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  • Tariq Ashraf
  • Quelques bons mots, un peu d'humour (Anglais), beaucoup de Business (Une deuxième religion), des TMT... somme toute, le regard d'un simple Citoyen (Au sens de la Grèce antique) sur notre société.

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 00:11

Le mot " sabot " est probablement la racine du mot sabotage, car les travailleurs qui voulaient un congé, ou qui voulaient lutter contre le patron pour moins d'heures de travail, jetaient certainement un sabot dans les machines d'une usine ou d'une ferme, endommageant ainsi l'outil et ne travaillaient plus jusqu'à ce que la machine soit réparée.


Cette action mettait ainsi en difficulté le patron.


Il semble donc que le cofondateur et PDG de Yahoo!, Jerry Yang, soit Anarchiste à ses heures: il a non seulement lancé sur les récifs, la firme qu'il a créée, mais il a aussi (après avoir refusé un pont d'or de Microsoft pour ce qu'il était en train de détruire) saboté le moteur de Yahoo!: en mettant sa plateforme à peine lancée -16 soupapes, double arbre à cames en tête, injection directe-  Panama de coté, pour utiliser le moteur de recherche Google.

Sauf que le deal n'allait jamais passer le bureau du DoJ américain: trop de problèmes de concurrence….

Et donc nous y sommes: il y a 'de grandes chances' (source: Blog Corporate de Google) que le deal qui permettait à Google de mettre un pied chez Yahoo! 'ne se fera pas'.

Revoyons l'action au ralenti (Wall Street et la Silicon Valley pratiquent la vidéo contrairement à la FIFA)

-          '$42 l'action pour Yahoo! Jamais! Elle est à $25 mais elle en vaut plus!'

-          'Ok dans la recherche sur Internet et de publicité contextuelle. on me taille des croupières, mais…ma nouvelle plateforme Panama va griller tout le monde au feu rouge!'

-          '$31 puis $34 l'action pour Yahoo! Jamais! Elle est à $19 mais elle en vaut plus!'

-          'Ok ma nouvelle plateforme Panama est pourrie, je vais louer le moteur de Google, mais oui c'est mieux, et puis les autorités de la concurrence vont dire oui!

-          '..et puis le marché est florissant (véridique: Argument de Yang en faveur de l'approbation par le DoJ du deal avec Google)'

-          'Je fais préparer un plan de licenciement pour me délester un peu… tout va bien, tout va bien!'

-          'Ok ils vont dire non, mais je vais me tourner vers AOL, c'est un bon deal ça va marcher vous dis-je!'


Ceci va laisser la firme de Jerry Yang  dans les pires dispositions avant un retournement du marché publicitaire, avec une rentabilité très faible et ce même avant ces errements stratégiques.

Le deal avec Google n'a jamais été la panacée: nous ne parlerons pas du problème qui consiste à  donner les clefs de la maison à un concurrent plus gros et plus apte à le gérer… d'ailleurs même dans ce cas de figure Yahoo! aurait du maintenir sa propre technologie de recherche pour satisfaire le DoJ.

Alors qu'un deal similaire avec Microsoft, ou une vente du business de recherche Internet aurait permis de tailler une fois pour toutes dans ces couts, et de créer de la valeur pour Yahoo!: Salariés ET Actionnaires.


Reste donc un deal avec Time Warner pour AOL… mais cela va s'avérer difficile:

-          En premier lieu le prix de 10 milliards de dollars demandé par TW (il y a quelque temps il est vrai)

-          De plus il faut vendre l'histoire au marché, et cela passe par une réelle pertinence économique pour ce deal, et donc par une restructuration drastique des couts, notamment en consolidant les régies publicitaires et la technologie, domaine dans lequel Yahoo! n'a pas d'historique très reluisant…


Revenons à nos…sabots.


"
Dans le domaine militaire, le mot 'Sabotage' est employé pour décrire l'activité d'un individu ou groupe indépendants (tels qu'un agent étranger ou un résistant), en particulier lorsque les actes de sabotage ont comme conséquence la destruction ou l'endommagement d'un service productif ou essentiel, tel que les équipements, usines, services publics ou aires de stockage.

À la différence des actes de terrorisme, les actes de sabotage n'ont pas comme premier objectif d'infliger des pertes humaines."



Jerry Yang est un patron qui a saboté sa propre machine (Nommément Yahoo!)


Son action a mis ainsi en difficulté les actionnaires et les salariés:

-          Le Service Productif ET essentiel, le business de Yahoo! (Recherche et publicité contextuelle) est mort…pire encore il est discrédité

-          Cela a eu pour conséquences des pertes humaines (1 500 -pour l'instant- faisant l'objet d'un plan de licenciement)

 

Comme évoqué précédemment Microsoft peut se permettre d'attendre (mais pas trop), le temps jouant en sa faveur… l'action est à $12,75 et le pire est à venir.



J'entends déjà Carl Icahn siégeant au prochain conseil d'administration de Yahoo!:

'Gentlemen, we have a Saboteur on (The) Board...'

