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  • Tariq Ashraf
  • Quelques bons mots, un peu d'humour (Anglais), beaucoup de Business (Une deuxième religion), des TMT... somme toute, le regard d'un simple Citoyen (Au sens de la Grèce antique) sur notre société.

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 22:56

Cet article est le dernier d'une série en trois parties, série consacrée au changement d'Operating Model (A venir) des opérateurs mobiles.

Après un premier article destiné à introduire le sujet -Nommément la surconsommation de Data via les réseaux mobiles- et un deuxième essayant de cerner les changements profonds que devront mettre en œuvre les opérateurs (Ainsi que la conséquence inattendue des ces changement), j'aborde dans le présent article, les nouveaux modes de tarification mobile qui vont s'imposer au consommateur.

La croissance de la consommation Data a été LA tendance phare de l'année 2009, et nos amis opérateurs qui attendaient ce phénomène comme le Saint Graal du Business Telecoms en sont pour leurs frais: celle-ci constitue un phénomène à double-tranchant où les revenus Data (Qui sont fixes) ne compensent pas le cout (Qui est variable) de fourniture de cette Data. Non seulement la consommation Data croit à vitesse grand V, mais les experts s'accordent à dire la courbe de croissance serait exponentielle (Et ce, sans même prendre en compte les e-readers, e-books et autres produits d'électroniques qui demain devraient être connectés.)

Que pourraient faire les opérateurs pour enrayer le problème?

Assez traditionnellement une entreprise qui perd de l'argent a un problème de revenus mais aussi de coûts:

-          Dans l'article précédent, j'ai pu évoquer le problème de coûts de la Data mobile et la solution du Fixed Wireless: les opérateurs vendraient alors de la connectivité en mobilité à leur client sous forme de WiFi et le cas échéant de 3G/4G (Ce qui constituerait l'Ultraband prophétisé depuis longtemps)

-          Dans le présent article, je m'attaque aux revenus, en me penchant sur les modalités selon lesquelles les opérateurs mobiles vont pouvoir augmenter le chiffre d'affaires Data,  en modifiant les principes de tarification et en bousculant les codes et les habitudes de consommation des clients.

 

La croissance de la consommation de Data mobile n'en est qu'à ses débuts, les superphones commencent à remplir les catalogues des opérateurs, la plateforme Android est prête à déferler (Pour les terminaux mobiles dans un premier temps…) sur le monde… et les opérateurs mobiles commencent déjà à souffrir de problèmes de réseaux dus à cette consommation effrénée: AT&T aux Etats Unis, O2 au Royaume Uni souffrent de tensions sur leur réseau dues au phénomène de l'iPhone notamment.

Vous chantiez ?

Ainsi en 2009, le même AT&T a ajouté 2000 stations radio afin de faire face à la charge imposée à son réseau par l'iPhone dont il est le fournisseur exclusif aux USA. Verizon Wireless a de son coté commencé à déployer de la fibre optique afin de relier ses sites radio à son cœur de réseau -Ce qu'on appelle la desserte- (SFR mettant de son coté une expérimentation sur le sujet en France): la qualité du réseau en est d'ailleurs redevenue un avantage concurrentiel, en termes marketing tout du moins.

Les coûts de fourniture Data explosent alors que les revenus n'augmentent pas ou peu… et malgré leurs hauts cris, les operateurs sont responsables de ce phénomène, qu'ils appellent eux même la "Onzième plaie d'Egypte" (Véridique!): ces derniers ont voulu la transition de ce type de service d'une phase balbutiante/de lancement à un marché de masse, et l'ont eue… sauf que leur modèle lui est resté assez statique car basé sur des forfaits Data mobile:

-          Identiques pour tous les consommateurs ('One-size-fits-all’)

-          Illimité ('All you can eat') ou presque…

-          De type flat-rate (Prix Fixe)

Cette situation n'est pas viable pour les opérateurs, ne serait-ce que parce que la masse des clients n'a pas une consommation identique mais différentiée et segmentée avec plusieurs types de cas d'usage… Or, les forfaits mobiles Data restent eux monolithiques: proposer des forfaits flat-rate (All-you-can-eat)  implique un business model où l'on peut prédire la consommation des clients, or l'iPhone a démontré que les prédictions de consommation faites par les opérateurs se sont avérées erronées.

Dès lors les opérateurs sont dos au mur et doivent adopter des modèles de tarification basés sur l'usage et donc segmentés selon les habitudes de consommation de leurs clients: Ils ont d'ailleurs commencé à plancher sur un système de tarification beaucoup plus dynamique (Et complexe à mettre en œuvre) et en phase avec les contraintes d'un réseau mobile.

J'en suis fort aise…

Certains opérateurs européens sont ainsi en train de tester des modèles de tarification de type Hat Trick ou 3-en-1 permettant de répondre aux besoins des consommateurs, augmenter leur chiffre d'affaires et de gérer le trafic sur leurs réseaux mobile. En s'appuyant sur des solutions de sociétés comme Vollubill, Bridgewater Systems, HP, IBM ou Camiant ils estiment pouvoir instancier une tarification véritablement variable.

Ces modèles sont de plusieurs types, ils proposent de plafonner le volume de téléchargement comme c'est le cas maintenant, ou d'appliquer une tarification différentiée lors de l'engorgement du réseau comme le pratiquent les câblo-opérateurs aux Etats-Unis par exemple.

Chacune des solutions envisagées (Et détaillées ci-après) possèdent des avantages et des inconvénients et il semble assez probable que les opérateurs vont recourir à un éventail de mesures… qui vont changer notre façon de consommer et de payer la Data mobile.

1.       Mise en place de plafonds Data (T'es pas 'Caps')

La mise en place de plafond Data est la solution la plus élémentaire et simple à mettre en œuvre… et la moins intéressante pour les consommateurs: celle-ci consiste à définir une limite de téléchargement pour les consommateurs, et à punir facturer ces derniers au-delà de cette limite afin de les empêcher de consommer plus.

Bien sur les opérateurs ont des clauses dans les contrats proposés actuellement, qui permettent de limiter les débits Data au-delà d'un certain volume, mais ne communiquent pas ou peu sur ces limites et en conséquence n'éduquent pas les clients en ce sens.

2.        Instauration de Paliers d'usage

La tarification par palier d'usage ou Tiered-pricing consiste à établir des fourchettes de consommation Data (En durée ou en volume) et à y associer un prix différentié.

Une variante consiste à laisser aux consommateurs le choix entre différents niveaux de service comme le fait Vodafone Espagne pour ses clients professionnels: en utilisant une solution logiciel de l'éditeur Vollubill, l'opérateur propose des packages Silver, Gold et Platinum.

Le niveau de service Platinum permet une consommation de 5 Go de données par mois, ce volume étant garanti par l'opérateur, au-delà le téléchargement de données se faisant en mode best-effort selon les contraintes réseaux. Certains services comme la Video (Au-delà d'une certaine qualité et donc d'un certain débit) étant par défaut en best-effort. Bien sur l'opérateur peut proposer à ses clients, moyennant finance, de passer sur le package supérieur.

L'intérêt est évident pour l'opérateur qui monétise non pas le téléchargement de données mais la priorité donnée à celle-ci et in fine la Qualité de Service.

L'inconvénient majeur de cette solution est de contrevenir à la mobile neutrality même si l'opérateur évoque une ’gestion raisonnable de son réseau'

Une autre difficulté consiste à éduquer les consommateurs et à communiquer sur leur consommation afin qu'ils puissent faire leur choix de palier et de consommation Data en conséquence.

3.        Tarification liée à l'engorgement du trafic (Congestion Pricing)

Ce type de tarification est évoqué depuis un moment par nos amis opérateurs, qui estiment que les consommateurs sont prêts à l'accepter, même si à ma connaissance personne ne l'a mis en œuvre jusqu'à présent.

L'idée est d'appliquer un prix différent à chaque megaoctet téléchargé selon qu'il soit téléchargé lors de pics de charge réseau ou à des périodes où la bande passante disponible est plus importante... comme le fait la Congestion Charge qui régule le trafic dans Londres Intra-muros.

Une variante consiste à appliquer un prix plus élevé pendant ces périodes d'engorgement réseau pour les usages forts gourmands en Data comme la vidéo par exemple.

4.        Plans tarifaires personnalisés

La société canadienne Bridgewater Services a lancé en juin dernier un service nommé MyPolicy permettant de proposer des plans personnalisés aux consommateurs: l'idée est de laisser les clients évaluer eux-mêmes leur consommation Data puis de les aider à choisir la façon dont ils vont allouer la bande passante (Qu'ils ont choisie) aux services qui leur sont importants.

Certains consommateurs préférant garder une facture avec un montant fixe plutôt que de s'embarquer dans une consommation effrénée qui résulterait en une facture avec un montant variable/salé. Ce système permettrait aux clients de faire des choix de Qualité de Service entre le streaming video et la VoIP par exemple.

A tous ces modes de tarification s'ajoute bien sur l'offload de données vers les réseaux fixes via WiFi (Fixed Wireless comme évoqué dans mon article précédent) qui constitue une tendance de fond.

Eh bien, Dansez maintenant!

2010 restera comme l'année où le haut débit mobile a changé de nature en redevenant ce qu'il est vraiment, c'est-à-dire une ressource finie… les opérateurs vont au cours de cette année commencer à changer leur tarification et leur marketing associé… et les consommateurs quant à eux, vont devoir gérer leur consommation de données en mobilité en y prêtant attention ils le font déjà pour leur consommation d'électricité ou d'eau…

Et il faudra effectivement être vigilant: pour preuve l'opérateur Verizon Wireless a dans ses cartons, une tarification comprenant un abonnement de base permettant l'accès au réseau de l'opérateur, auquel s'ajoute le prix du volume de Data téléchargé.

Dès lors la question est de savoir si ce modèle ressemblera à celui des câblo-opérateurs qui proposent un abonnement élevé et des services premium coutant (Relativement) peu cher, ou à celui de la fourniture d'électricité, avec un prix de base (Relativement peu) élevé avec un prix conséquent par unité consommée.

A moins que les opérateurs ne reviennent à leurs vieux démons  avec des forfaits à prix élevé avec du 'hors-forfait' a des tarifs prohibitifs.

Mais je n'ose envisager cette éventualité…pour preuve en 2008 (Une éternité dans les Telecoms) j'écrivais dans un article consacré à la Musique sur Mobile:

"Et nos acteurs sus-cités retombent dans leur seul et vrai travers "Puisqu'on vous dit que c’est du mobile ma bonne Dame, donc les règles de l’internet fixe ne peuvent pas s’appliquer, vous le faites exprès ou bien?"

Un peu comme dans un aéroport ou un restaurant d’altitude où le même sandwich vous coute 3 à 4 fois plus cher qu'au dehors,  dans la vraie vie... "

Si je me rappelle bien l'adage consacré est: "Plus ça change, plus c'est la même chose…"

 

@TariqAshraf

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 22:05

Cet article est le deuxième d'une série en trois parties, série consacrée au changement d'Operating Model (A venir) des opérateurs mobiles.

Après un premier article destiné à introduire le sujet -Nommément la surconsommation de data via les réseaux mobiles-  j'essaye de cerner comment les opérateurs peuvent réagir… mais aussi de cerner les conséquences inattendues de ce phénomène.

L'industrie des télécommunications mobiles, est sur le point de faire sa révolution copernicienne dans le domaine de la data et de l'Internet mobile:

Jusqu'il y a peu, les opérateurs concernés étaient déçus par la Data;  le sujet a été monté en épingle, et malgré quelques (Rares) succès, il y a eu beaucoup d'échecs (La publicité télévisée pour 'Gallery' n'étant que la partie émergée de l'iceberg), et la croissance prévue n'a jamais été au rendez-vous.

Or depuis l'année dernière, les choses ont changé, les opérateurs sont passés d'une situation du type 'Comment va-t-on gagner de l'argent: Personne ne veut utiliser la data mobile' à une situation du type 'Comment va-t-on faire: il y a une telle demande pour la Data mobile, que cela va détruire le réseau… Que Dieu nous vienne en aide...'

Sous la pression, les opérateurs vont donc devoir trouver des solutions à leur problème:

-          Education des clients en termes de consommation Data, avec à la clé un changement de modèle de tarification.

-          Recours au WiFi qui constituera LE Moyen de consommation de data pour les terminaux mobiles

Paradoxalement ces solutions vont instancier une tendance longtemps prophétisée, mais jamais réalisée jusqu'à présent: la convergence fixe-mobile, et ce sous la forme d'une connectivité Data sans couture.

 

Les opérateurs mobiles font donc face à une explosion de la consommation de data: aux Etats Unis par exemple celle-ci a été multipliée par 18 en 30 mois… or l'évolution naturelle d'une infrastructure 2G/3G pour un opérateur est de doubler la capacité tous les 24 mois… l'effet de ciseaux est donc considérable!

