars.

 

En ce qui concerne le prochain modèle d'iPhone, il convient bien évidemment d'attendre, une vertu que les fans de la marque ont du mal à pratiquer…

 

Le premier iPhone a été lancé en Juin 2007, le deuxième en Juillet 2008, je pense (en tant que Blogueur Influent ;) ) que l'été 2009 sera riche en annonces de la part d'Apple sur le front de l'iPhone.

 

En tout cas, espérons que cette mouture permettra le copier/coller… 

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 17:24

John Thain a donc avancé d'un mois le versement des Bonus chez Merrill Lynch, bonus d'un montant de 4 milliards de dollars, et ce afin de profiter de la (petite) fenêtre d'opportunité qui s'est ouverte après l'annonce du deal, fenêtre entre la fin d'année fiscale et la signature effective du rachat par Bank of America.

 

4 milliards de bonus pour une perte opérationnelle record de 21,5 milliards de dollars. J'avais précédemment entendu parler de bonus équivalent à 10% des profits, mais 20% des pertes?

J'avoue que c'est bien la première fois que l'on voit cela…

 

Dans quelle dimension parallèle vivez-vous mon bon Monsieur?

 

Qu'est ce que ne comprend pas ce type de personne? Non seulement ces banquiers, ne sentent pas concernés par la crise financière à laquelle ils ont contribué, mais de plus ils estiment que les égards et les bonus leur sont dus… sauf qu'ils ont été pour beaucoup sauvés par l'argent du contribuable.

 

John Thain de Goldman Sachs, du NYSE, puis NYSE Euronext, et finalement  de Merrill Lynch, un pas en avant s'il vous plait.

 

Ce Monsieur a donc réussi à (brièvement?)  éclipser M. Madoff: Il a été évincé de Bank of America jeudi, seulement 3 semaines après avoir vendu sa banque…. Et après avoir tenté de se faire payer un bonus de 35 millions de dollars.

 

State Losses & Private Profits

 

Les autres 'Princes' de Wall Street avaient publiquement renoncé à leurs bonus, du fait des conditions de marché et du plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars. Mais en comparant son deal avec BoA, M. Thain a estimé qu'il méritait son bonus.

Son projet a été dévoilé dans le Wall Street Journal, et M. Thain a du démentir l'après midi même devant le conseil d'administration… mais non sans voter le versement anticipé des  'bonus' 2008.

Ulcéré, le PDG de BofA, Ken Lewis a convoqué John Thain pour lui signifier qu'il ne pouvait rester

One down, one to go…

 

Sauf que M. Lewis sent le vent de la fronde lui caresser le visage… les actionnaires sont en train de fomenter des actions en justice, afin d'accuser M. Lewis de mauvaise gestion, et M. Cuomo Procureur de l'Etat de New York a lancé une enquete sur le paiement des bonus de Merrill.

La dernière action en justice en date accuse MM Thain et Lewis d'avoir dissimulé des informations capitales lors du rachat de Merrill: M Lewis aurait du avertir ses actionnaires de la situation avant le vote sur l'opération de rachat.

De même ce dernier avait le devoir de dévoiler qu'il avait contacté le Trésor Américain pour une aide supplémentaire au vu des pertes de Merrill.


Lors du vote de l'assemblée des actionnaires sur le deal (5 décembre 2008)  Ken Lewis et John Thain ont annoncé que les résultats de Merrill étaient conformes aux prévisions.

La semaine dernière BofA a annoncé que les pertes abyssales de Merrill se sont matérialisées la deuxième semaine de Décembre.


On ne peut nier que les marchés connaissent une descente aux enfers (depuis au moins 3 mois), toutefois les indices US concernant les CMBS (Commercial Mortgage-Backed Securities), les titres de dettes à haut rendement (High-Yield Corporate Debt) et autres CDS (Credit Default Swaps) ont vu leur valeur baisser en novembre pour remonter (quelque peu) en décembre.