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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 14:58

Bob of Diamonds


Sir Fred Goodwin a du s'étouffer en mangeant son porridge


Un an après avoir lancé Royal Bank of Scotland à l'assaut d'ABN AMRO et finit par payer 11 milliards de Livres Sterling pour un actif de seconde zone, et l'avoir emporté sur l'acquéreur initial, la Barclays, il découvre que son malheureux adversaire s'est acheté la quatrième banque d'affaires Américaine. Et ce pour une tablette de Chocolat Cadbury's (celui avec les raisins et les amandes: The very Best!)


L'achat de Lehman Brothers pour 1 milliard de Livres est… un coup de maitre.

Bob Diamond le président de Barclays qui dirige la Banque d'Affaires Barclays Capital, et le CEO John Varley ont été des maitres tacticiens…


I’ll just take the good assets, thank you…
(But I don’t want to pay up for them)

 
   

Barclays a racheté les meilleurs morceaux de la banque américaine pour une bouchée de pain. En payant 1,75 milliard de dollars (dont 1,5 milliard pour la tour Lehman près de Times Square, soit seulement 250 Millions pour l'activité bancaire) pour la totalité des activités actions, obligations, courtage et conseil, et les 10 000 salariés travaillant aux Etats-Unis.


Barclays va booster ses activités outre-Atlantique tout en bénéficiant de belles synergies. Barclays Capital va notamment passer de la 35e à la 3e place sur le plus grand marché mondial des fusions et acquisitions.

La banque britannique qui reprend 72 milliards d’actifs pour 68 milliards de passif, paye ainsi moins que l’actif net un ensemble comprenant moins de 5% de produits lies aux crédits immobiliers.


Autant dire que face à des Américains tétanisés et à des Européens immobiles, Diamond a peut-être réalisé le meilleur deal de l’année.


Après avoir étudié le rachat de la banque dans sa totalité, Barclays a renoncé, car le Trésor (Nommément Henry Paulson) n'a pas voulu récupérer une 'Bad Bank' avec les actifs toxiques de Lehman, ni donner sa garantie à Barclays, le temps que le deal soit bouclé (Barclays devait dans le cas d'un rachat convoquer une AG d'actionnaires pour valider l'opération)


Sauf que lorsque Lehman Brothers fait faillite, le seul adversaire, Bank of America a annoncé une fusion avec Merrill Lynch… quelles sont alors les options restantes pour les administrateurs judiciaires?

-          Attendre… ce n'est pas une bonne solution, une banque vend de la confiance… après la faillite, il ne reste plus rien de cette confiance (sic) et les clients et les employés fuient… et puis le temps de trouver un acquéreur, qui voudra analyser l'opportunité et les risqué associés…

-          Faire un deal avec…Barclays… qui est prête au rachat, l'opération a déjà été étudiée, et analysée…


Et donc Barclays rachète… à un prix modique, une très belle banque… un beau parti, car du fait de cette faillite, seuls les actifs sains sont vendus… exit les actifs toxiques (
85 Milliards de Dollars)


Barclays garantit le paiement des salaires, jusqu'a ce que l'acquisition soit bouclée et après garantira les bonus et les packages de licenciement accordés du temps de Lehman



Tout compte fait tout cette histoire est une 'Blind Date':

-          Henry Paulson (du Trésor) a arrangé un rendez-vous avec ses amis (Bank of America et Barclays) pour rencontrer Lehman Brothers qui ne les connait pas bien et qui ne sait pas ce qu'il l'attend…

-          Lehman est belle à croquer, tout le monde aimerait bien sortir avec… sauf qu'elle n'est pas très stable…

-          Henry pense qu'il lui faut quelqu'un de bien, un vrai partenaire qui pourrait l'aider à avancer dans la vie,

-          Quand Lehman découvre le pot aux roses… c'est la colère… d'autant plus que Bank of America n'a pas l'air d'être sous le charme (il lorgne sa copine, Merrill)

-          Barclays par contre semble intrigue… sans etre completement subjugué…

-          Après une soirée fort agréable, où Henry jouait les chaperons et où Lehman et Barclays ont parlé de tout et de rien, les convives se quittent.

-          Lehman adore ce Brit aux accents américains... sauf que Barclays dit à Henry que Lehman est trop belle pour lui, et que tous ses problèmes passes pourraient poser sur leur couple éventuel.


Le zéro et l'infini, un vrai ascenseur émotionnel, ça devait marcher, ça allait marcher… sauf que ça n'a pas marché….

… sauf que le lendemain, le téléphone de Barclays sonne… un numéro qu'il ne connait pas:

1 -     C'est Lehman qui appelle pour lui proposer de sortir (quelle Victoire!)

2 -     Elle a arrêté les bêtises, tout est rentré dans l'ordre.


Le plus jaloux doit être l'ami Ken Lewis, dont la banque est sortie des négociations, et ce pour racheter Merrill Lynch (la copine de Lehman: il faut suivre un peu, on l'a vue la première fois lors de l'épisode où Billy sortait avec Amanda) 

Un rachat qui se fait sur la totalité de la banque, actifs toxiques compris…


Avec ce deal Bob Diamond a démontré, qu'un peu de patience, de bluff, mêlés à de la tactique pouvaient etre au service d'une bonne stratégie.


En attendant que le processus de banqueroute aille à son terme: nommément la faillite, Bob Diamond a raflé la mise, c'est Lehman qui a appelé pour se faire racheter (véridique), ce qu'a fait Bob pour une bouchée de pain.



You know 'relationships'…

 

If you want someone to love you, open your heart.