La vaste majorité de la consommation de data mobile est à destination de l'Open Internet, c'est-à-dire en dehors du réseau de l'opérateur (Pas de Walled Garden sur le portail Opérateur, ou  -Dieu nous en préserve- de Gallery)

Or le cœur de réseau mobile des opérateurs mobiles est une architecture complexe destinée à mettre en œuvre des services fortement différentiés, avec une granularité très fine ne serait-ce qu'en termes de valorisation et de facturation des offres. Les clients passent donc par un super périphérique (A péage certes), pour arriver sur l'autoroute… sauf que ce n'est pas sa vocation première, loin de là, et que chaque passage coute à l'exploitant.

La qualité de service mobile demandée(Ou plutôt exigée) est très élevée contrairement au réseau Internet qui est par nature un réseau de type 'Best Effort', ce qui en fait du réseau mobile un réseau très onéreux à déployer mais aussi à maintenir… et même si nos amis opérateurs mobiles ont appliqué un fort premium prix sur les services jusqu'à maintenant, la consommation effrénée des clients utilisant leurs forfaits data 'illimités' est désormais en train de les mettre à genoux… ces derniers voulant simplement accéder à Internet.

 

Running with Scissors

Cet état de fait a pour cause l'iPhone et sa facilité d'usage… qui a saturé nombre de réseaux mobiles, mais aussi les cartes 3G pour ordinateurs portables, ces deux tendances ont crée un véritable point d'inflexion de la consommation de data:

-          Les Smartphones, selon une étude de l'équipementier Cisco ces derniers génèrent une consommation de données 40 fois plus élevée que les simples téléphones classiques (Feature Phones), donc si l'on convertit 10 millions de personnes à l'utilisation de smartphones, cela constitue l'équivalent de 400 millions de clients utilisant des Feature Phones

-          Un ordinateur portable génère selon la même étude et la même mesure, plus de 450 fois plus de données qu'un Feature Phone, si on ajoute à ces portables une connectivité 3G via des clés 3G, la charge sur le réseau mobile sera donc énorme et les conséquences…dramatiques.

Ceci devient intéressant avec l'essor des netbooks et autres petits ordinateurs portables avec un abonnement Data 3G: les opérateurs mobiles proposent ces derniers avec une subvention non négligeable, si vous êtes prêts à vous abonner sur 12 ou 24 mois…

Selon In-Stat, en 2010, 30% des ordinateurs portables seront vendus par les opérateurs mobiles avec des abonnements 3G (Lien vers l'étude)

En faisant un petit calcul, si l'on part sur des ventes mondiales de 150 Millions d'ordinateurs portables par an, cela nous donne 50 Millions d'ordinateurs connectés en 3G, soit l'équivalent de 20 milliards de feature phones sur un réseau mobile…

 

Jusqu'ici tout va bien, Jusqu'ici tout va bien… (Trop de data, j'ai donné déjà)

On peut comprendre que ce type de prévision puisse engendrer une sorte de panique chez les opérateurs… le consensus chez ces derniers est qu'il est n'est pas possible de développer leurs réseaux assez rapidement pour faire face à la croissance du trafic data et ce pour plusieurs raisons:

-          Les opérateurs n'ont pas les moyens de construire et de développer une telle infrastructure

-          Même s'ils le pouvaient, il n'y aurait pas assez de bande passante pour prendre en charge toutes ces données et ce même avec la 4G LTE

-          Les techniques de Traffic-Shaping (Le contrôle du trafic d'un réseau dans le but d’optimiser/de garantir les performances en limitant l'accès ou le débit de services mobiles) et de tiered pricing (Qui consiste à tarifer la consommation par palier d'usage) pour la data mobile seront mises en œuvre systématiquement, mais il reste à prouver qu'elles vont restreindre la croissance data…

-          …car les clients ne vont pas apprécier de passer de l'Internet Mobile "Illimité" à l'Internet Mobile 'hors de prix' ("Ce n'est pas une révolte Sire, c'est une révolution…") et nos amis opérateurs vont devoir jongler entre leurs réseaux surchargés et la peur de perdre des clients (Tout court, ou à la concurrence)

Les opérateurs mobiles disposent dans leurs cartons de nombreuses projections qui démontrent par A + B que ces derniers vont perdre de l'argent sur la fourniture de data mobile, les couts augmentant plus vite que le chiffre d'affaires: le Danger est  leur pire cauchemar, c'est à devenir un fournisseur de type Utilities sans aucune valeur ajoutée pour leurs actionnaires.

 

Ecologie des Telecoms: la bande passante mobile est une ressource rare, il va falloir la préserver.

Le WiFi? Désormais recommandé par votre opérateur: pendant de nombreuses années les opérateurs mobiles ont honnis le WiFi et essayé d'empêcher les consommateurs d'utiliser ce type de connexion, trouver un terminal ayant ces fonctionnalités était d'ailleurs fort difficile il y a quelques années…

Désormais c'est le contraire, il est difficile de trouver un smartphone n'ayant pas de WiFi intégré, et les opérateurs encouragent les constructeurs à l'intégrer et les clients à l'utiliser via leurs hot-spots.

Les techniques de Traffic Shaping? Elles existent, c'est la vie,  les opérateurs comme les clients vont devoir s'adapter.

Les opérateurs limitent déjà les performances des services et applications mobiles qui consomment le plus de données et de bande passante (Youtube par exemple), ils ne le clament pas, et sont discrets sur le sujet (Sauf lorsque les pouvoirs publics les obligent à le mentionner).

Pour le moment les consommateurs n'ont pas trop réagi: il est difficile de savoir pourquoi tel ou tel site est plus ou moins lent un jour/moment donné, mais cela va changer: de plus en plus de restrictions vont s'appliquer en termes de débit ou d'usage (Ecrit en petits caractères dans votre contrat: "L'opérateur se réserve le droit…") et nous allons nous retrouver dans une situation similaire a celle des compagnies aériennes US qui essayent de gérer le mécontentement de leurs clients (Au vu de la piètre qualité de service rendue) et d'en limiter les conséquences.

Ce que peuvent faire les opérateurs

Communiquer, éduquer leurs clients sur leur propre consommation data afin que ces derniers puissent la gérer. Il faut laisser les clients prendre leur propre décision: quelle application mobile ou quel service va utiliser quelle quantité de mon  quota de bande passante. Un simple Widget sur l'écran par exemple permettrait d'afficher la quantité de données transférée, comme est déjà affichée la couverture réseau et le niveau de la batterie.

Des API ('Application Programming Interface') permettraient aux sites web ou aux applications de gérer le niveau de service selon le niveau de bande passante disponible (L'application Facebook sur iPhone par exemple, gère la qualité d'affichage des images selon le type de connexion: en 3G la qualité est moindre, en WiFi elle est nominale)


Si on ajoute à tout cela une tarification à l'usage (Mon point suivant), les clients vont faire leur propre Traffic-Shaping, et il ne sera plus nécessaire de "manipuler" le réseau de manière… sournoise diraient certains.

 

Votre opérateur vous propose les Limithics: des forfaits…Limités

Comme je l'ai évoqué, les forfaits “illimités" actuels (Qui ne les sont pas vraiment) ne peuvent pas durer… l'équation économique ne tient pas la route…

Que faire alors me demanderez-vous? Revenir à une tarification à l'octet téléchargé?… Nous reviendrions alors plusieurs années en arrière, à l'époque où ce type de tarification constituait un obstacle à la consommation de data.

Ce que peuvent faire les opérateurs

Une solution consiste à proposer un forfait data avec une limite claire, avec au delà  non pas du hors-forfait (Mortel en termes d'habitude de consommation, de facture mais aussi de relation client) mais une tarification par palier.

Dans ce cas de figure le plafond initial de données consommées doit être à un niveau que les consommateurs modérés (Comme votre Serviteur) n'atteindront presque jamais, afin de ne pas les limiter dans leurs habitudes de consommation, le Widget d'affichage de consommation mentionné précédemment, permettant de les rassurer (Aller sur un site web ou utiliser une application n'est pas suffisant, l'information doit être affichée à l'écran)

Ceci implique une véritable révolution culturelle pour nos amis opérateurs qui n'ont pas trop l'habitude d'être transparents sur la consommation de leurs clients, (Je ne parle même pas des systèmes réseaux et d'informations qui doivent être mis à jour pour permettre cette relation de confiance transparence).

En fin de compte, les opérateurs doivent traiter leurs clients comme des adultes en leur expliquant les choses et ce que tel ou tel forfait inclut et ce qu'il n'inclut pas et ce afin de gérer leur problème de surcharge réseau.


WiFi as the Killer Saviour both Saviour AND Killer Application

Les solutions évoquées précédemment, ne peuvent résoudre à elles-seules le problème de surcharge réseau, qui est un problème d'inadéquation entre l'usage de l'infrastructure mobile et la nature de cette même infrastructure.

Tout réseau (mobile) tend à être fixe à un moment donné... plus le réseau est mobile, plus il coute cher à déployer (CAPEX: Capital Expenses)  mais aussi à utiliser (OPEX: Operating Expenses) et c'est bien ce ratio 'Mobile-to-Fixed' qui constitue le levier des opérateurs en termes d'Operating et de Business Model.

Ces derniers ont donc tout intérêt à se tourner vers un autre type de réseau…le réseau fixe… qu'ils vont exploiter afin de faire du Fixed Wireless

Bien sur la plupart des opérateurs proposent des hots spots WiFi  à leurs clients, mais nombre d'entre eux envisagent désormais le WiFi comme le sauveur de leur réseau mobile, qui pourrait leur permettre de détourner la consommation de données des terminaux mobiles vers un réseau de type sans fil mais fixe (!) qui fonctionnerait de pair avec les réseaux de type 3G et 4G.

Ce que peuvent faire les opérateurs

La configuration idéale serait un opérateur intégré fixe-mobile, ou un opérateur mobile bénéficiant d'un accord de partage de revenus (Revenue-sharing) avec des opérateurs de téléphonie et d'internet haut débit fixe. Dans ce scénario, votre fournisseur d'accès vous donnerait un routeur/modem Wi-Fi qui serait préconfiguré pour partager automatiquement la bande passante non utilisée avec des terminaux mobiles dans la zone couverte par le routeur (Comme le fait un certain 'Free'...)

Votre propre consommation serait prioritaire, et les terminaux mobiles tiers se connecteraient sans que leur propriétaire ne le sache.

L'équation économique est dans ce cas assez limpide, en ce sens que pour un opérateur le cout de subvention de stations de base WiFi est facilement plus compétitif que l'installation de stations radios mobiles.

On peut pousser le raisonnement jusqu'au bout, en envisageant des scenarii ou des FAI vendraient leurs capacités WiFi 'non utilisées' dans des zones ou le réseau mobile serait congestionné.


Ce recours au WiFi va d'ailleurs tuer dans l'œuf les Femtocells, ces mini-stations radio à installer dans les foyers, qui sont reliées à l'internet haut Débit filaire et qui permettent aux terminaux de se connecter en 3G: ces dernières devaient permettre aux opérateurs d'économiser des couts liés au réseau mobile en faisant passer le signal radio par l'Internet haut débit filaire comme l'ADSL ou la fibre (40% des usages voix et data étant générés au sein du foyer)

Pour avoir bien étudié le sujet, au delà des problèmes techniques, et de l'absence de marketing, voire des erreurs flagrantes de marketing, les CAPEX et les OPEX associés ne sont pas intéressants… et les clients sont limités par la bande passante 3G jusqu'à la femtocell: celle-ci constituant un goulet d'étranglement pour les connexions.

 

La conséquence de tout cela? LA véritable Convergence Fixe-Mobile ma bonne Dame!

Sous la pression des couts mobiles qui explosent, les opérateurs sont en train de s'orienter vers un réseau data qui va englober une connectivité fixe ET mobile, et qui pourra permettre de passer de l'un à l'autre sans couture aucune et ce afin de réduire leurs couts de fourniture de service.

Bien sur, cette convergence fixe-mobile constitue l'Arlésienne des Telecoms: tout le monde en parle depuis des années…Mais jusqu'à maintenant le focus était le handover (Passage) de la voix entre la connexion Mobile et la connexion Internet WiFi: ce handover étant très difficile à mettre en œuvre pour des raisons de qualité de Service.

Or la convergence voix, n'est pas du tout une préoccupation client, et encore moins une préoccupation des opérateurs: le réseau voix n'est pas celui qui est surchargé.