M. Lewis a voulu annuler le deal à la mi décembre, en utilisant la fameuse clause 'Material Adverse Change' (Clause permettant aux banques de résilier le contrat dans le cas où un évènement négatif majeur comme une crise boursière, une crise de liquidité).

 

Sauf que le Trésor l'en a dissuadé… le fameux 'risque systémique'. Il s'est trouvé collé avec un canard boiteux.


 

Les pertes de Merrill Lynch? De la Génération Spontanée mon bon Monsieur!


Comment les pertes de Merrill se sont matérialisées en une semaine de temps, après (comme c'est pratique) le vote des actionnaires?

Quelqu'un nous prend tous pour des idiots… et se croit très malin…


M. John Thain est soit fort incompétent (dans le cas où il n'a pas vu venir les pertes de 'la deuxieme semaine de Décembre' de Merrill), ou vraiment imbus de sa personne (le cas échéant): en dehors de la disgrâce, du bonus de 10 millions de dollars qui ne s'est jamais matérialisé, et de son départ de BofA, il paiera très cher toute cette affaire…


Au regard de l'histoire je pense que son nom éclipsera celui de M. Madoff (et ce d'autant plus que BofA a annoncé ce jour, l'étalement sur 3 ans du paiement des bonus 2008 pour ses propres troupes)…

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 22:10

Tiens, ce matin j'ai trouvé dans ma boite à lettres, une lettre manuscrite, c'est tellement rare de nos jours…

 

Il n'y a pas mieux pour se sentir considéré que de recevoir une telle lettre. Marcus Agius et John Varley, respectivement Président et Directeur Général de Barclays se sont donc adonnés à cet art en voie de disparition (quelque peu suranné il est vrai) qu'est le genre épistolaire, avec une missive à destination des investisseurs et des actionnaires de la banque (missive qui d'ailleurs a été très bien reçue).

 

Mais attention que les choses soient claires, il ne s'agissait pas d'une lettre dégoulinante dans le style 'repentir amoureux' ou d'une demande d'une nouvelle chance, mais plutôt une lettre de trois pages très bien tournée sur le ton de 'Je suis désolé que nous n'ayons pu nous entendre, mettons cela de coté et continuons la route ensemble'.

 

La manœuvre était risquée, car c'était la deuxième communication de ce type émanant de la Banque et ce en l'espace de trois semaines.

 

Mais en conjonction avec un 'lobbying' du gouvernement Britannique au cours du week-end en ce qui concerne son second plan de sauvetage des banques, Barclays a réussi son coup en annonçant que la publication de résultats serait avancée d'une semaine…des résultats à venir supérieurs aux 5,3 milliards de livres attendus et des dépréciations brutes limitées à 8 milliards, qui rassurent le marché, qui voit aussi s'éloigner ses craintes d'une recapitalisation éventuelle.

 

La banque britannique, qui a perdu 50% de sa valeur en Bourse la semaine dernière, a vu son cours gagner plus de 73% ce lundi à Londres: et ce après une ouverture sur une hausse de plus de 20%.

 

Il convient bien sûr d'attendre la publication des résultats le 9 février, afin de voir si cela constitue un vrai tournant dans l'histoire mouvementée entre Barclays et le marché.

 

Le point majeur à retenir est que Barclays ne brule pas son capital au même rythme que Royal Bank of Scotland, et qu'avec un ratio de capital Core Tier 1 qui dépasse le minimum requis de 17 milliards de livres, ces Messieurs de la Barclays ont de quoi voir venir avant une hypothétique recapitalisation.

 

Maintenant si le gouvernement pouvait se hâter d'annoncer les détails de son projet de 'Bad Bank', ces mêmes dirigeants pourraient mieux dormir la nuit…

 

Je me rappelle ce slogan des années 80, d'une société de télécommunications:

'Le Bonheur, c'est simple comme un coup de fil'

 

A la fin des années 2000, en ces temps difficiles, le bonheur pour la Barclays, c'est 'simple comme une lettre manuscrite'.

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