If you want someone to be obsessed with you...close it.

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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 14:57

Lehman Brothers est donc tombée.


Attaquée de toute part, la Banque d'Affaires Lehman Brothers, l'une des icones de Wall Street a fait faillite au cours du week end du 13 au 14 septembre.


Lehman a été victime d'une crise de liquidités.


La décision des autorités américaines, le week-end dernier,de ne pas venir à la rescousse de la Banque d’Affaires Lehman Brothers et de la laisser faire faillite pourrait bien être fatale à Morgan Stanley, et peut-être même à Goldman Sachs, estiment certains spécialistes des marchés.


Effet Domino?


Contrairement à une banque universelle, une Banque d’Affaires n’a pas la possibilité de s’appuyer sur les dépôts de particuliers pour lever des fonds sur le court terme. Elle doit impérativement émettre des certificats de dépôt pour financer son activité. Et ce même si la plupart des Banques d’Affaires ont allongé la maturité de leur dette ces derniers mois pour se protéger des effets de la crise.

Le problème est que les établissements financiers auprès desquels les banques d’affaires se refinançaient refusent aujourd’hui de prêter cet argent, soit parce qu’ils le gardent pour eux, soit parce qu’ils n’ont plus confiance dans la capacité de remboursement de ces banques.


Ils sont d’autant moins enclins à prêter que ces banques sont encore très risquées, car elles ont beaucoup emprunté pour investir et que même l’environnement comptable incite à la prudence. Aux Etats-Unis, les banques doivent inscrire leurs actifs à leur valeur comptable, or ceux-ci baissent, donc dégradent les bilans, donc les notes des agences de notation, etc.


Les banques d’affaires comme Morgan Stanley et Goldman Sachs pourraient donc très vite ne plus pouvoir honorer leurs échéances. C’est ce qui est arrivé à Lehman Brothers la semaine dernière.


Voila pour le contexte Mais revenons à notre propos initial… Lehman Brothers en faillite, car ni Barclays, ni Bank of America n'ont fait d'offre au cours de ce fameux week-end:


Faillite le Lundi matin… annonce de rachat par la même Barclays des activités Américaines de Lehman dans la journée….

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 01:23

… ce n'était pas un jeudi noir mais c'est un jour que les actionnaires de Yahoo! ne vont pas oublier de si tôt.

Pour commencer, la direction de Yahoo! a annoncé que d'accord, il n'y aurait point.

Puis Microsoft a subi une baisse du prix de son action d'environ $2,63, soit quasiment 10% en une séance.

La conséquence a été la descente aux enfers de l'action Yahoo! - A plus de $10 en dessous de la dernière offre de Microsoft…-  est que désormais Yahoo! n'a plus aucun ami à Wall Street. Les 'petits gremlins avides'  (Greed Gremlins) tels que Carl Icahn vont se déchainer sur la pauvre société internet et n'ont qu'une envie, avoir la tète de Jerry Yang.

(Ceci correspond respectivement aux Annonces numéro 3, 4 et 5  de mon article précédent sur Yahoo! datant du 5 mai 2008 'The Market giveth and the Market taketh away' )

Et encore, ce n'est qu'un des nombreux maux de Yahoo!, l'exode des cadres dirigeants continue (Annonce numéro 6 de mon précédent article sur Yahoo!): Usama Fayyad  le Chief Data Officer de Yahoo!,  Jeff Weiner, VP réseau, Jeremy Zawodny… ce qui indique bien que dans sa course folle pour se sauver ainsi que sauver sa société, le capitaine a perdu le soutien de ses officiers. Apparemment le recrutement serait concomitamment gelé.

(http://www.alleyinsider.com/2008/6/source_yahoo_in_hiring_freeze_starting_july_yhoo_)


Yahoo! a annoncé que la société allait utiliser la technologie Google pour sa recherche et sa publicité contextuelle.

Cet accord  va permettre de générer un CA supplémentaire (selon le consensus des analystes) d'environ $800 millions et entre $250 et $450 millions en Cash Flow opérationnel pendant la première année (A titre de comparaison un accord du même genre entre Google et MySpace a été signé en 2007 pour environ $900 millions, et ce pour une durée de 3 ans)

Je pense que c'est une erreur majeure, une erreur stratégique (Annonce Numéro 2) pour une société qui a perdu le cap il y a 3 ans avec Terry Semel son PDG de l'époque.

Pourquoi?

Essayons d'imager le propos: cela correspond à la situation d'un Chrysler demandant -gentiment- à Toyota de leur vendre leurs moteurs, pour toutes les voitures Chrysler sortant des usines…

J'avoue que  je suis tombé de ma chaise, à la lecture du blog de Google:

"Toyota sells its hybrid technology to General Motors, even though they are the number one and number two car manufacturers globally. Canon provides laser printer engines for HP, despite also competing in the broader laser printer market."

Je me demande si nos amis de Google ont observé la performance de GM dernièrement? Ou leurs ventes de voitures hybrides par rapport aux ventes totales sur ce segment de marché?

Avec cet accord, Yahoo! a publiquement admis que Google est bien meilleur qu'eux  quand il s'agit de recherche sur Internet et de publicité contextuelle.