C'est bien la data qui nécessite la mise en œuvre de la convergence Fixe-Mobile: dos au mur, les opérateurs mobiles vont mettre en place des solutions réseau et terminaux permettant un handover Data,  mais aussi (Et surtout) une recherche automatisée et transparente de la connexion réseau la plus pertinente en termes de bande passante et de couts.

Ainsi à terme, la plupart des connexions mobiles utiliseront le WiFi, le réseau 3G/4G sera un palliatif à l'absence de connexion WiFi, les opérateurs mobiles proposeront de la connectivité à leurs clients, qui ne se préoccuperont que peu du mode de connexion…

Le réseau fixe fournira une connectivité haut débit au sein du foyer, au bureau ou en extérieur, le réseau mobile permettant de pallier à ce dernier lorsque nécessaire (La seule inconnue étant le split de revenu entre l'opérateur fixe et l'opérateur mobile, une bonne foire d'empoigne en perspective et une nouvelle définition du off-network)

 

Pour revenir aux prédictions et autres oracles, les enthousiastes avaient raison: les prédictions concernant un monde Ultraband (Et non pas Ultrabrite) où nous serons tous connectés, partout, tout le temps et à haut débit sont donc vraies…l'Ultraband va arriver et plus vite qu'on ne le pense.

Les enthousiastes avaient raison… mais les Cassandre aussi, l'Ultraband n'existera pas sous la (Seule) forme de réseaux mobiles, mais plutôt associé à des réseaux permettant une connexion en mobilité comme le permet le WiFi.

La situation est somme toute ironique: les opérateurs mobiles se voyaient comme les futurs Rois de la communication data: tous les terminaux devaient avoir des connexions 3G, et les opérateurs de Telecoms fixes comme les câblo-opérateurs ou les opérateurs historiques allaient devenir des entreprises de 2ème zone.

Et bien tel est pris qui croyait prendre: non seulement l'essor de l'Internet Fixe haut débit a favorisé ces opérateurs 'ringards', mais désormais il est évident que pour le salut des opérateurs mobiles, la consommation de données mobiles passera par les mêmes opérateurs… et à terme, la notion de consommation de data, mobile, en mobilité ou fixe importera peu pour les consommateurs qui préféreront se focaliser… sur la durée de leur batterie.

 

@TariqAshraf

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 22:43

C'était un bar un peu tendance, non pas lounge, ou hype, mais plutôt jeune bobo: un de ces endroits où se retrouvent des jeunes adultes encore étudiants, ou des jeunes diplômés qui viennent de rentrer dans la vie active…

En tout cas, ce n'était pas l'endroit où je pouvais m'attendre à trouver deux cadres dirigeants…

Arrivé depuis déjà une heure, j'avais fait le tour des personnes présentes et je guettais l'entrée en me demandant si mon contact ne s'était pas moqué de moi: en pensant à une probable traitrise, je m'imaginais déjà moult représailles…c'est à ce moment qu'un Directeur -Membre du COMEX- d'une grande entreprise de Télécommunications fit son entrée, suivit quelques minutes plus tard d'un Dirigeant d'une Firme Web.

Ce n'était pas un tuyau percé, bien au contraire: ces messieurs avaient effectivement arrangé un rendez-vous à l'abri des regards indiscrets…

 

Barman: Qu'est ce que je vous sers?

Dirigeant Telecoms: une bière blanche s'il vous plait.

Dirigeant Web: Une Margarita avec une pincée de sel, par contre si c'est une Frozen Margarita, je prendrais un Manhattan à la place.

Barman: Une bière donc… c'est bien ça?

Dirigeant Web: …une…<Bière mexicaine> avec un zeste de citron vert, cela sera très bien.

Dirigeant Telecoms: Merci d'être venu, t'as pas eu trop de problèmes pour trouver l'endroit?

Dirigeant Web: Je remercie surtout mon GPS… je m'aventure peu en dehors de la rive gauche tu sais.

Dirigeant Telecoms: J'ai essayé de trouver un endroit discret où l'on ne serait pas reconnus, déjà que Bruxelles nous met la pression, je ne veux pas qu'en plus, on nous accuse de collusion ou d'entente.

Dirigeant Web: Ne t'inquiète pas, mon équipe pense que je fais du surf à Biarritz… et toi quelle est ta couverture?

Dirigeant Telecoms: De la voile près des Glénans.

Dirigeant Web: J'aurais du m'en douter… bon tu voulais discuter du problème d'engorgement Data sur ton réseau ?

Dirigeant Telecoms: …sauf que ce n'est pas que MON problème, c'est bien NOTRE problème à tous les deux.

Tes sites Web inondent mes réseaux avec du contenu…que je qualifierais de hum… étrange. L'infrastructure mobile est sur le point de tomber, car tes utilisateurs n'ont rien de mieux à faire que de regarder des vidéos de chatons qui grimacent ou d'un gars qui fait du kart dans les rues de Paris déguisé en Mario…

Dirigeant Web: Bienvenue sur Internet mon gars. Vox Populi, Vox Dei. Si vous ne vouliez pas jouer, il ne fallait pas faire autant de communication et de publicité sur l'internet mobile. Tu te rappelles de vos promesses? Consultation d'emails quel que ce soit l'endroit, téléchargement de fichiers quasi instantané, navigation Internet 'Comme à la Maison', Streaming video…

Dirigeant Telecoms: Oui, bon, les gars du marketing se sont emballés… tu sais comment ils sont, en plus ils ne parlent pas avec les équipes du réseau: ce ne sont pas les meilleurs amis du monde…

Et puis qui aurait pu croire que les campagnes en question marcheraient?

Dirigeant Web: Ne me regarde même pas,  je n'ai jamais fait de campagne marketing de toute ma vie… à mon avis tout ça c'est de la faute d'A--

Dirigeant Telecoms: On avait convenu de ne pas parler d'A--

Dirigeant Web: OK, ok… mais bon je ne vois pas où est le problème, vous n'avez qu'à rajouter des sites mobiles, et des serveurs, des trucs comme ça quoi.

Dirigeant Telecoms: Ce n'est pas aussi simple, le réseau n'est pas fait pour gérer ce genre de données, et je ne parle même pas des volumes qui sont exponentiels. Notre problème le plus criant concerne la desserte (Backhaul en Anglais), le trafic entre nos sites radio mobiles et notre cœur de réseau. Et puis même si nous arrivions à résoudre ce problème, ce sont nos sites radios qui seraient saturés… bref, il faut repenser tout le réseau et cela va couter…bonbon.

Dirigeant Web: So what? C'est bien pour cela que tes clients dépensent leur argent et que tu les factures non?!

Dirigeant Telecoms: Oui, oui mais la grande majorité de ces derniers ont des forfaits data flat-rate avec un prix fixe pour un volume de données non plafonné: donc si on rajoute de la capacité réseau, on ne récupère pas forcément du chiffre d'affaires supplémentaire: de fait j'engage des dépenses sans aucune contrepartie en monnaie sonnante et trébuchante… si cela continue comme cela, toute l'industrie du mobile va perdre de l'argent sur la data mobile.

Dirigeant Web: Cela me fend le cœur…

Dirigeant Telecoms: Fous toi de moi je ne te dirais rien! Mais t'inquiète, on a trouvé la parade: nous allons contacter les 5% de nos clients qui produisent 50% du trafic et leur imposer des plafonds de téléchargement… et leur facturer tout dépassement, ça va bien les calmer.

Dirigeant Web: Oulala tu t'emballes là, tu parles de mes meilleurs visiteurs, tu ne peux pas les handicaper comme cela!

Dirigeant Telecoms: Je vais me gêner! Ce sont des vraies sangsues qui aspirent toute la capacité réseau, capacité qui est nécessaire pour que les autres clients puissent disposer du minimum de qualité de service acceptable.

Dirigeant Web: Les consommateurs ne vous laisseront jamais imposer des plafonds qui soient aussi restrictifs, vous leur avez vendu des forfaits 'illimités', vous avez crée une véritable attente client…

Vous ne pouvez pas faire marche arrière et dire que ce n'est pas le cas… les clients/consommateurs ne comprendraient pas… et surtout ne vous le pardonneraient pas.

Dirigeant Telecoms: Ouais, ouais, de toute façon les forfaits ne sont pas vraiment illimités, c'est bien précisé dans les conditions générales.

Dirigeant Web: …écrit en petits caractères, caractères que personne ne lit.

Dirigeant Telecoms: …en off Tu marques un point... mais bon il va falloir les éduquer. Tiens si je me rappelle bien, tu as fait tes études en Californie?

Dirigeant Web: Et donc, quel est le rapport?!

Dirigeant Telecoms: Et bien si tu te rappelles bien, il y quelques années il n'y avait pas de compteur d'eau en Californie… ceux-ci sont devenus obligatoires dans les grandes villes il ya quelques temps et seront obligatoires dans tout l'état sous peu. C'est bien la preuve qu'une ressource illimitée est 'devenue' limitée du jour au lendemain et que le consommateur a adapté son comportement.

Dirigeant Web: Pas mal, pas mal… sauf qu'en ce qui concerne ma consommation d'eau, j'ai accès à mon compteur pour savoir où j'en suis.

Si vous signalez au client qu'il vient d'atteindre le quota de forfait data prévu (Avertissement qui  constitue actuellement  une option pour la voix, gratuite certes, mais une option quand même), les consommateurs ne vont plus vouloir utiliser le Web mobile… ou pire les autorités administratives nationales voire communautaires vont s'en mêler: un remake du Roaming en fait…

Dirigeant Telecoms: Arrête avec ça, je ne l'ai pas encore digéré ce coup là… Bon et bien nous allons mettre en place une sorte de compteur de trafic et les consommateurs connaitront la quantité de data téléchargée par page.

Dirigeant Web: GENIAL cela va achever de tuer Yahoo!.

Dirigeant Telecoms: Quoi?!

Dirigeant Web: Oups, je viens de dire ça à voix haute?! <Rires>

Dirigeant Telecoms: Et bien sur il y a le problème des sites web et des programmes qui n'utilisent pas le réseau comme ils le devraient…

Dirigeant Web: Tu ne vas pas remettre ça…

Dirigeant Telecoms: Ne t'inquiète pas, je ne parle de complètement bloquer quoi ce soit, mais plutôt de prioriser un petit peu l'accès et le trafic. Les appels aux urgences comme les Pompiers, la Police, le SAMU doivent être prioritaires sur le réseau, n'est ce pas?

Dirigeant Web: Bien sur, c'est évident.

Dirigeant Telecoms: …et la voix doit être prioritaire sur la data.

Dirigeant Web: Je n'en suis pas si sur…

Dirigeant Telecoms: Arrête avec cela, à quoi bon avoir un réseau telecoms si on ne peut l'utiliser pour faire des appels voix?!

Dirigeant Web: Sauf si on utilise la voix comme un service data

Dirigeant Telecoms: Bon, on avait dit qu'il y avait une trêve temporaire, et qu'on ne parlait pas de ton abomination de programme VoIP… mais *POUR TON INFORMATION* si AT&T ne s'est pas laissé faire, je ne me laisserais pas faire non plus…

Dirigeant Web: Ok, ok calme toi… ce n'est que partie remise: cela sera l'objet d'une autre bataille, ne t'inquiète pas.

Dirigeant Telecoms: Je reprends, il n'y donc aucun mal à prioriser le trafic, avec l'email ayant la priorité sur la video…

Dirigeant Web: Sauf que si tu commences à squeezer une partie du trafic, je ne peux plus maitriser l'expérience utilisateur. Mon site web sera donc impeccable sur le réseau de X, mais sera incroyablement lent et pourri sur le tien… ou pire il s'affichera très bien certains jours et s'affichera mal certains autres et ce sur le même réseau. A ton avis, comment vont réagir les clients?!

Dirigeant Telecoms: Ils seront mécontents certes, mais pas autant que si le réseau tombait complètement. Et puis nous avons déjà installé du software afin de prioriser certains paquets de données, on pourrait 'Squeezer' -comme tu dis-, une partie du trafic et tu n'en saurais rien.

Dirigeant Web: …faut pas me prendre pour un débile profond, je le saurais et plus rapidement que tu ne le penses, et puis pire que tout, tes clients le constateraient eux-mêmes dans la durée…

Je leur fais amplement confiance pour comparer leur expérience utilisateur et poster sur des sites web afin de faire le choix de leur opérateur en conséquence… et puis les associations de consommateurs en feraient leur choux gras en pulvériseraient les records de vente de leurs magazines au passage.

Je peux d'ailleurs te garantir que les startups web ne se priveraient pas pour aider les consommateurs dans leur choix: 'Nous recommandons le réseau XXX afin de profiter pleinement de nos services'

Les méchants opérateurs s'en prendraient plein la figure, et puis si cela ne suffit pas, nous en appellerions au régulateur…et là, vous comprendriez votre douleur!

Je n'ai pas investi une fortune dans un site de partage de videos qui commence à peine à gagner de l'argent pour que vous me le pourrissiez en foulant aux pieds la net/mobile neutrality.

Dirigeant Telecoms: Parce que vous croyez être des 'cadors' du lobbying, Monsieur 'Je ne fais pas de mal'?

Ecoute moi bien l'ami, nous sommes dans le business des Telecoms depuis plusieurs dizaines d'années, on faisait déjà du lobbying quand tu te baladais tout nu dans la boue à Woodstock. Et de toute façon on ne peut nous refuser le droit de protéger NOTRE réseau.

Dirigeant Web: Protéger ton réseau, tu veux plutôt dire protéger tes services de la concurrence!

Dirigeant Telecoms: Mais qu'est-ce qu'il a le Parasite Libertaire! Espèce de Soixante-Huitard attardé!

Dirigeant Web: Réactionnaire, monopoliste capitaliste!

Dirigeant Telecoms: Mais je vais lui péter le nez!

Tout allait partir en…sucette, les deux dirigeants se levèrent en faisant valser leurs tabourets, M. Telecoms cassa sa bouteille de bière (A moitié remplie) sur le bar, et M. Web attrapa un tabouret à deux mains (Alors qu'un gars était encore assis dessus)

Le Barman les attrapa alors tous les deux par l'oreille pour les calmer…

Barman: Bon, y en a marre de vos ******ries! On dirait deux adolescents!

Monsieur l'Ingénieur Telecoms, vous êtes timbré si vous croyez que les gens vont accepter qu'on leur impose ce qui est possible de faire ou de ne pas faire sur Internet. Le Gouvernement Chinois lui-même essaye s'y évertue sans complètement y arriver… de plus contrairement à vous, il n'a pas de concurrents.

Dirigeant Web: Tu vois je te l'avais dit!

Barman: La ferme Monsieur 'J'ai crée ma startup dans mon garage'!

Il faut arrêter de faire semblant de croire que le réseau mobile est une ressource infinie quand on sait pertinemment que ce n'est pas le cas. Si vous pensez que l'expérience utilisateur est importante, vous n'avez qu'a prendre en compte les capacités réseau quand vous créer des services/programmes.

Dirigeant Web: Hey, c'est lui qui a commencé!

Dirigeant Telecoms: Non ce n'est pas vrai!

Barman: Je me fous de savoir qui a commencé!

-           M. l'Ingénieur vous allez ouvrir des API ('Application Programming Interface': une interface de programmation ouverte et documentée), qui vont permettre aux sites web de savoir quelle est la capacité disponible à un moment donné afin qu'ils ajustent leurs services en conséquence.

-           M. l'Informaticien vous allez participer à la définition de ces standards ET les utiliser.

-          Vous allez TOUS LES DEUX vous mettre d'accord sur la façon de communiquer auprès des utilisateurs sur la bande passante qu'ils utilisent. Ils pourront ainsi faire leurs propres choix en termes de services et de programmes Internet.

-          D'autant plus que M. l'Ingénieur Réseau va mettre en place une tarification par palier d'usage (Tiered-Pricing)

Barman: Maintenant vous allez vous asseoir et commencer par parler d'un point précis sur lequel vous allez coopérer.

Dirigeant Telecoms: Ok on va en parler… hey mais c'est qui ce gars qui essaye de prendre des notes sur un iPad?!

Dirigeant Web: Le gars avec le lait fraise? Tu crois qu'il nous a entendus?

Dirigeant Telecoms: Bien sur, il doit nous espionner depuis le début!

Dirigeant Web: …c'est plutôt son nez que je vais casser!

 

Je me suis levé d'un coup, et j'ai couru vers la porte… tout en sachant qu'ils étaient juste après moi et qu'ils allaient me mettre la main sur le collet…

Heureusement pour moi les deux énergumènes se sont tapés dessus afin de savoir qui allait passer la porte en premier: j'ai donc pu m'échapper… je ne pensais d'ailleurs pas que je pouvais courir aussi vite!

Je ne sais pas comment la conversation s'est terminée, mais à mon humble avis, M. Telecoms n'est pas prêt d'ouvrir quelle API que ce soit, afin de donner accès à des informations aussi confidentielles que sa bande passante et sa capacité réseau… et M. Web de son coté, n'est pas prêt à faire de compromis sur la qualité de ses services.

Espérons juste pour eux que le Barman n'ait pas l'oreille de la Commission de Bruxelles…

 

@TariqAshraf

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 22:27

En douze mois les Mobile Application Stores (MAS) sont passés d'un effet de mode, à un pan structurel de l'écosystème mobile: Apple a créé de la valeur (Et ce en monnaie sonnante et trébuchante) ainsi que de la stickiness à son iPhone…et depuis, on peut parler de MAS Hysteria: tout le monde saute sur sa chaise en criant son amour pour les MAS (Et non pas pour Jeanne Mas): Opérateurs, OEM, et autres agrégateurs…

Les MAS vont devenir la norme dans le secteur des Telecoms Mobiles, et passer après le pionnier Apple va nécessiter de raffiner cette approche en proposant une offre plus fine et segmentée (Et non pas dans une tactique de duplication -Au plus vite et au plus près- de l'App Store) afin de créer de la valeur pour l'utilisateur.

 

La distribution du contenu mobile est en pleine révolution: jusqu'il y a peu, l'offre de contenu  -des sonneries aux applications professionnelles- était distribuée via deux canaux:

-          Le portail opérateur (Ou Carrier Deck, accessible depuis les 'feature phones', avec un focus sur les jeux notamment)

-          Le Web auprès de tierce-parties distributeurs comme Jamba, ou comme des vitrines pour smartphones comme Handango ou Handmark

Ces deux canaux sont en passe d'être supplantés par  les Mobile Application Stores (MAS) comme l'App Store d'Apple: un canal de distribution intégré au Media Store (Musique, Videos…) maison qu'est iTunes, ce qui lui a permis de bénéficier d'une audience captive.

Une flopée de concurrents s'est d'ailleurs lancée à la poursuite de l'App Store: Google et son Android Market, Research In Motion avec son App World, ainsi que Microsoft, Nokia et Palm.

L'Alpha et l'Omega

Qu'est ce donc qu'un MAS?

Mobile Application Store: Je télécharge des applications payantes ou gratuites sur mon téléphone, applications qui s'apparentent à des fonctionnalités supplémentaires pour mon téléphone.

 

Comment peut-on qualifier un MAS?

Est-ce un Canal de distribution? Une filière pour les développeurs? Une vitrine produit (StoreFront) embarquée sur un terminal? Une méthode OTA (Over-The-Air) afin de déployer des programmes ? Est-ce un oiseau? Est-ce un avion?

Pour mieux appréhender la nature d'un MAS, il est nécessaire de revenir à la préhistoire de l'industrie, en 2001-2002: Déjà il y a  7 ans, BREW (OS Mobile de Qualcomm), Windows Mobile, et Palm ont entrepris d'ouvrir leurs API

Mais ce qui péchait à l'époque, c'était l'ouverture, non pas technique mais 'commerciale': l'accès pour les développeurs tiers au marché des applications téléchargeables sur les terminaux était difficile, voire inaccessible, seuls quelques éditeurs arrivant à passer outre les difficultés pour atteindre le dit-terminal.

Ainsi il a fallu 6 ans à Symbian pour atteindre péniblement 10 000 applications… alors qu'il a fallu 6 mois à Apple pour atteindre le même chiffre (65 000 en un an, 100 000 développeurs enregistrés, 1,5 milliard d'applications téléchargées, disponibles dans 77 pays, via 50 millions d'iPhones et d'iPods Touch): ce qu'a accompli Apple, c'est la rationalisation du processus de commercialisation des applications, qui constituait la barrière fondamentale pour les développeurs, bien plus que ne l'étaient les API.

La firme de Cupertino s'est débarrassée au passage des intermédiaires (Opérateurs, Agrégateurs, et distributeurs de contenu) qui prélevaient 60% du prix final de l'application. BREW et GetJar ont précédé Apple avec un succès limité (En termes de certifications Opérateurs pour BREW et d'intégration terminal pour GetJar)

A la lumière de ce contexte historique, il est donc logique d'appréhender les MAS comme des canaux de commercialisation pour les développeurs, avec un accès 'direct' au client final: un véhicule 'Go-to-Market' qui permet aux développeurs de distribuer, et vendre ses applications en retail.

The Good, The Bad & The Ugly

L'App Store est sous les spotlights, mais n'est pas le seul machin sur la place, il existe 5 Majeur(s) (Cinq majeur, ou cinq de base: nom donné aux cinq joueurs qui commencent un match de basket-ball) qui dominent le marché en termes de modèle de distribution, de base installée, de téléchargements et de revenus.

D'ailleurs on assiste à une véritable ruée vers l'or de la part d'une multitude d'acteurs, chacun voulant son propre MAS:

-          Opérateurs: Vodafone, SFR, Orange, Telefonica/O2, TIM, T-Mobile, Verizon, Sprint, China Telecom, China Mobile, SK Telecom…

-          Fabricants de Terminaux OEM:  Apple, Nokia, Sony Ericsson, Samsung, LG, RIM, Palm

-          Fournisseurs de Plateformes: Android, Windows Mobile, S60 (Ovi Store)

-          Fabricants de Chipsets: Qualcomm, Intel, Mediatek…

A ceux-ci s'ajoutent une cohorte de MAS en marque blanche: Amdocs,  Comverse, Ericsson, GetJar, Handango, Handmark, Javaground, OnMobile, Qualcomm, Sun Microsystems

La motivation derrière le lancement d'un MAS varie selon les différents  acteurs: Apple s'appuie sur iTunes pour vendre du hardware avec des marges élevées (A moins que cela ne soit le contraire), et duplique cette stratégie dans le mobile… en y ajoutant un flux de revenus provenant des téléchargements.

Nokia s'est lancé dans une transformation d'un fabricant de terminaux à une entreprise de services Internet, en utilisant une offre de services gratuite, afin de créer une stickiness des utilisateurs, voire un nouveau business model

Les Opérateurs mobiles (T-Mobile, Verizon Wireless, SFR, Orange, Telefonica…) expérimentent le concept afin de faire croitre leur base clients (Ou endiguer la fuite/Churn de ceux-ci) en poussant des terminaux smartphones.

Google quand à lui, reste fidèle à sa stratégie de favoriser le trafic internet afin d'encaisser des revenus publicitaires.

ADN, Identité (Nationale), et Evolution des MAS

Comme évoqué précédemment, un MAS est un canal de commercialisation pour les développeurs, en tant que tel, il est composé de 5 blocs fondamentaux:

1 -     Place de marché unique pour les processus de Soumission, de Certification, Ciblage et de Pricing des applications

Auparavant, les développeurs utilisaient des outils complexes pour gérer, soumettre, certifier leurs applications et animer une politique de prix. Les MAS que sont l'iTunes Store et le BREW Mobile Shop ont permis de disposer de LA caractéristique la plus importante des applications stores: un seul site web permettant la gestion de leur compte, et de leurs applications.

Futur immédiat: There is an Application Store for that.

Des douzaines d'Application Store seront lancés d'ici fin 2010, par OEM, par plateforme et initiative opérateurs (Android, LiMo, Open Handset Alliance, JIL) comme évoqué plus haut, mais aussi par segment (Enterprise, Enfants, Sports, Jeux…)

De fait la conséquence sera l'émergence d'Agrégateurs techniques, qui vont permettre la soumission et la gestion d'une application dans de Multiples MAS

2 -     Facturation Centralisée: Mécanisme de billing, de règlement et reporting des ventes d'applications

Pre-MAS, les développeurs devaient… se débrouiller: mettre en place leur propre système de billing, ou se tourner vers le SMS + ne récupérant que 10 à 50% du revenu généré. La compensation prenant plusieurs mois, dans tous les cas de figures. Les MAS ont permis le paiement par carte de crédit, une compensation très rapide et 70% de reversement de revenus au développeur.

Futur immédiat: Billing et Revenus 2.0

Une norme établie de 70% de reversement au développeur, une harmonisation de la facturation opérateur, permettra une généralisation et une adoption des MAS pour le grand public

De nouveaux modèles de revenus vont émerger, tels que les abonnements (Existe déjà pour l'App Store mais peu utilisé), le transfert/partage de crédit (Cartes cadeaux, Crédit Cross-App…)

3 -     Distribution Globale: Marché adressable en termes d'opérateurs, d'OEM et de régions

Pre-App Store, il était nécessaire de distribuer les applications par région ET par modèle de terminal, un vrai cauchemar en termes de fragmentation notamment.

L'iTunes store, l'Ovi Store, et l'App World de RIM ont introduit le concept de distribution…globale par plateforme et par OEM.