A ceci s'ajoute le fait que le Département américain de la Justice (DoJ) va regarder tout cela de près: l'accord ne porte que sur les USA et le Canada, ceci étant évidemment lié au fait que cet accord ne passera jamais auprès de la Direction de la Concurrence de la Commission Européenne.


Ca va passer...

Yahoo! Pourra utiliser la technologie de Google en complément de la sienne:  et ce sans contraintes de minimum ou de maximum d'occurrences d'utilisation…

Cet accord non exclusif permet théoriquement à Yahoo! d'avoir des accords de même type avec d'autres sociétés… du moins c'est l'affirmation de Google.

C'est prendre les gens et le DoJ en particulier pour des imbéciles: même si Yahoo! signait des accords avec d'autres sociétés, c'est Google qui remporterait la mise.

Si l'on regarde la performance passée du moteur de recherche, on doit admettre qu'en termes techniques, son moteur de recherche et que sa plateforme de publicité ciblées sont les meilleurs et qu'en termes business les annonceurs ne jurent que par Google, un cercle vertueux difficile à briser.

Le DoJ va passer cet accord au peigne fin, au tamis puis aux rayons X, ce qui va faire peser une épée de Damoclès au dessus de Yahoo!, d'ailleurs même si le deal ne se fait pas, Google aura gagné en figeant le business de Yahoo! pendant un moment.

On peut aussi se dire que cela donne du temps à Google, car techniquement si le DoJ rentre dans une phase d'enquête approfondie (de 3 mois) Microsoft, Carl Icahn, et les autres actionnaires sont bloqués (en termes juridiques et boursiers) jusqu'au terme de cette période.

Le plus triste c'est que Yahoo! a été une grande société avec une offre de qualité, avec un fondateur -Jerry Yang- qui était non pas adulé, mais adoré de tous. Mais il a jeté son vaisseau contre les récifs… en termes techniques cela s'appelle du 'sabotage' ou plus précisément du 'sabordage' .


Wishing for the Best...

La meilleure solution pour Yahoo! ? Que quelqu'un veuille l'acheter… News Corp, AT&T, eBay,  AOL ou pourquoi pas Microsoft

Si rachat il y a cela sera à un prix inférieur à la dernière offre de Microsoft (Annonce numéro 7)

En Août aura lieu l'assemblée générale, le raider Carl Icahn ('And I will!') va essayer d'envoyer le premier taïwanais dans l'espace (Jerry Yang), il sera aidé de moult investisseurs institutionnels et particuliers, ils ont un ennemi commun: M. Yang, qui a fait beaucoup pour couler la société avec ses maladresses… il a juste oublié que cette société n'est pas que la sienne.

Plusieurs scénarios sont possibles, un statut quo, l'équipe dirigeant reste en place, une mise en orbite lunaire pour Jerry, ou un compromis…


Mais il ne faut pas oublier que Microsoft a besoin de Yahoo! et veut s'en emparer:

A $33 l'action, Steve Ballmer proposait 50% en cash soit $ 23 milliards en monnaie sonnante et trébuchante.

-  S'il revient à son offre initiale de $31 mais en proposant 2/3 en cash, son action ne reculerait que peu et

    cela constituerait une très grande tentation pour les actionnaires de Yahoo!


Quoi qu'il arrive, Jerry Y. et le conseil d'administration sont sous pression…

 

Voyage en Italie


Et sous la pression il peut arriver qu'on change d'avis… voire que l'on fasse pénitence.

 

Canossa est une commune italienne dans la province de Reggio d'Émilie en Émilie-Romagne.

Le nom provient du château de la Comtesse Mathilde de Toscane.

Ce nom  fait  écho à un évènement historique se rapportant à la querelle des investitures, querelle qui opposa les empereurs d'Allemagne (puis les rois de France) à la papauté dans la désignation des évêques:

 

En 1076, l'empereur d'Allemagne Henri IV ayant fait destituer le pape Grégoire VII dans un concile d'évêques qu'il avait nommé, le pape excommunia l'empereur, déliant ainsi ses sujets de tout serment d'obéissance.

Les pourparlers ayant échoués, l'empereur se résolut à aller voir le pape lui-même: ll apprit ainsi que le pape était en villégiature à Canossa.

 

Franchissant les Alpes en plein hiver, il arriva aux pieds de la ville de Canossa le 25 janvier 1077.

 

L'apprenant, le pape fit fermer les portes de la ville.

 

La légende veut qu’Henri IV, sa femme et ses enfants, en chemise de bure, durent attendre, les pieds dans la neige, que le pape change d'avis, ce qu'il fit le 28 janvier.

 

Le recevant, le pape ne pouvait faire moins que de lever l'excommunication de l'empereur.

 

L'expression "aller à Canossa" est depuis utilisée pour évoquer un lieu ou une occasion de soumission, de pénitence ou d'humiliation devant son ennemi...

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 14:59

"Thy words, I grant are bigger, for I wear not, my dagger in my mouth."

 

Selon William Shakespeare, les dagues et poignards qui ne sont pas empoignés peuvent être utilisés en paroles…

 

C'est bien pour éviter cela que M. Germond a ajourné l'Assemblée Générale des actionnaires d'Atos Origin:

 

La situation lui échappant, les Fonds Centaurus et Pardus étant prêts à la bataille il a choisi de tirer lui-même le rideau.