Futur immédiat: Une matrice de distribution par plateforme et par opérateur

Avec le lancement d'initiatives comme JIL (Joint Innovation Lab:Joint venture entre Vodafone, Verizon Wireless, China Mobile et Softbank Mobile, établissant une plateforme de développement d'applications mobiles, ainsi qu'un Store)  la distribution d'applications va devenir à terme, "universelle".

4 -     Application Management: Gestion des applications et in-life app management

Le management et la delivery des applications est l'une des caractéristiques les plus…sous-estimées, car relevant de la "magie": une tache silencieuse tournant en tache de fond.

Au temps de la pré-histoire, chaque téléchargement nécessitait une recherche du-dit téléchargement sur le terminal pour le retrouver (D'ailleurs selon le type de téléchargement, le terminal, le portail utilisé, l'emplacement différait…)

De plus il n'existait pas de possibilité d'upgrade d'une application installée, ni de gestion des droits… ce qui au vu des difficultés de téléchargement induisait du Sideloading (Je télécharge du contenu sur mon ordinateur, que je transfère sur mon téléphone portable) et une perte graduelle de valeur du contenu si difficilement téléchargé…

 

Futur immédiat: Enterprise Infiltration by Sam Fisher (Splinter Cell)

Extension de la delivery des applications du B2C au B2B, avec une connexion aux couches Middleware des systèmes B2B, ce qui permettra une gestion des téléchargements, activations, des accès et de l'utilisation.

Ceci aura pour conséquence la création de véritables Stacks 'Mobile to the Enterprise Cloud' avec un terminal mobile devenant le client du serveur Enterprise.

5 -     Découverte On-Device: Recherche, communication, placement et recommandation des applications

Il n'y a pas si longtemps lancer une application nécessitait l'achat et la mise à disposition de shortcodes complexes… et de publicités éparpillées sur le web.

Les nouveaux MAS ont permis une découverte et une navigation in-store, avec une communication et des recommandations automatiques pour certaines applications.

 

Futur immédiat: Des  applications comme biens de grande consommation (Focus retail et merchandising)

Des applications (!) telles qu'AppsFire utilisent les social media afin de partager la liste de ses applications avec son réseau personnel, ces fonctionnalités seront intégrées aux MAS.

Les développeurs pourront utiliser leurs applications comme backchannel: ils pourront ainsi établir une relation directe avec leurs utilisateurs/clients via le MAS, moyennant finance bien sur.

MAS Weapon of (Value) Destruction?

De plus en plus de smartphones vont embarquer nativement un application store issu de l'OEM ou du MNO: une offre de MAS non pas de masse, mais riche et large en termes de gamme.

Une offre dont les caractéristiques seront celles du secteur des biens de consommation (FMCG: Fast Moving Consumer Goods) comme évoqué plus haut: une segmentation (Que je qualifierais de) 'classique', un focus sur le retailing et le 'placement' (Du store et des applications) et bien sur une expérience utilisateur et donc de marque de qualité.

1 -     Premium Store: Parce que je le vaux bien.

Aujourd'hui les MAS nous pondent un cocktail (Shaken, not Stirred) d'applications premium et d'applications entrée de gamme/gratuites. Une évolution naturelle est une meilleure segmentation des ces applications, permettant de séparer le bon grain de l'ivraie et une meilleure lisibilité/qualité de l'offre: si vous vous attendez à trouver des applications au prix d'un euro, il y a des chances que la qualité valle…un euro.

Ainsi le concept du premium store est la prochaine étape du modèle MAS: les hypermarchés des applications (Axés sur le flot de visiteurs) vont coexister aux cotés de MAS orientés haut de gamme (Avec un prix plancher plus important, une ligne éditoriale permettant une meilleure sélection et une meilleure recherche, un support client de qualité…et in fine une meilleure expérience utilisateur)

2 -     Distribution (Retailing) et Placement

Une conséquence de la spécialisation/segmentation à venir des MAS, sera une offre abondante et hétéroclite pour l'utilisateur qui aura du mal à déceler ce qu'il l'intéresse dans ce Maelstrom: un cas (Extrême)  est la coexistence de plusieurs MAS sur un même terminal, comme en Corée où Samsung a lancé un terminal avec 3 (!) Application Stores embarqués (Un pour le fabricant, un pour l'éditeur de l'OS -Windows-, un pour l'opérateur)

Dès lors les agrégateurs de contenu pourront créer de la valeur (Pour l'utilisateur et pour leur propre compte) en sélectionnant les meilleurs applications par store et/en poussant des applications sur l'Idle Screen (comme le fait Google avec ses liens publicitaires)

En ce qui me concerne je n'ai que peu d'applications sur mon SuperPhone: un calendrier de qualité, celui d'origine étant…nul, une application Facebook, une autre LinkedIn… un jeu avec des personnages perdus sur une Ile que l'on peut maltraiter (Mon coté sadique!)…et un client Twitter. Je ne suis pas le meilleur candidat pour les futures fonctionnalités de recommandation sociale des MAS j'avoue…

Ce qui m'a d'ailleurs valu de la part de plusieurs personnes différentes, peu ou prou la même remarque:

"Je suis déçu(e), je pensais qu'un Geek comme toi aurait plus d'applications sur son téléphone…"

Je suis ne pas sûr de savoir comment je dois le prendre…

 

 

@TariqAshraf

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 22:03

Pas besoin d'être Gil Grissom (Le seul, le vrai Expert: CSI Las Vegas) pour voir qu'il existe un faisceau de preuves: Facebook s'apprête à lancer une monnaie virtuelle… des tests (d'une portée limitée) seraient en cours avec un système simplifié et des montants plafonnés.

Beaucoup d'observateurs se posent la question de savoir si Facebook a les moyens de lancer une monnaie virtuelle, qui faciliterait la vente et l'achat de biens et de services… qu'ils soient virtuels ou réels.

Qu'est ce qu'une monnaie virtuelle me demanderez-vous?

Money, money, money… in a Richman's world

Commençons d'abord par la monnaie tout court: un instrument de paiement accepté de façon générale par les membres d’une communauté en règlement d’un achat, d’une prestation ou d'une dette.

Une monnaie possède plusieurs fonctions:

-          Une fonction d'intermédiaire dans les échanges

-          Une fonction d'expression de valeur et d'unité de compte pour le calcul économique

-          Une fonction de réserve de valeur.

Elle se caractérise par la confiance qu’ont ses utilisateurs dans la persistance de sa valeur et de sa capacité à servir de moyen d'échange (D'où les lourdes peines à l'encontre des contrefacteurs, qui sapent cette confiance)

Chaque monnaie est définie, sous le nom de devise, pour une zone monétaire donnée (Le plus souvent un ou plusieurs États). Elle y prend la forme de dépôts, de billets de banque et de pièces de monnaie.

En raison de l'importance de la monnaie, les États se sont très vite arrogé le monopole de l'émission des billets et des pièces: en définissant une devise officielle et en faisant de cette devise l'un des symboles de leur puissance (Les Etats-Unis et le Dollar en sont le meilleur exemple.)

Ils exercent un contrôle sur la création monétaire des banques via la législation et la politique monétaire des banques centrales.

Une monnaie virtuelle (ou Virtual Currency)  possède les mêmes caractéristiques… sauf qu'elle n'est pas adossée à un ou plusieurs Etats mais à… une ou plusieurs entreprises.

Cette monnaie virtuelle permet de réduire la résistance (Au sens d'obstacle) aux actes de paiement online: 'j'achète' de la monnaie virtuelle avec de la vraie monnaie, la monnaie virtuelle servant de moyen de paiement online.

Attention il ne s'agit pas ici de blanchiment d'argent sale ("Je vous le jure Monsieur le Procureur, c'est un voleur qui a mis cela dans ma poche!"): je 'charge' mon compte PayPal avec de l'argent débité de mon compte ou de ma carte de paiement; ou plus simplement PayPal me prélève le seul montant de l'achat lors d'une transaction.

Dans le cas de Facebook, les utilisateurs feraient de même pour pouvoir accès à des jeux ou acheter des biens virtuels, en donnant leur coordonnées bancaires à la startup (Et une fois pour toute), et en procédant à des achats sur la plateforme Facebook.

La firme envisage des montants de 10 à 20 dollars afin de charger son compte en monnaie virtuelle, pour acheter applications, des jeux, des e-cartes postales, et pourquoi pas des biens et services réels.


Can you imagine what I would do if I could do all I can? (Sun Tzu)

La monnaie virtuelle possède plusieurs avantages, en ce sens qu'elle permet:

-          De monétiser une audience… pour un Facebook par exemple, en pratiquant des micro-paiements pour des jeux/applications sur sa plateforme.

-          D'éviter la rupture dans l'expérience utilisateur, en étant sur un réseau social, participant à un jeu online ou procédant à un acte d'achat, je dois à un moment donné entrer des données de paiement à chaque transaction, afin de reprendre le cours de cette expérience.

-          D'augmenter la stickiness (Propension à attirer et garder un public) à l'univers de l'émetteur de cette monnaie (Marque, produits, services…Ecosystème au sens large)

-          D'utiliser cette monnaie de manière universelle, et en conséquence d'engranger des commissions de transactions voire même de disposer d'une trésorerie conséquente dans le cadre de comptes de monnaie virtuelle 'chargés' avec de la monnaie réelle avant d'être utilisés (Le leader PayPal a traité 60 milliards de dollars de paiement en 2008: la Firme se rémunère auprès des vendeurs avec une commission par transaction qui varie selon le volume mensuel traité; de 1.9% à 2.9% et 0,30 dollar par transaction, Google Checkout ayant la même grille tarifaire)

Nous méritons votre confiance

Une des caractéristiques essentielles d'une monnaie est donc d'inspirer la confiance: sans tomber dans la phobie germanique du Deustche Mark d'entre les deux guerres, je dois avoir une foi dans le système monétaire, pour croire que ce bout de papier vaut X euros.

La même confiance que j'ai dans ma banque, quand elle m'envoie mon relevé bancaire, pour croire qu'elle sera capable de mettre à disposition mon argent quand j'en aurais besoin (J'ai confiance, mais je pointe toutes mes opérations lors d'un rapprochement bancaire mensuel: 'La confiance n'exclut pas le contrôle').

Une monnaie virtuelle doit donc être émise par un tiers de confiance, en l'occurrence une firme qui:

-          Possède les ressources nécessaires (La taille, et l'envergure étant essentielles: Théorie de la Zone Monétaire Optimale de Robert Mundell)

-          Possède une véritable marque, un service client de qualité, bref un tiers qui soit fiable, stable et qui ait la taille nécessaire pour attirer un ensemble de partenaires économiques… (Ensemble qui soit d'ailleurs être assez diversifié)

Ainsi quelque soit la qualité de la technologie, ou la volonté d'être le banquier central de l'internet, il est proprement inconcevable qu'une masse de consommateurs soit prêts à confier une partie de leurs transactions financières et donc de leurs revenus à une startup quelle qu'elle soit…

Le nerf de la guerre

Un utilisateur lambda doit se dire que la société derrière une monnaie virtuelle est gage de sérieux (Et qu'elle ne mettra pas la clé sous la porte du jour au lendemain, et qu'en cas de problème elle le protégera comme le ferait l'assurance d'une carte de paiement)

Rappelons-nous qu'en octobre de l'année 1999, Microsoft a lancé Passport, une base de données permettant à tout un chacun de centraliser toutes ses données personnelles (Nom, adresse etc…) afin de les communiquer à un site marchand lors d'une transaction d'achat… l'idée étant de remplir tous les champs nécessaires à la conclusion de la transaction y compris les données de paiement.

Ce service a été un échec retentissant pour de multiples raisons: l'image de l'Ogre/Big Brother Microsoft, les débuts du e-commerce, la volonté des sites marchands de se constituer une base client et de ne pas se faire désintermédier par la firme de Redmond… mais aussi d'innombrables problèmes techniques.

Les blocages et autres failles de sécurité ont détruit le peu de confiance que pouvait inspirer Microsoft dans le domaine…

De même, il existe une multitude des startups comme Jambool (Lié à Facebook), OneTxT, SpareChange, OfferPal, KickFlip, SocialGold, TwoFish, PlaySpan Zeevex… mais celles-ci sont condamnées à des rôles de fournisseur de plateforme technique (Ou enablers) ou à être rachetées (Au mieux): elles possèdent la technologie mais n'ont aucun des éléments cités précédemment (Vous vous voyez donner votre numéro de carte de crédit à une société nommée 'Zeevex'?! Moi non: le nom me rappelle plus une publicité de type spam pour un médicament sensé pallier les dysfonctionnements…masculins, qu'un système de paiement...)

Le 'paiement en mobilité' comme arme de destruction massive

Alors qui peut réaliser ce vieux rêve d'Alchimiste en transformant le plomb virtuel en or réel (24k: le seuil minimum acceptable dans les pays comme celui de mes parents: c'est bon comme là-bas)?

Il y a bien sur PayPal, qui doit penser à bloquer d'éventuels concurrents, qui proposeraient une monnaie virtuelle au-delà du simple paiement électronique. PayPal possède plus de 70 millions de comptes actifs à travers le monde…

Google pourrait attaquer le bastion PayPal, en mettant le paquet sur Google Checkout et en utilisant sa taille et sa capacité à analyser une masse d'informations… toutefois sa solution de paiement ne permet pas de faire des paiements de particulier à particulier… et jusqu'à maintenant comme sœur Anne nous ne voyons rien venir.

Amazon pourrait de même utiliser une base installée de clients très importante et pourrait l'utiliser afin de créer une extension de sa place de marché (Amazon Marketplace)… mais la firme cherche plutôt pour le moment à porter son business model de marchand Web sur le Mobile.

Facebook? Pour ma part je n'y crois pas: je ne donnerais jamais mes coordonnées bancaires à la startup, elle possède une masse critique évidente (200 millions d'utilisateurs!) mais sa réputation… n'est pas à la hauteur.

L'achat de biens/services virtuels sur le site? Ce n'est pas sérieux.

Le cas d'achat d'upgrades online/offline dans des jeux à part entière est un cas à part: ces modèles  (World of Warcraft, Killzone 2, Call of Duty…) n'ont rien à voir avec Facebook et ses jeux sociaux.

Reste…Apple qui possède son App Store: la firme de Cupertino possède près de 100 millions de comptes iTunes avec un numéro de carte de paiement associé… dont quasiment 50 millions de comptes liés à la plateforme iPhone/iPod Touch

Rappelons nous qu'Apple a placé sa plateforme iTunes au cœur de sa stratégie de push de services: la firme a révolutionné l'industrie de la musique là où les majors ont échoué, en facilitant l'achat de musique par téléchargement via iTunes.

La firme de Steve Jobs est de même dans une position de force dans le micro-paiement avec la plateforme iPhone/iPod Touch munie du firmware iPhone 3.0: une totale maitrise de la relation client, une marque qui inspire confiance… qui permet l'achat d'applications, de musique, de vidéos sur PC/Mac et…sur mobile.

L'arme secrète d'Apple? Non pas le paiement mobile, mais le paiement en mobilité: je surfe sur le Web avec mon iPhone, je suis sur un site marchand… et je paye via mon compte iTunes et ce en 1 click: pas d'identification (Qui suis-je), d'authentification (Suis-je bien la personne que je prétends être) nécessaires, mon compte iTunes possède toutes les informations, de l'adresse de livraison à mon numéro de carte de paiement. Simplicité, facilité, d'usage…ceux qui ont subi les affres du (récent) PayPal Mobile apprécieront…

On voit bien l'intérêt pour l'utilisateur final… et pour les sites marchands: l'avantage est de (finir de) désintermedier les opérateurs mobiles qui exigent (en moyenne) 30% du montant de la transaction (Comme Apple pour l'App Store il est vrai) afin de faire apparaître celle-ci sur la facture du client (Et ce, dans le cas où les opérateurs acceptent de suivre cette voie: certains appréhendent à terme une réduction de l'ARPU de la part de clients, en réaction au gonflement de facture dû aux achats pratiqués)

Un véritable l'obstacle au m-commerce: le vendeur rogne sa marge de 30% (!), ou facture un prix plus élevé que sur le web par exemple…

Gageons qu'à minima Apple s'alignera sur les tarifs…web de PayPal  et de Google Checkout évoqués plus haut afin de conquérir ce marché.

Une solution simple éprouvée par les entreprises (Majors de la musique, éditeurs), les particuliers (Vous et moi): aujourd'hui c'est une application ou l'iTunes Store qui lance le processus de paiement,  demain ce processus pourrait être lancé par un site web.

Opportunities multiply as they are seized. (Sun Tzu)

Bien sur c'est un nouveau Business Model pour Apple, avec ses investissements en termes de serveurs, de sécurité et de conformité réglementaire (Filiale enregistrée comme établissement de crédit avec toutes les contraintes associées, notamment en matière anti-blanchiment, comme l'est PayPal Europe au Luxembourg… terre d'accueil d'iTunes Europe).

Apple devra aussi proposer une véritable protection du consommateur comme le fait PayPal en cas de litige (Remboursement en cas de prestation/service non livré): en effet la firme encoure le risque de perdre en partie de son lustre en termes notamment d''expérience client en vendant des services/biens qui ne sont pas passés sous ses fourches caudines…

Avec ce service elle pourrait ainsi faire d'une pierre deux coups  en s'alignant sur PayPal et en proposant un réel avantage clients d'une part, en atténuant la dilution de sa réputation en cas de produit/service de moindre qualité d'autre part.

Quelque soit le modèle choisi par Apple (Achat sur le web avec paiement via iTunes -que ce soit en client lourd ou client léger- ou achat sur la plateforme iTunes selon les mêmes modalités) les consommateurs sont prêts: j'achète déjà des applications via la plateforme (Recherche dans le catalogue, Paiement), sur mon ordinateur et/ mon iPhone pourquoi ne pas acheter des biens et services de la même façon?

Au vu de la multiplication des plateformes/OS et des Applications Stores liés chacun des 'paniers' mobiles auront leur système de paiement de prédilection: ceux sur terminaux Android seront payés par Google Checkout, ceux sur terminaux Research In Motion seront payés via Paypal… reste l'Ovi Store de Nokia et l'App Store de Palm avec son Pre qui n'ont pas encore fait leur choix définitifs…

Ce mouvement a pour conséquence une fragmentation accrue de l'univers mobile… dont Apple pourra tirer son épingle de jeu avec sa base installée.

En lançant sa dernière version de logiciel permettant le paiement récurrent, Apple se positionne comme un acteur incontournable du contenu, du contenant… et du moyen de paiement: the Hat Trick comme l'on dit in the Beautiful Country (Outre-manche bien sûr).

 

Dans un futur pas si lointain que cela... dans une boutique Burberry…

Cela vous fera <Censuré> euros Monsieur Ashraf. Comment désirez-vous payer?

Visa, Mastercard, American Express…Apple?

 

@TariqAshraf

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 22:26

Mes parents étaient propriétaires d'un restaurant et d'une épicerie Pakistanaise dans le quartier de Montparnasse à Paris: ils ont été commerçants pendant 32 ans avant de prendre leur retraite.

Le restaurant tournait bien et permettait de faire découvrir la cuisine Pakistanaise (L'un des premiers ouverts en France: 1975!) et l'épicerie prenait le relais en vendant les épices permettant de préparer les plats… avec bien sûr un accueil chaleureux (Gratuit!), tous les conseils de cuisine nécessaires aux clients (Gratuit!) et un livre de cuisine (Payant par contre, mais peu cher… très bon livre d'ailleurs, 'La Cuisine Indienne et Pakistanaise: facile et bon marché', si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à me contacter, je vous ferais un prix: ma cave est mise à contribution pour cause de stockage parental).

Mom & Pop Store

Implantés dans le milieu des années 70, jusqu'à leur retraite en 2008, ils connaissaient tout le quartier, ils ont vus des couples se former, des enfants naitre et grandir… une vraie connaissance doublée d'une intimité client.

Du 'Business' (Restaurant) donc, du 'Repeat Business' (Restaurant) et du 'More Business' (Epicerie): commerçants dans l'âme car 'Punjabis'.

Le Saint-Graal: mieux connaitre ses clients et leur proposer des produits qui seraient susceptibles de leur plaire. C'est d'ailleurs ce que pratiquent les banques de détail depuis un moment, en utilisant les informations personnelles et de transactions financières afin de faire du Cross et de l'Up-Selling de produits financiers (Assurances, SICAV etc…)

Sous réserve de conformité à la loi (CNIL entres autres), une manne de données est donc amassée afin de cerner les clients et d'établir des profils permettant de faciliter la vente de services.

Prenons un moment et imaginons que cette connaissance, ne soit pas seulement financière, mais qu'elle ait trait à des achats de mobilier, de vêtements, de nourriture, bref de biens et de services qu'acheteraient des ménages lambda…

Imaginons de même que ces données soient accessibles dans leur globalité et en temps réel, et qu'elles soient l'apanage d'une seule entreprise.

Pour finir imaginons que la même entreprise prenne une commission sur chaque transaction et qu'elle ait plusieurs millions de clients et ce dans le monde entier.

Pour certains une telle situation serait un cauchemar (Big Brother is watching you), pour d'autres la description d'une Success Story...

Bonjour, bienvenue, que nous vaut le plaisir de votre venue?

L'un des joyaux du firmware iPhone OS 3.0 (Sortie le 17 juin) est le 'In App Purchase': la possibilité de vendre un contenu supplémentaire après installation d'une application (Payante) iPhone/iPod Touch, et ce via l'iTunes Store.

Cette nouvelle fonctionnalité s'accompagne d'un suivi des achats (Qui a acheté quoi, où…), de l'automatisation des paiements (One-Shot ou...Abonnement) et ce pour chaque transaction.

La plateforme iTunes permettra par exemple la vente d'abonnements à un magazine, avec un paiement mensuel, annuel ou avec une fréquence définie.

Pour schématiser, le processus est le suivant:

-          Les modalités de vente sont soumises par l'éditeur de contenu à la plateforme iTunes via le SDK (Software Development Kit) iPhone 3.0.

-          Lorsque le client veut procéder à un achat, l'application crée une requête de paiement et l'envoie à la plateforme iTunes

-          Après vérification (Facturation du client) la requête est acceptée et une notification est envoyée à l'application.

-          Une fois la notification reçue, l'application débloque le contenu qui fait l'objet de la transaction d'achat.

I know who you are, what you like, what you want…

Cette nouvelle fonctionnalité donne à Apple, un niveau de connaissance des habitudes de consommation de ses clients sans précédent: habitudes que l'on peut coupler aux données existantes de fréquentation de réseaux sociaux.

Au rythme actuel de croissance des ventes, Apple va se retrouver avec une base installée de 50 millions d'iPhone et d'iPod Touch au premier trimestre 2010…

50 millions d'utilisateurs avec un historique de carte de crédit, d'achat et d'utilisation (Fréquence, durée) des applications, des données échangées (SMS, Email…), des connexions à des réseaux sociaux (Via les applications Facebook et LinkedIn, demain l'échange de données et/ou cartes de visites avec d'autres iPhones via Bluetooth), des schémas de trafic réseau (mobile ou non), de données sur l'élasticité prix/volume de chaque contenu…

Il est vrai qu'Apple a déjà eu un avant-gout de data mining de données client avec l'iTunes Store avec les achats de  contenu audio et video, mais ce contenu est somme toute limité, pré-packagé et statique.

L'App Store offre des applications qui offrent des possibilités qui sont beaucoup plus importantes: ces applications peuvent être upgradées, se connecter à d'autres applications et services, et utiliser l'écosystème de l'iPhone.

Il y en a un peu plus, je vous le mets quand même?

Avec l'App Store, Apple:

-          Rend sa plateforme iPhone/iPod Touch plus attractive

-          Récupère 30% du montant de chaque transaction

-          Récupère des données clients inestimables… et emmagasine ce qu'on appelle le Customer Insight.

Bien sûr toute les données recueillies ne seront pas utilisées/stockées et ce pour des raisons légales, de pression de la part des clients (Confidentialité des données notamment) et pour des raisons matérielles.

Toutefois la seule utilisation des métadonnées (Données agrégées, qui dans ce cas, pourraient l'être notamment sans identification des individus) donnerait un avantage concurrentiel unique (Et difficile à répliquer) à Apple.

A l'exception de Google, aucun autre acteur (Nokia? RIM? Microsoft?) ne dispose de ce type de connaissance client dans le secteur du mobile: Google possède une capacité reconnue d'analyse de données (A l'origine même de la société) mais sa plateforme Android est naissante, et fragmentée entre plusieurs constructeurs, possédant chacun leur business model: Apple possède (A date avec le lancement à venir de l'iPhone 3G S) d'une plateforme unique avec l'iPhone/iPod Touch.

Son, Money does not grow on trees.

Il est difficile de savoir si Apple aura les moyens de mettre en place l'infrastructure nécessaire afin de rassembler, stocker et analyser ces métadonnées, afin de les 'monétiser' en proposant des services et des biens adaptés…

La volonté par contre, est bien là: l'application iPhone (Native) permettant la consultation du cours de ses actions (Via Yahoo!) transmettait l'historique de consultation aux serveurs d'Apple et ce dès la première mouture de l'iPhone.