 

Je me rappelle des vieilles "AG" d’antan, où les petits actionnaires se motivaient plus par le petit cadeau d’accueil et le pot de clôture, ah c'était le bon vieux temps Madame!

 

Alors que là, les gens se sont comportés comme des sauvages, ils se jetaient à la figure (avec ou sans micro d'ailleurs) des arguments stratégiques, des montants de rémunération ou des noms d’oiseau,…

 

L’heure était effectivement grave, de 'bien-séance' il n'était plus question: Nadine de Rothschild s'en serai retournée dans sa tombe… (Renseignement pris, elle ne serait -pas encore- morte)

 

Résumons la situation.

 

Après une croissance spectaculaire (folle?) ces dix dernières années, bâtie à coups d’acquisitions, Atos Origin, l’une des plus grandes sociétés de services informatiques européennes, marque le pas en 2006, perd du terrain et voit ses profits prendre l'eau à grande vitesse.

 

Devant la dégradation des comptes, le groupe, non intégré, tente de lancer une fusion ou une vente à un investisseur financier mais l’affaire échoue, le patron fondateur (Bernard Bourigeau) est débarqué, les fonds d’investissement, Centaurus rejoint par l’américain Pardus, montent au capital et demandent une vente par appartements. Devant le refus de la direction, ils tentent donc de prendre le pouvoir à l’occasion du renouvellement des instances dirigeantes à l’assemblée générale.

 

Le coup de théâtre de l'AG, dû au "retournement" surprise d’un représentant des actionnaires salariés (durant la session de questions-réponses), provoque l’ajournement du vote décisif.

 

Le spectacle de cette démocratie brouillonne et inachevée, qui sera suivi de péripéties judiciaires, est plutôt un signe de vitalité par rapport aux arrangements de couloir qui prévalaient auparavant.

 

Même si M. Bébéar, 'Parrain' du capitalisme française a affirmé, que les dirigeants ne sont pas les propriétaires d'une entreprise, il est encore de bon ton (Merci Madame la Baronne) de voir l’entreprise comme une dictature éclairée, voire une monarchie dans le cas des entreprises familiales, dont le contrôle ne peut être modifié qu’à la suite d’un putsch installant un nouveau despote.

 

Allons soyons sérieux Mon Bon Monsieur:

'Le modèle démocratique qui fait la force des grands Etats modernes, fait de transparence et d’alternance, ne peut etre appliqué aux sociétés. Ce qui signifie que ni les actionnaires ni, bien sûr, les employés ne seraient dignes de juger et de changer, au besoin, les chefs qui la dirigent.'

 

Du côté des actionnaires, le contre-pouvoir s’organise grâce à la professionnalisation de ses acteurs. Les fonds activistes jouent leur jeu en appuyant là où ça fait mal, en accélérant les transformations.

 

En interne, cette crise a aussi largement secoué l’entreprise: la crise actuelle pourrait en effet pousser des collaborateurs à aller voir ailleurs, mais aussi inquiéter les clients. L’an dernier, la mise en vente de la SSII avait fait perdre plusieurs centaines de millions d’euros de contrats, selon la direction.

 

Dans ce contexte, l’assemblée du 12 juin promet d’être…tendue.

Les 14,2 millions de votes exprimés lors du vote par correspondance resteront valables, indique Atos Origin. Ils représentaient près d’un tiers du quorum constaté la semaine dernière (62,7%).

 

Le reste de la partie se jouera dans la salle.

 

Si l'on fait appel à l'actionnaire pour financer son activité et ses acquisitions, et si on se fait le chantre de la création de valeur, alors on doit lui rendre des comptes, on ne peut lui tourner le dos… car s'il est mécontent il prendra la parole et n'hésitera pas une seconde à faire valoir ses droits.

 

Ne dit-on pas d'ailleurs, que celui qui frappera par le glaive, périra par le glaive?

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 10:13

Le roi Pyrrhus Ier d'Épire, défit les Romains pendant la guerre de Pyrrhus en Italie à la bataille d'Héraclée en -280 et à celle d'Ausculum en -279. Son armée souffrit de pertes irremplaçables.


Après cette bataille, Plutarque relate dans un rapport de Denys d'Halicarnasse:

"Les armées se séparèrent; et, on raconte, que Pyrrhus répondit à un qui célébrait sa victoire qu'Encore une victoire comme celle là et qu'il serait complètement défait".


Il avait perdu une grande partie des forces qu'il avait amenées, et presque tous ses amis et principaux commandants; il n'avait aucun moyen d'avoir de nouvelles recrues (...). De l'autre côté, comme une fontaine s'écoulant continuellement de la ville, le camp romain se remplissait rapidement et abondamment d'hommes frais, pas du tout abattus par la défaite, mais gagnant dans leur colère une nouvelle force et résolution pour continuer la guerre."


Donc si à chaque victoire de Pyrrhus les Romains perdaient plus d'hommes que lui, ils pouvaient facilement recruter de nouveaux soldats, et leurs pertes affectaient beaucoup moins leur effort de guerre que celui de Pyrrhus.

Depuis, une Victoire à la Pyrrhus est une victoire avec un coût dévastateur pour le vainqueur.

 


Hier dimanche, Microsoft (que je tiens comme beaucoup d'autres comme l'Empire du Mal, the 'Evil Empire') a retiré son offre sur Yahoo!, offre améliorée à $34 par action (relevée de $3 depuis sa première offre.) pour un montant total de $47,5 milliards de dollars.

 

Yahoo! a campé sur ses positions à $37 par action. Une victoire donc, au bout de 3 mois de bataille.

 

L'envahisseur est repoussé, Jerry Yang l'a bouté en dehors de son territoire. Une Victoire qui n'est qu'une victoire à la Pyrrhus.

 

Je ne connais pas les échecs. Je joue aux Dames (!) tout au plus. Mais j'ai quelques prétentions en termes de Stratégie. J'avais annoncé il y quelques mois à ceux qui voulaient l'entendre (nommément ma voisine de 80 ans qui est -la pauvre- à moitié sourde) que le coup initial de Microsoft était un coup de maitre.

 

Un coup qui n'avait qu'une seule conséquence.

 

Echec et Mat. Checkmate: Yahoo! était déjà mort après ce coup. C'était écrit.

 

 

En retirant son offre pour Yahoo!, Microsoft a démontré qu'il restait le Prince Machiavel de la Technologie.

 

Pourquoi me direz-vous? Elémentaire:

 

-    Yahoo! n'a aucun vrai prétendant (AOL? Google? Soyons sérieux) et ses options en tant que société indépendante sont plus que limitées.

-         En se tournant vers Google, Yahoo! a montré son jeu et a clamé haut et fort que la société Yahoo! n'a aucune confiance en son propre moteur de recherche et sa propre plateforme de publicité online, et donc de fait admet sa défaite tactique (stratégique) sur le terrain -prometteur- des e-publicités.

-         Le cours de l'action va tomber (Je prédis une baisse à deux chiffres ce jour, à l'ouverture de Wall Street)

-      L'année dernière, selon une rumeur récurrente, Microsoft aurait fait une offre pour Yahoo! à $41 par action. Yang & Co auraient dit 'Non'. De même pour une offre à $31. Puis à $33. Si le cours tombe à environ $21, les actionnaires ne vont pas être très très contents. Je sens l'odeur du sang…il n'y a pas d'amis à Wall Street quand il s'agit de business.

-         Il va y avoir moult procès de la part des actionnaires. Pourquoi? Parce que les dirigeants n'ont pas agi pour dans l'intérêt social (de la société). Or la société appartient à ses actionnaires (C'est une profonde conviction: ceux-ci prennent le plus gros risque et ce en la finançant)

-      L'ambiance au sein de cette société doit être excellente… combien de temps avant un nouvel exode des meilleurs talents?

-         Dans les 12 à 24 prochains mois, après que Yahoo! ait bien bu la tasse, Microsoft fera une nouvelle offre, inférieure d'au moins $10 à sa meilleure offre; et Yahoo! acceptera.

 

Jerry Yang et David Filo ont crée Yahoo! à l'université Stanford, en janvier 1994, puis l'entreprise elle-même a été fondée en mars 1995.

Le 12 avril 1996, Yahoo! est coté en bourse avec une mise sur le marché de 2,6 millions d'actions à $13 l'unité, soit un total de $33,8 millions.

 

Jerry Yang a, depuis 12 ans, plusieurs fois loué le marché: des investisseurs (Business Angels, Venture Capital…) ont  cru à Yahoo! et son IPO (Initial Public Offering: Introduction en bourse), et ils ont accompagné la croissance de la société.

 

Mais en refusant les différentes offres de l'Empire du Mal, Jerry & David, ont tourné le dos à ce qu'ils ont porté aux nues, c'est à dire le marché et leurs investisseurs: les actionnaires.

 

Les mots du PDG de MicrosoftSteve Ballmer, vont hanter Yahoo! pendant quelque temps:

 

“I still believe even today that our offer remains the only alternative put forward that provides your stockholders full and fair value for their shares …By failing to reach an agreement with us, you and your stockholders have left significant value on the table. But clearly a deal is not to be.”

 

 

Checkmate they say: The Market giveth and the Market taketh away.

 

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 22:16

La musique est au centre de toutes les convoitises et particulièrement sur le mobile, d'ailleurs tout le monde veut une part du gâteau:

-          Les opérateurs (fixes ou mobiles)

-          Les constructeurs de terminaux

-          Les majors de la musique (il ne leur reste plus que cela comme relais de croissance semble-t-il...)


Nous vivons parfois dans un drôle de monde, ou chacun réinvente la roue et le métier de l'autre et dans l'industrie mobile c'est de plus en plus courant, à tel point que l'on a du mal à voir ce qui va réellement fonctionner!

En 2008 tout le monde souhaite transporter du contenu et chacun souhaite être incontournable pour la distribution voire la production (N’est ce pas Monsieur Lombard ?!)

Nokia n’est pas en reste et lance son service de musique, le service ouvrira ses portes en France le 23 avril prochain et compte bien prendre des parts de marché à Apple (aux USA,  iTunes devancerait désormais Wal-Mart comme distributeur de musique).

Une offre convergente PC/Mobile de la part du constructeur finlandais, déjà présente dans 6 pays Européens: le Nokia Music Store proposera 2,5 millions de titres issus des majors de la musique.

Chaque titre peut être téléchargé quatre fois et gravé cinq fois avec DRM Windows media.