Quand j'étais enfant, j'accompagnais mon père lorsqu'il faisait les courses dans le quartier, lors d'achats conséquents, il demandait une remise en 'tant que Commerçant', étonnamment cela marchait quasiment à chaque fois.

Même si c'est un (Très bon) commerçant je ne suis pas sur que Steve Jobs accepte cette pratique, même en demandant gentiment… peut être en me connaissant un peu mieux, qui sait?

 

@TariqAshraf

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 22:12

L'un des grands succès d'Apple ces dernières années a été la capacité qu'a eue la firme de proposer un bundle Lecteur MP3 et site d'achat de musique: sous la forme de l'iPod tout d'abord, puis de l'iPhone ensuite, tous deux étant reliés à la plateforme iTunes.

Apple a dans un second temps lancé son 'Application Store' pour la plateforme (Unique) iPod Touch/iPhone avec le succès que l'on sait (1 milliard d'Applications téléchargées en 9 mois).

Désormais, chaque constructeur de Smartphones (Et chaque Opérateur) lance son 'Application Store', et des applications mobiles proposant de la musique en 'streaming' commencent à faire leur apparition.

Ce dernier phénomène pourrait transformer l'une des forces d'Apple, nommément son business autour de la Musique (Objet de lourds investissements) en une faiblesse… ce qui va amener la firme à faire des choix difficiles dans les années qui viennent.

Il y a quelques semaines la startup Spotify, a fait une démonstration de son application mobile pour le système Android.

Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse

Spotify est un service de musique en streaming sous la forme d'un logiciel à télécharger pour Windows et Mac qui vous permet de rechercher, de naviguer et d'écouter un catalogue important de musique, et ce gratuitement et légalement (Spotify a négocié avec les Majors de la musique afin de pouvoir proposer leur catalogue), même si l'ajout de publicités dans la version gratuite est prévu.

Ce système fonctionne selon le principe du 'Peer-to-Peer 'et la rapidité lors d'affichage des résultats de recherche ou de diffusion est impressionnante: elle égale voire surpasse les services de musique les plus connus. Le client Spotify fonctionne comme une sorte d'iTunes avec des liens pour accéder aux morceaux.

Spotify propose une réelle valeur ajoutée en ce sens qu'il est possible de partager un morceau avec un autre utilisateur grâce aux liens. Cerise sur le gâteau, il est même possible de partager une 'playlist' avec un ou plusieurs utilisateurs où chacun pourra ajouter ses propres morceaux.

Spotify a une belle carte à jouer, et ce notamment depuis le début de l'année, car le pionnier Deezer a mis en place (Entre autres) l’inscription obligatoire… ce qui a pour effet de restreindre le catalogue disponible selon le pays de connexion.

Avec son application 'Spotify Mobile', la startup permet le streaming de morceaux de musique, une fonction de 'cache' permettant l'écoute de musique en mode déconnecté et la synchronisation de morceaux/playlists avec le site Internet éponyme.

Bien évidemment on peut fortement supposer qu'il existera des limitations à ce genre d'application, limitations imposées par l'Opérateur Telecoms (En termes de capacité réseau, bande passante, de forfaits, d'options à souscrire…).

Mais quelles qu'en soient les limitations, ce genre de service serait très proche de l'achat de morceaux de musique comme le permettent Amazon MP3 ou iTunes: cela en a la couleur, cela en a le gout…mais c'est n'est pas de l'achat de musique, plutôt une sorte de Canada Dry de la musique en ligne.

Ceci explique que beaucoup d'observateurs s'attendent à ce qu'Apple n'accepte pas de version iPod Touch/iPhone de l'application Spotify, car cela menacerait le business model de son iTunes Store.

Spotify (Dont le service n'est pas encore disponible aux Etats-Unis) a précisé que contrairement sur Windows ou Mac, l'usage de Spotify Mobile sera conditionné à un compte Premium, et donc payant.

La startup incarne la prochaine tendance de consommation de la musique: en mobilité, à la demande et en streaming…. ce qui va fatalement rendre les services de type iTunes beaucoup moins attrayants.

La décennie pendant laquelle Apple a investi et dominé la musique online, deviendrait alors, son talon d'Achille: en effet le standard 'ouvert' d'un Android et d'un Google, donne plus de latitude et de flexibilité quand à l'innovation et aux nouveaux modes de consommations.

You've got to rub me the right way

Jusqu'à maintenant Apple a fait preuve d'une relative bienveillance vis-à-vis des sociétés qui proposaient de la musique en streaming: des firmes comme (Feu?) Imeem ont flirté avec les lignes de ce qu'Apple peut accepter, en proposant notamment:

-          Une fonction radio (De type Pandora)

-          L'écoute en streaming de sa propre collection de morceaux transférés sur les serveurs d'Imeem

Imeem a gentiment joué le jeu d'Apple en proposant des liens associés à l'écoute de musique, liens pointant vers iTunes bien évidemment.

Mais avec l'avènement de modèles comme Spotify, Apple se voit donc face à un choix:

-          Garder son modèle et laisser le champ libre à des Android (Et ce lors d'une phase de transition naturelle des ventes de terminaux mobiles vers les 'Superphones')

-          Anticiper cette tendance et proposer ses morceaux en streaming sur iTunes 'Fixe' et iTunes 'Mobile', ce qui va nécessiter un nouveau round de négociations avec les Majors, une infrastructure de serveurs (Si Apple reste sur l'architecture actuelle et ne passe pas au 'Peer-To-Peer'…d'où peut être le deal pour installer un centre de serveurs en Caroline du Nord).

Bien sûr rien n'est encore joué, et le streaming on-demand n'est pas une science parfaite, loin s'en faut:

-          Les opérateurs auront le dernier mot en termes de Mobile Neutrality

-          Apple maitrise toujours l'expérience utilisateur et la relation client, c'est d'ailleurs l'un des atouts phare de la marque.

-          Le streaming de morceaux de musique n'est intéressant que si l'application en question peut tourner en tache de fond (Le fameux Multi-tasking), et cette option n'est pas celle d'Apple, la batterie de l'iPhone ne permettant pas de profiter ne serait-ce que d'un usage modéré de ce mode.

D'une Economie de stock à une Economie de flux…

Nous sommes à l'aube d'un profond changement, le Cloud Computing, le streaming de musique, le 'SaaS' n'en sont que de multiples exemples: la logique de stockage est remplacée par une logique de bande passante.

Ce mouvement de fond constitue le passage d'une Economie de Stock (Stockage local, logiciels/progiciels client lourd, logique d'achat, licence perpétuelle…) à une Economie de Flux (Stockage et usage déporté, accessible via le réseau mobile ou internet, client léger, abonnement…).

Bien sur les réseaux (Mobiles plus particulièrement) devront suivre: les opérateurs devront adapter leur infrastructure, leur structure de couts et leur pricing (En limitant les usages pendant une période de transition?), mais la tendance à terme est celle d'utilisateurs ultra-connectés, et ce tout le temps.

La musique est une illustration de ce mouvement et des enjeux associés: le streaming s'apprête à passer de la sphère de l'internet fixe à celle du mobile, et la firme de Cupertino va devoir repousser l'envahisseur (Ces barbares d'Android notamment).

La musique constitue l'un des avantages concurrentiels d'Apple, Google, est -pour le moment- agnostique dans le domaine… et c'est bien ce qui pourrait constituer une menace pour Apple pour la décennie à venir.

I guess Apple will have to let the Genie out of the bottle…one way or the other

@TariqAshraf

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 22:04

Skype, le service de téléphonie Internet d'eBay a lancé il y a peu, une application pour l'iPhone, sonnant la charge du 'mobile'. Ce faisant, Skype aborde une phase cruciale de son business plan.

 

Skype permet des appels gratuits entre utilisateurs du service, et des appels payants à moindre cout vers les numéros de téléphone fixe et mobiles, et ce grâce à la Voix sur IP (VoIP).

 

La croissance fulgurante du nombre d'abonnés tient en premier lieu à son marché américain, où les appels longue distance (hors de l'état de résidence) ont toujours été d'un cout très élevé, et où Skype a pu permettre des appels moins chers, voire gratuits (les fameux 'Free long-distance calls')

 

Cependant le concept de gratuité dans le cas de Skype Mobile est un concept somme toute assez relatif, ne serait-ce que parce que l'opérateur AT&T -qui détient l'exclusivité de l'iPhone aux Etats Unis- ne permet pas l'utilisation de la VoIP sur son réseau mobile (comme la plupart des opérateurs, en Allemagne et en France notamment).

 

Ainsi les clients 'iPhone' de l'opérateur qui dépensent 70 dollars par mois pour leur abonnement, vont devoir utiliser Skype via le WiFi… de même il faudra être connecté afin de recevoir des notifications d'appels via l'application: ce qui rajoute tout de même certaines contraintes à l'utilisation du service, ne serait-ce qu'un fil à la patte…

 

The numbers just don't add up

 

Le modèle et les chiffres de Skype me sont toujours apparus comme quelque peu… curieux.

Ne vous méprenez pas, le service est de grande qualité, même si je ne l'utilise que peu j'avoue.

En 2005 eBay a payé 3,1 milliards de dollars pour Skype, en grande partie pour la marque, et pour le 'first-mover advantage'.

-          Skype reste très populaire et sa croissance est fulgurante, avec 350 000 nouveaux utilisateurs…par jour.

-          En 2008 8% des appels internationaux aux Etats-Unis ont été effectués par le biais de l'application, ce qui fait de Skype le premier opérateur de trafic international aux Etats-Unis. (Source: TeleGeography)

 

 

Paradoxalement plus le service devient populaire, moins il est nécessaire de payer pour les appels, ceux-ci étant gratuits entre utilisateurs du service.

Malgré la base installée de 405 millions d'utilisateurs à fin 2008, peu sont enclins à sortir leur porte monnaie: l'ARPU (Average Revenue Per User) moyen n'est que de 1,35 dollar par…an.

 

ebay veut doubler les revenus à 1 milliard de dollars en 2011, ce qui parait très ambitieux…même si la marge brute est de 20%. La récente offensive de Skype sur le marché entreprise (intégration avec les PBX via le Session Initiation Protocol ou SIP, ouverture open source du codec audio 'maison' nommé SILK) répond à cette recherche de valeur.


Héritier du modèle internet, il y a fort à parier qu'une fois sa popularité assurée, Skype ne trouve que des revenus 'indirects': valorisation de sa base clients (publicité, partenariats), Facturation du logiciel plutôt que de son usage (upgrades, solutions premium)…


Avec le risque de perdre de son attractivité alors que la VoIP se banalise et que les géants Google (Google Voice notamment) et Microsoft forts de leur base clients ne se lancent dans un véritable Blitzkrieg.

 

Beggars cannot be Chosers

 

Il ne semble d'ailleurs que les nouveaux produits de la firme ne soient qu'une tentative d'embellir la mariée: dès que les conditions de marché s'amélioreront, Skype ferait "un très bon business indépendant" selon le PDG d'eBay, John Donahoe.

 

Selon le Wall Street Journal, Les fondateurs de la startup, Niklas Zennstorm et Janus Friis seraient en négociation avec des firmes de Private Equity (KKR, Warburg Pincus, Providence Equity Partners & Elevation Partners) pour lever  des fonds en vue de racheter Skype à eBay.

Le prix proposé serait d'un milliard de dollars, contre un prix de vente attendu par eBay d'1,7 millard…

 

En réalité les options d'eBay sont limitées, Skype et la firme Joltid, (Société contrôlée par Messieurs…Friis et Zennstrom) sont engagés dans une véritable bataille judiciaire: lors du rachat de Skype, le PDG d'eBay de l'époque, Meg Whitman a permis aux fondateurs de garder la propriété et l'usage de la technologie qui est au cœur du fonctionnement du service… ces derniers estiment qu'eBay/Skype les empêche de mettre en œuvre cette clause du contrat.

 

Le tribunal tranchera sur le périmètre et les modalités d'exercice de cet accord, mais de fait, eBay a les mains liées comme communiqué à la SEC: "Although Skype is confident of its legal position, as with any litigation there is the possibility of an adverse result if the matter is not resolved through negotiation. In such event, Skype would be adversely affected and the continued operation of Skype’s business as currently conducted would likely not be possible"

 

La neutralité somme toute, c'est assez surfait ma bonne dame…

 

Les opérateurs US quand à eux; répondent à cette menace en lançant les forfaits illimités ('All you can eat'), certes très chers, le but étant de limiter l'attrait du service, qu'il soit mobile ou non. Il s'agit toutefois d'une bataille d'arrière-garde quand on sait à quel point la facturation des appels longue-distance sur le fixe est disproportionnée au regard de la capacité des réseaux de données depuis le déploiement massif des années 2000.

 

Le lancement de Skype Mobile a relancé le débat sur la Mobile Neutrality ou Wireless Neutrality: comme sur Internet (Net Neutrality) la question est de savoir si les opérateurs telecoms ont le droit de restreindre les usages mobiles sur leur réseau.

 

Le régulateur Américain des Telecoms et des Media (FCC) a -jusqu'ici- défendu la Net Neutrality: les fournisseurs d'accès internet ne peuvent restreindre ou tarifer différemment l'accès à des sites web qui sont forts consommateurs de bande passante comme les YouTube ou autres Hulu par exemple. Les usages comme pour le Peer-to-Peer eux, peuvent être restreints.


L'argument des opérateurs sur le sujet est que ces sites leur coutent une fortune en capacité réseau en accaparant la bande passante et qu'ils doivent maintenir la qualité de service pour l'ensemble des utilisateurs… ce qui nécessiterait d'ajouter des capacités réseau, dépenses auxquelles ni les sites comme Youtube, ni les utilisateurs ne contribuent.

 

Pour les réseaux mobiles, le raisonnement est quelque peu différent, il existe en effet plusieurs types de limitations, notamment en ce qui concerne l'augmentation de bande passante.

-          En termes techniques pour le RAN (Radio Access Network): le nombre de stations de base (antennes).

-          En termes de négociation commerciale: nombre de sites accueillant les stations de base.

-          En termes de régulation: disponibilité des fréquences radio.

 

 

Pour résumer, non seulement les coûts d'exploitation des réseaux radio et des réseaux terrestres sont sans commune mesure, mais les investissements sur les réseaux radio, notamment en data, sont encore trop récents pour pouvoir légitimement les considérer comme totalement amortis. Les antennes ne sont pas prêtes de subir le même sort que la "mine de cuivre".

 

Dans tes rêves…

 

La Net Neutrality ne peut se transposer telle quelle au mobile…  en termes économiques simples, un opérateur ne peut mettre en danger son cœur d'activité en ouvrant son réseau à tous les types d'usages, et ce sans plafonnement dans le cadre des usages qui sont autorisés (le régulateur et les autorités de la concurrence étant en position d'éviter les abus dans le domaine).


D'ailleurs, il y a fort à parier qu'une ouverture inconsidérée des réseaux data mobiles (GPRS, 3G) à une application aussi gourmande en bande passante, que la  VoIP engorgerait rapidement le réseau et ne satisferait personne. A l'instar du P2P, les opérateurs peuvent donc s'appuyer sur ce double argument technique et économique afin de ne pas ouvrir leurs tuyaux à ce type d'usage.

 

Au-delà de l'interdiction d'utilisation de la VoIP (et du Peer-to-Peer) sur les réseaux mobiles évoqués précédemment, des opérateurs comme Deutsche Telekom envisagent le blocage pur et simple de l'application sur les iPhones qu'ils vendent.

 

Si on peut comprendre la logique d'une telle décision, il est difficile de justifier la stratégie qui consiste à enfermer ses clients dans un enclos (Wall Garden) qui l'oblige à utiliser les services de l'opérateur…

 

Verizon Wireless l'a d'ailleurs appris à ses dépens, l'opérateur a été condamné l'année dernière par la Justice américaine: il avait désactivé les fonctionnalités radio Bluetooth des téléphones qu'il vendait, et ce sans le mentionner à ses clients, le but étant d'empêcher l'envoi de fichiers à d'autres terminaux par ce biais et d'obliger les clients à utiliser les services payants de l'opérateur (MMS ou service de partage 'maison')…

 

Pour autant, l'arrivée de cette application, combinée avec la profusion croissante de hotspots WiFi en zone urbaine dense (souvent gratuits, parfois de l'initiative même des opérateurs via leurs "box") constitue une réelle menace pour les revenus de la voix, cette 'vache à lait' des opérateurs. Si elle venait à se démocratiser, le manque patent de lisibilité et de légitimité du coût de la voix sur mobile face à cette solution risquerait de remettre en cause la sacro-sainte tarification différentiée voix-data.

 

Cela pourrait constituer le signe annonciateur de la convergence si longtemps prophétisée…

 

If You Build It, They Will Come…then what?

 

Skype et ses futurs propriétaires devront gérer la transition vers un nouveau modèle… empreint de rentabilité, que cela soit pour la fourniture d'un service seul ou d'un service packagé.

Quoi qu'il en soit, je n'en démords pas: la seule gratuité est un point de départ douteux pour un nouveau business… particulièrement dans les Telecoms.


Vincent Bouder
Tariq Ashraf (@TariqAshraf)

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 22:09

Quand vers la fin 2007, j'ai découvert Twitter, j'ai -comme beaucoup de personnes- pensé que ce n'était qu'une perte de temps…

 

Un message limité à 140 caractères? Soyons sérieux, je n'ai pas besoin de substitut pour les SMS!

 

I can do less, than anyone else in the world!

 

Et pour en faire quoi d'ailleurs? Pas grand-chose semble-t-il… cela ressemble au message du statut Facebook… mais c'est à peu près tout, cela ne va pas plus loin que ça: pas de services, ni de fonctionnalités derrière. 

 

En particulier, je me suis demandé pourquoi la startup ne proposait pas nativement des fonctionnalités supplémentaires, et laissait des tiers s'en occuper, la recherche par exemple (Twitter a depuis racheté la société Summize qui proposait un moteur de recherche de flux Twitter)

 

Et bien en 2009, je me dis que ce manque de services, ne constitue non pas un point négatif, mais bien un point positif: ce que Twitter a réussi à faire, c'est de se débarrasser du brouhaha que l'on trouve sur les sites de networking social comme MySpace ou Facebook: via ce site on revient à l'essence même du message que l'on désire communiquer.

 

Un tweet  (message sur Twitter) est la plus petite forme d'interaction online: le niveau atomique de media social.

 

En utilisant ces 'atomes' comme des blocs de construction (comme les legos de ma jeunesse!), des services plus complexes ont pu être crées.

 

En effet si une majorité d'utilisateurs envoient des tweets sans avoir une véritable approche outil du site, d'autres utilisateurs commencent à vouloir structurer leur utilisation en passant par exemple par un tableau de bord, du type de TweetDeck, afin de suivre certaines des personnes de leur réseau (Followers) en les assignant à des groupes.

 

De même des fonctionnalités de filtrage à partir de mot clés ont fait leur apparition (comme TweetGrid) je passerais sur les outils de statistiques et de suivi basés des indicateurs ou des dimensions à définir, afin de suivre l'évolution du nombre de tweets.

 

Une multitude de widgets s'est développée autour de Twitter: du suivi du cours de ses actions et de ses ordres de marché, en passant par un widget permettant d'envoyer des tweets à une date et un horaire précis, afin d'avoir une notification de rendez-vous ou de réunions (aux Etats-Unis, et au Canada, Twitter envoie des SMS sur votre mobile). Il existe même un Flickr-like qui a été utilisé pour envoyer la première photo du crash de l'Airbus d'US Airways dans l'Hudson.

 

Des sites tiers comme Bit.ly ou TinyURL permettent de réduire la taille d'une URL (afin de rester dans la limite des 140 caractères) et possèdent  leur propre  système de suivi statistique.  

Bien évidemment, on ne peut pas encore parler de services, mais plutôt de fonctionnalités: dans un 'environnement classique' Web X.0, ils auraient été partie intégrante du service Twitter, ou alternativement ils auraient été rachetés…

 

When less is more…

 

Par contre on peut parler d'un véritable écosystème qui s'est développé avec des fonctionnalités 'déguisées' en services, qui essayent de se développer dans l'environnement Twitter.

 

Une des grandes forces de l'entreprise est de proposer une interface de programmation ouverte et documentée (ce qu'on appelle une 'API: Application Programming Interface').

Elle permet de construire facilement des applications ou des services s'appuyant sur la plateforme. 

 

Je crée un buzz autour de mon service de communication, ce qui me permet d'attirer des utilisateurs, des tiers leur proposent des…fonctionnalités qui leur facilitent la vie…  des personnes influentes (Barack Obama pendant et après l'élection présidentielle Américaine), ainsi que des sociétés (BBC, Reuters, Dell…) y viennent pour y créer ou utiliser une audience existante… ce qui alimente les inscriptions au site. 

 

 

Twitter est une Plateforme ouverte, dont le métier est celui d'un véritable Enabler de Services

 

A date Twitter ne facture pas encore ses fonctionnalités, mais cela ne saurait tarder… le futur modèle de facturation sera forcément intéressant à étudier…

 

…et ce notamment pour les opérateurs Telecoms. 

 

  

En comparaison les opérateurs Telecoms possèdent déjà une base clients, un réseau déployé et amorti depuis un moment… et par-dessus tout ils possèdent plus d'information sur leurs clients que les banques elles-mêmes:

Qui a appelé qui et quand, pendant combien de temps, le nombre de SMS envoyés et reçus, la localisation géographique des clients, etc… de même ils ont la main sur des services comme la facturation, l'envoi de SMS, le répondeur…

Ils ont jusqu'à maintenant gardé ces informations et services dans leur giron, à l'exception des agrégateurs de services proposant le SMS+ par exemple.

 

Comme notre startup, les Telcos envisagent désormais d'utiliser leurs informations afin de créer une nouvelle source de revenus… ce qui relève quasiment de la révolution copernicienne:

d'un modèle de réseau fermé -appelé aussi 'Closed Network Model'  ou NetCo- à un modèle de plateforme ouverte- WebCo ou Telco 2.0- ce qui s'apparente au modèle de Twitter évoqué plus haut.

 

L'idée est d'utiliser l'intelligence et la connaissance qui réside dans leur réseau…en permettant à des tiers (de confiance) d'y accéder.

 

C'est le concept de NaaS: Network as a Service.

 

Le NaaS leur permettrait de:

-          Gagner de l'argent grâce à l'intervention de tiers, qui se connectent au réseau

-          Avoir l'opportunité de proposer par leur biais, plus de services à leurs clients

-          A un cout réduit…

-          …et donc de limiter leur taux de Churn.

 

Plusieurs initiatives ont déjà été lancées, -Orange Partner ou Vodafone Betavine par exemple-, mais restent pour le moment limitées, en termes de périmètre et de modèle de pricing mais aussi de marché (cloisonné par pays pour le moment)…

 

Ceci laisse un espace à des fournisseurs de plateformes de services externes ou…internes par le biais d'une réorganisation des opérateurs avec des Business Units Réseau, Wholesale, Marketing (mais ceci est un sujet à part entière)

 

Les opérateurs vont donc s'attaquer donc au concept de 'Bits & Pipes' (Simples Tuyaux) en ayant pour objectif de le dépasser afin de fournir un tuyau …intelligent.

 

My Ecosystem is bigger than your Ecosystem…

 

L'objectif est de renforcer le troisième marché des opérateurs: le Wholesale (MVNOs, NaaS..),  aux cotés du Retail (GP) et de l'Enterprise.

 

Bien sur tout n'est pas aussi rose, et il existe un certain nombre d'obstacles à surmonter:

 

-          La palette de services disponible sur un Twitter reste souvent assez difficile à explorer pour un internaute, en comparaison à un Facebook qui offre un fonctionnement intégré.

Twitter ou tout opérateur devra proposer un point d'entrée (unique) facilitant la recherche et l'accès à ces services (à l'image de l'App Store d'Apple, qui malgré tout, n'est pas la panacée en matière de ne facilite pas la recherche d'applications).

 

-          Les partenaires ne fournissent pas toujours des services fiables ou attractifs, ce qui peut nuire à l'image de la plateforme qui ne maîtrise rien en la matière

Il sera rapidement nécessaire de mettre en place un cahier des charges ou une charte à respecter, ce qui peut nuire à l'innovation

 

-          L'écosystème doit atteindre une taille critique pour survivre de lui-même: les partenaires offrant ces services étant attirés par la base client existante, il faut recruter un nombre conséquent de clients/utilisateurs... grâce à des services diversifiés...la phase de lancement reste donc cruciale.

 

Pour finir, il existe une forte complexité en termes d'évolution de la plateforme et de son écosystème, puisque chaque changement des API implique des changements à coordonner, chez tous les partenaires ainsi que chez les utilisateurs finaux…

 

Que ce soit la plateforme Twitter, ou le NaaS pour les opérateurs Telecoms, il convient d'attendre de voir si ces écosystèmes qui croissent à partir d'une firme ou d'un service sont pérennes dans le temps.

 

We shall see…

 

Vincent Bouder

Tariq Ashraf (Twitter username: @TariqAshraf)

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Published by Vincent Bouder & Tariq Ashraf - dans Internet & Mobile
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