La panacée ? Pas complètement, une récente étude de Jupiter Research sur le marché Américain donne matière à réfléchir:

-          66% des sondés utilisateurs de mobiles affirment ne pas voir l’intérêt d’acheter de la  musique sur leurs portables

-          Ils ne sont que 14% à vouloir payer pour télécharger un titre sur leurs terminaux.


On peut le comprendre, quand hier vous achetiez votre 45 tours (Eh oui je suis vieux) quelques "francs" (j’ai des cheveux blancs vous dis-je !) sans taxe avec la garantie de l'écouter pendant des années et de pouvoir l'emmener, le prêter à qui vous vouliez.... et compatible avec toute platine.....c'est fini !


A ce jour la musique n'est plus aussi libre d’écoute, à la radio peut être encore....Apple lance une idée qui devrait trouver pas mal d'écoute
iTunes WiFi Music Store: pas de frais de téléchargement puisqu’on ne peut s’y connecter que via le WiFi sur iPod Touch.


Mais bon, la vraie musique sur mobile c’est bien le Sideloading, je télécharge (illégalement) de la musique sur PC/Mac, que je transfère sur mon Portable.

Et nos acteurs sus-cités retombent dans leur seul et vrai travers "Puisqu'on vous dit que c’est du mobile ma bonne Dame, donc les règles de l’internet fixe ne peuvent pas s’appliquer, vous le faites exprès ou bien?"

Un peu comme dans un aéroport ou un restaurant d’altitude où le même sandwich vous coute 3 à 4 fois plus cher qu'au dehors,  dans la vraie vie...


On comprend bien la logique du téléchargement illégal (je ne cautionne pas, ni ne pratique, jamais au grand jamais !)

 

Tariq

(Aucune musique n'a été téléchargée illégalement dans le cadre de l'écriture de cet article)

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Published by Tariq Ashraf - dans Mobile
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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 17:04

Iphone, iPhone, que de bruit autour d’un… ‘device’ tel que le veut l’expression consacrée: un terminal… l’adjectif de mobile n’étant plus tout à fait pertinent, ou trop limitatif je pense.

Je l’avoue tout de go, je ne suis pas fan de la marque Apple, ni de l’iPod/iPhone mais malgré cette apparente subjectivité, on peut reconnaître un vrai flair Business de la part de Steve Jobs: il y un Ogre Google, et de même il y a un Ogre Apple dans le secteur des Télécommunications mobiles voire des Telecoms tout court.


Penchons-nous sur l’iPhone: un bel objet, qui créé je pense, une vraie ligne de démarcation…

Passons sur le modèle économique et intéressons nous à l’objet en lui-même…


       1.
      Le téléphone mobile, (re) devient un vrai bien de consommation ‘premium’



Situation/Status Quo:


Les efforts des opérateurs pour attirer et retenir les clients ont eu pour conséquence une véritable politique de type Politique Agricole Commune (en Europe Continentale, UK et USA) pour les terminaux mobiles: je subventionne, donc je suis.


En conséquence, un terminal est subventionné à hauteur de plusieurs centaines d’euros/dollars afin d’attirer le chaland et déclencher l’acte d’achat: ce qui constitue un vrai catalyseur en termes d’habitude de consommation.


Le téléphone devient donc objet de paradoxe: il est au centre de la décision de souscription d’un abonnement mobile, mais devient une vraie commodité, en ce sens que le prix en est l’élément différentiant (définition d’une commodité ou ‘commodity’ en anglais)

Il est vrai que l
es consommateurs n’appréhendent pas (ou alternativement ne veulent pas appréhender) le vrai prix d’un téléphone…


Votre serviteur qui change régulièrement de terminal et ce hors-pack et hors renouvellement de mobile, fait d’ailleurs l’objet de l’étonnement de la part de son entourage à chaque nouvel achat, eu égard au prix payé (financé en grande partie par la revente du terminal précédent)



Faisons un petit parallèle:

J’achète un téléviseur écran plat de type LCD (de marque Sony par exemple): la diagonale est de 46 pouces, il possède plusieurs processeurs qui améliorent la qualité de l’image… une connectique de qualité, je le paye 3 800 euros.

Je suis amplement satisfait car j’ai ‘investi’ dans un bien de qualité… qui trône dans mon salon ‘Home Cinema’ 

Je veux acheter un terminal Nokia N95 8GB, Terminal de type 3G: il possède un écran de qualité (16,7 millions de couleurs) qui me permet de profiter de la puce GPS dédiée, de la musique avec les 8go de mémoire embarquée, le Wifi pour surfer sur Internet, une optique Carl Zeiss pour l’appareil photo qui a une résolution de 5 mégapixels… mais le prix hors pack est de 750 euros…

 


C’est tout bonnement inadmissible !  Et je me mets en quête de renouvellement de mobile, ou de portabilité du numéro afin de changer d'opérateur et ne payer ‘que’ 399 euros, ce qui est tout de même une somme pour un téléphone, ma bonne dame !



Impact de l’iPhone:


L’iPhone, n’est pas du tout subventionné, à 399 Dollars, c’est un terminal haut de gamme (avec une marge brute d’environ 45-55% selon le Cabinet iSuppli:
http://www.isuppli.com/news/default.asp?id=7308)


Ceci n’a pas empêché les clients d’abonder, ce qui démontre que l’iPhone peut (à date) imposer un premium (ou mark up pour les économistes) au niveau prix à ses clients, comme Mercedes, BMW ou Volkswagen peuvent le faire dans l’automobile par exemple.


Si d’autres constructeurs choisissaient comme Apple de court-circuiter la subvention opérateur/distributeur, cela permettrait d’avoir un marché plus sain (en termes d’Economie pure: on tendrait alors en termes de prix et de prix seulement vers un marché de concurrence pure et parfaite)


La valeur perçue d’un terminal serait beaucoup plus en adéquation avec son prix, ce qui aurait pour conséquence (vertueuse) de permettre aux opérateurs de baisser leur prix en termes de services proposés aux clients, les fameux SAC (Subscriber Acquisition Costs) étant réduits… (Ne nous ne leurrons pas, dans ce cas de figure, et dans le meilleur des cas, nos ‘amis’ opérateurs ne feront que partager avec leurs clients l’économie de la subvention)



La conséquence directe du lancement de l’iPhone est de (re-)pousser le terminal mobile dans sa catégorie d’origine, l’électronique de loisirs (Consumer Electronics)




2.      L’interface Utilisateur (User interface en Anglais): un actif de qualité…


Situation/Status Quo:


Les éditeurs de software/OS  mobile ont pour ambition de vendre des produits avec pour objectif d’améliorer l’expérience client (User Experience en Anglais) par le biais de l’interface utilisateur (UI dans la langue de Shakespeare)

On peut l’énoncer sans dévoiler un lourd  secret: ceci n’est qu’un argument de vente (du type: ‘j’ai le même à la maison’), le sourcing de ces ‘softwares’ se fait sur la base d’une amélioration incrémentale (à l’opposé d’un changement radical) en termes de services, de fonctionnalités ou de revenus post-vente (Accord de type Google-Sony Ericsson par exemple, le bouton de raccourci de l’internet mobile envoyant directement sur Google Mobile Search)


Une Interface Utilisateur mobile est donc un avantage comparatif ou un premium qui est n’est que peu ‘tangible’ pour un client et par voie de conséquence, sous-évalué.

 


Impact de l’iPhone:


L’iPhone met l'interface utilisateur qui est intuitive et innovante, sur le devant de la scène, interface qui utilise notamment des capteurs d’orientation, de lumière et de proximité, qui ne sont pas -encore- disponibles sur un autre terminal. Cette interface est primordiale dans l’expérience client et donc dans la proposition de valeur faite à ce dernier: l’UI devient un actif tangible et valorisable (voir partie sur le prix et la marge de l’iPhone).


Un client iPhone lambda est bluffé par l’UI plus que par le wifi, la capacité mémoire ou autre… ce qui vaut moult démonstrations de type ‘diapositives de vacances’ à son entourage…

Le plus important relève du pur Marketing:

-         L’expérience client reprend le pas sur une ‘bête’ liste de fonctionnalités proposées (Bluetooth 2.0 EDR, WiFi 802.11g, 5 Megapixels, optique Carl Zeiss…), si longue et sophistiquée soit elle.

-         … le First Mover Advantage permet toujours de faire payer un premium en termes de prix (même si notre ami Steve a baissé le prix de son iPhone…)

-         Un point important mais non abordé précédemment est bien sûr la valeur d’usage et la valeur d’image associée…


J’achète un iPhone (ce n’est pas vrai d’ailleurs, je ne l’énonce qu’à des fins de démonstration), parce que c’est un bel objet, l’interface est sensationnelle, et puis surtout je peux me pavaner avec devant les collègues qui en seront verts de jalousie…



               3.      Les ODM (Original Device Manufacturer) reprennent des parts de marché…


Situation/Status Quo:


Le top 5 des OEM
(Original Equipment Manufacturer: Nokia, Motorola, Sony Ericsson, Samsung, LG) couvre 82% du marché (au Q1 2007 selon le cabinet Strategy Analytics).



Impact de l’iPhone:


Apple pense vendre 10 millions d’iPhone en 2008, soit 1% du marché annuel des terminaux mobiles. Cela semble raisonnable au vu des chiffres de vente à date…


Ce terminal est assemblé par les Taïwanais Qanta et Foxconn, qui sont des ODM, c'est-à-dire des assembleurs de produits high-tech, voire des constructeurs de produits sur étagère: 87% des ordinateurs portables dans le monde sont assemblés et conçus par des ODM Taïwanais qui les développent pour le compte des HP, Dell et autres qui apposent leur logo.


Les ODM ont conçu et produit des terminaux très sophistiqués du type de l’O² Ice ou du O² Cocoon. Le plus connu est HTC (l’ancien Qtek) qui a produit les différents SPV pour Orange avant de devenir OEM… il existe aussi un français: Modelabs qui a conçu le Glamphone Elle, le Hummer, le MTV Neo et va lancer le prochain terminal Tag Heuer.


Avant l’iPhone ces téléphones n’avaient qu’une part marginale de la production mondiale, et ne pouvaient mettre en œuvre que peu d’économies d’échelle… l’arrivée de ce dernier va ouvrir (en grand) les portes des opérateurs et des marques non mobiles à des fins de conception et la production de téléphone ‘ultra’ customisés…
 

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